ANARCHIE DANS LES SERVICES L
. marine, se continue dans chaque grand port la querelle de la plume et de l’épée; comme la responsabilité des armements incombe à l’un et à l’autre il n’y a plus de responsabilité !.
Les approvisionnements manquent à peu près partout ?: Les bureaux du ministère qui en étaient chargés se déclarent pris au dépourvu attendu qu'ils n’ont été prévenus des hostilités que vingtquatre heures avant la déclaration de guerre (en réalité, plus d’un mois auparavant, tout le monde la prévoyail); pour amasser de
nouveaux stocks ils attendent de connaître « le complet des objets de 1793 à tirer de l’intérieur de la France * », comme si le temps permettait toutes ces formalités. D'ailleurs, nous le savons, tout ce qui élait en magasin à Brest a été transporté à Toulon, et à Toulon même au commencement d'avril il ne reste plus rien “. On fait venir des bois des Pyrénées, mais ils ne valent pas grand chose ; on songe à exploiter les forêts de la Corse f, mais celle-ci va nous échapper. Après Brest démuni par l’imprévoyance de Monge, Lorient est dégarni par un incendie qui éclate le 21 avril et dévore le matériel durant trois jours; malveillance ou simplement accident dû au désordre, on ne lesaitT. - |
Là même où il reste des bois, du fer et des chanvres les travaux ne marchent pas. Il n’y a plus d'officiers de port pour y aider ÿ, et les ouvriers sont pris par le service de la garde nationale, la lecture des journaux et les séances du club; du reste, maintenant qu’ils sont payés à la journée, ils ne font plus rien * ; beaucoup s’en retournent chez eux sans qu’on puisse les relenir A Subsistances, agrés, rien v’arrive aux ports, les fournisseurs honnêtes résilient leurs marchés, les autres volent l'État!’ Or, à celte époque, un navire ne peut faire campagne que s’il a moins de quatre ans de construction ou
1. Le Conseil exécutif, le 1e" avril, pour y remédier rend responsable au dessus de l’ordonnateur et du ccmmandant des aimesle commandantde l’escadre à Brest, Rochefort et dans la Méditerranée (Aulard, Actes du Comité de Salut publie, t. IL, p. 3).