Moniteur, t. XV, p
3. Interrogatoire d’Antiboul, le 24 juin 1793, par les commissaires des 32 sections de Marseille, qui lui demandent pourquoi notre marine est délabrée (Arch. nat., D xzr n° 4).
4. W. James, The naval history of Great Britain, Londres, 2e édition, 1837, 6 v., in-8, t. 1; pour l'Espagne et la Hollande nous prenons les chiffres de Jomini (Hist. des guerres de la Révolution, t. V, pp. 278-282). Quant à la France, Monge, dans son rapport du 23 septembre, lui donne 55 vaisseaux de ligne, 65 frégates sans compter les radoubs et constructions en cours; mais on ne peut se fier à ses chiffres. En février, il y a 42 vaisseaux armés en trois escadres, 34 en réserve, 25 en armement d’après Jurien de la Gravière, Guerres maritimes sous la République et sous VEmpire, 1847, 2 v., in-8, t. I, p. 45). Ces chiffres nous semblent bien. élevés.
5. Parmi les officiers anglais on compte Howe, Hood, Bridport amiraux; Hotham, Jervis, Gardner, vice-amiraux ; Waren, Cornwallis, Sydney Smith, Keith commodores; Nelson, Collingwood, Parker, capitaines (W. James, tbid.).
6. Tantôt ils annoncent que les matelots anglais refusent de s'embarquer, tantôt que les Irlandais vont armer des corsaires. pour la France, etc. (Voy. par exemple, Journal de Bordeaux, qui paraît se faire une spécialité de ces nouvelles à sensation: Biblioth. commun., Bordeaux.)
7. Augmenter les cadres de l’administration de ‘la marine, la solde des matelots, les avantages aux troupes de la marine pour en favoriser le recrutement, organiser le service de santé.
8. Lettre à la municipalité de Montauban 20 février 1793 (Révolulion française, t. XXIX, p..76). Le 5 février, la Convention, « attendu la multitude des travaux dont le Comité de marine se trouve chargé », l'avait autorisé à ADEIES ses suppléants (Recueil des lois, dans AD vu, 46, Arch. nat.),
Le Comité de Défense générale où Rochegude, Taveau, Bréard, Rouyer, Marec représentaient le Comité de Marine, où figurait lintelligence déliée de Barère, s’efforça de stimuler à la fois le ministre et le Comité de Marine !. Il fallut d’abord reconstituer les états-majors. Les cadres n’existaient pour ainsi dire plus. Les officiers du commerce, dans une pétition du club de la Rochelle et par une députalion des marins sans-culottes de Rochefort, réclamèrent à la tribune des Jacobins, le 27 janvier, leur admission au service de l'État dans des proportions plus larges et à des conditions moins rigoureuses que celles fixées par la Constituante ; Jeanbon fit nommer une commission du club chargée de dresser un projet ?. À la Convention, le 25 janvier, le Comité de marine fit décréter l'accès des maîtres au rang d’enseigne pourvu qu'ils eussent fait une campagne, et donna les places de maîtres moitié à l'ancienneté, moitié à l’élection *. Le 5 février, Bréard, au nom du même Comité, présenta un grand rapport sur le recrutement des officiers. Il déplorait qu’on ne püût organiser définitivement la marine « sur les bases sacrées de l'égalité qui appelle tous les hommes à un partage égal des charges et des avantages de la société », l’organisation qu’il demandait serait « provisoire, momentanée et destinée surtout à remplir le vide occasionné par la défection des officiers émigrés, retirés ou destitués » ; elle consistait à appeler les marins du commerce au service par un mode d'admission qui prouvât l'expérience : « expérience qui, sur la mer, ne peut jamais être remplacée par une théorie toujours insuffisante quand elle n’est pas étayée par la pratique “. »
Jeanbon fit alors un grand discours où il exposa ses idées sur la marine ”, discours qu’il avait préparé au Comité de Marine des Jacobins 5. Il regretta que l’Assemblée Constituante eût pris des mesures insuffisantes : « Nous étions alors trop voisins encore de l'existence des privilèges et le corps de la marine appelée royale en imposait peut-être encore par cet orgueil insolent qui l’avait rendu redoutable au gouvernement lui-même. » C’est ainsi que la Consti-
1. Voy. par exemple sa séance du 24 janvier (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IL, pp. 8-9). Bréard, né à Québec (Canada) en 1750, fils d'un contrôleur de la marine, conseiller à l'élection de Marennes (Charente-Inférieure), député de la Charente-Inférieure à la Législative et à la Convention, président de la Convention le 8 février et le 4 août. Réélu aux Anciens, il en sortit le 1° prairial an VI, se rallia à Bonaparte, fut appelé par le Sénat au Corps législatif du 4 nivôse an VIIL au 26 thermidor an X, puis employé dans l'administration des droits réunis; exilé en 1816, se retira à Bruxelles, revint en 1830, mourut à Paris en 1840, 2 janvier (Dict. des Parlementaires). |