Registre de ses délibérations (Arch. commun. Montauban
5. Cf. lettre de Jeanbon à Barère de Moissac, 26 mars, déjà citée : « il faut très impérieusement faire vivre le pauvre si vous voulez qu’il vous aide à achever la Révolution », et Cavaignac à la municipalité de Montauban le 31 mars, le 7 avril (Révolution française, t. XXIX, pp. 80, 83).
6. Arrêté de Jeanbon et Lacoste à Agen, 27 mars 1793. Ils demandent un décret généralisant cette mesure, le 26 mars dans la lettre à Barère. Voy. AF11 9%6, arrêtés de Lacoste en Dordogne.
7. À Moissac (fol. 119 recto, 1°" reg. du club, Arch. commun. Moissac) à Toulouse, ete. Voy. les t. LIT et IV d’Aulard, Actes du Comité de Salut public.
8. Décrets du 21 mars sur les formalités à remplir pour obtenir une nouvelle carte civique, du 23 mars sur le rassemblement de forces pour dissiper les rebelles attroupés dans divers départements, du 26 mars qui ordonne le désarmement des personnes reconnues suspectes; décrets du 27 mars, l'un mettant hors la loi les aristocrates ét ordonnant la distribution de piques, l’autre complétant celui du 21; décret du 28
générale au même moment, et les deux commissaires invoquaient la grande loi du salut public, déclaraient que, « chargés par le peuple de le conduire à la liberté et au bonheur », ils avaient le droit d’enchainer ses ennemis !. Ils frappaient une taxe sur les riches dans la Dordogne afin d'entretenir la légion départementale qu’ils levaient, c'était là une mesure de principe pour remédier à l'inégalité des fortunes ?, mais c'était bien plutôt une mesure de circonstance absolument nécessaire ; les représentants prenaient de l'argent là où ils en trouvaient.
Et d’ailleurs les deux conventionnels ne s'étaient pas résignés sans hésitation à de tels actes. Après avoir décidé, le 27 mars, les arrestations énumérées ci-dessus, le 29 ils déclaraient à la Convention : « des nouvelles plus satisfaisantes nous engagent à en suspendre l'exécution * », et c’est le 6 avril, dans l'élan de colère déterminé par la trahison de Dumouriez, qu’ils y revenaient définitivement. Quand, le 27 mars, ils ordonnaient une recherche exacte des grains, ils expliquaient aux citoyens aisés la nécessité de cette mesure, leur demandaient de l’accepter : tout citoyen « peut-il. se refuser à coopérer au soulagement de la partie indigente du peuple »? C’est quinze jours plus tard seulement, et après que la Convention, par le décret des 5-7 avril, avait frappé les riches d’une taxe destinée à relever les salaires au niveau du prix du pain, qu’ils se décidaient à imposer aux citoyens les plus riches une autre taxe pour subvenir aux frais de la légion départementale de la Dordogne. Ils entouraient encore ces décisions de dispositions qui en diminueraient l’arbitraire. Jeanbon avertit les membres du Comité de Salut public de Montauban de «ne jamais perdre de vue que leurs soins seront d'autant plus profitables à la chose publique qu'ils seront dirigés par une plus grande circons-
contre les émigrés ; décrets du 29 enjoignant aux propriétaires et locataires de faire afficher à l'extérieur de leurs maisons les noms et professions des individus y logeant, et du 3 avril autorisant les commissaires dans les départements à faire arrêter et déporter les suspects; autres du 5 avril sur la traduction des conspirateurs au tribunal révolutionnaire, sur la formation dans chaque grande ville d’une garde salariée par l'Etat, contre ceux qui ont quitté leur domicile lors du recrutement. Remarquer que d’après la date à laquelle ont été pris ces décrets comparée aux dates des mesures de Jeanbon, et en tenant compte des six à huit jours nécessaires pour la transmission de Paris dans le Lot et la Dordogne, on voit que mesures et décrets sont pris à peu près en même temps et sous l'influence des mêmes nécessités.