Tbid., fol. 115 recto, 117 verso
8. Jean-Pierre Ramel aux citoyens de ce département, il y déclare qu’il a considéré
cette négociation qu’on lui proposait comme une trame ourdie par ses ennemis et « partie du département du Lot ».
être Ramel visa-t-il plus particulièrement Jeanbon : : il y eut contre celui-ci, durant son séjour à Cahors, une campagne très vive ?, le bruit se répandit à Montauban qu'il avait essuyé des mauvais traitements *, mais nous ne savons si ces attaques s’adressaient au démocrate ou à l’auteur supposé des infamies débitées contre Ramel, nous n’avons aucune preuve établissant que Ramel regardait Saint- André comme l'organisateur de cette machination, à plus forte raison n'en avons-nous pas pour délerminer à ce point de vue l'innocence ou la culpabilité de Saint-André.
Quoi qu’il en soit, les élections se ressentirent de l'événement, Cadurciens et Montalbanais, partisans ou adversaires de Jeanbon, y apportèrent un esprit d’animosité, qui, même après la dissolution du corps électoral, ne devait pas disparaître. Jeanbon et Ramel furent d’abord. aux prises le 27 août pour la présidence de l’assemblée des électeurs; après ballottage, Ramel, au second tour de scrutin, fut élu ‘. Le lendemain, les électeurs se partagèrent en quatre sections, on devait voter dans chacune d'elles puis additionner les résultats , Jeanbon dans la seconde
1. A l'appui, outre ce qui va suivre, voici en quels termes le 31 août le club de Montauban lui accuse réception de sa justification. « Notre Société vous a rendu dès longtemps toute la justice qui vous est due. Vous auriez pu vous dispenser de vous justifier à ses yeux » (2° Reg. dé corresp. du club).
2. Séance du club de Montauban du 21 août (p. 207, 2e Reg. du club), le 30 on, : délibère l’envoi au club de Cahors d’une apologie de Jeanbon avec « extraits des procès-verbaux que la Société de Bordeaux nous envoya dans le temps en faveur de M. Saint-André et-de celui de notre séance du 21 juillet dernier au sujet de la double présidence de M. Jeanbon » (p. 208, ibid.) : « C’est avec la plus vive indignation, dit l'apologie, que nous avons appris qu’il ést parvenu dans votre Société une dénonciation contre M. Jeanbon Saint-André et que des lâches calomniateurs en conservant l'anonymat se sont permis de peindre sous des traits odieux un citoyen que ses talents, ses vertus, et son patriotisme ont fait distinguer non seulement dans notre cité, mais encore dans les Sociétés des Amis de la Constitution de Mon-
. tauban et de Bordeaux. {1 paraît qu'on a répandu dans votre ville plusieurs lettres portant un caractère de méchanceté; mais, ce qui nous afflige le plus, c’est la certitude qu'on nous a donnée qu’il existe entre vos mains un de ces écrits abominables revêtu du sceau et du timbre de la Société des Amis de la Constitution de Montauban » (Reg. B de corresp. du club).
3. 7 septembre. Le président du club communique une lettre de Jeanbon où il déclare « que sur l’avis que lui a donné un de ses amis qu’il existé une fermentation funeste sur de mauvais traitements qu'on supposait qu’il a reçus à Cahors, il doit à la vérité, à sa délicatesse, de démentir tous ces rapports calomnieux » (p. 216, 8e Reg. du club).
4. Procès-verbal, p. 16 (M101, Arch. Lot). Le 28 août, le club de Montauban a délibéré de prier Jeanbon de lui rendre compte des opérations électorales (p 203, 2° Reg. club). Le 29, il lui écrit, ayant appris « que vous aviez concouru pour la place de président. Vous connaissez l'intérêt que vos citoyens prennent à ce qui vous regarde; deux motifs les portent à se réjouir de vos succès, le premier est puisé dans l'espoir qu'un jour l'intérêt public sera confié à un homme digne de le défendre, et le deuxième de voir que, malgré tous les obstacles, le mérite est distingué et réunit
tous les suffrages. Cette première opération fait bien augurer de celles que fera le corps électoral » (Reg. B de corresp.).