‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 292 sur 889 · BB? 10, fol · texte numérisé non relu

BB? 10, fol

#H. « De l'administration générale de la marine »,

de refonte, et depuis 1789 on a peu travaillé dans les arsenaux et. chantiers.

Aussi, lors de l'ouverture des Éomililés nos navires ne sont pas prêts; aussi des constructions décrétées par la Convention à Bayonne, Bordeaux, La Rochelle et Nantes, pas un seul bâtiment ne sera fini en juillet !; l'État, n’ayant ni assez de matériaux ni assez d'ouvriers, interdit les constructions, même pour son propre compte, aux particuliers ?. ]I manque de plus, à nos effectifs, des stationnaires en service aux colonies, dont plusieurs livrés à l'ennemi par des officiers contre-révolutionnaires ne doivent plus reparaître ?. Le résultat, c’est que la guerre déclarée le 1° février par la France et qui a surpris les Anglais n’est point signalée par l'offensive de nos forces navales ‘. La défensive même est compromise, les batteries des côtes n’ont été installées que de Bordeaux à Bayonne * et les convoyeurs font défaut pour protéger le long du littoral notre cabotage.

Les corsaires pullulent aux premiers jours des hostilités, et les bâtiments de l’État partis individuellement en croisière leur font merveilleusement concurrence ‘. Les lois de la Convention les encouragent, et nos marins ont l'habitude de ce genre de guerre où l'audace peut suppléer à la science des évolutions. Leur initiative personnelle compense l’insuflisance de nos armements, et à notre marine improvisée la course réussit comme elle a réussi aux marines délabrées de la fin du règne de Louis XIV et de la guerre de Sept Ans. Mais nous sommes au début de la campagne, et il est humiliant de paraître dès maintenant obligé de renoncer à la guerre d’escadres.

La flotte de la Méditerranée est rentrée désemparée dans Toulon à la fin de février et travaille à se réorganiser lentement, celle de l'Océan est plus d’un mois avant de pouvoir sortir de Brest. D'ailleurs,

1. Lettre de Dalbarade au club de Rochefort du 9 juillet. BB2 11 fol. 197.

2. Rapport de Ducos le 23 février 1793 à la Convention, au nom du Comité de Défense générale, des Comités de marine et des finances. Moniteur, t. XV, p. 534.

3. Il y avait vingt-sept de ces navires au loin en 1789. Depuis 1792, il y a à Saint- Domingue trois vaisseaux de ligne : Éole, Jupiter, América, et des bâtiments légers frégates, corvettes, etc. (Guérin, p.217). La frégate, la Félicité, commandée par le lieutenant Lacrosse qui à chassé les contre-révolutionnaires de la Guadeloupe à la fin de 1792 (ibid., pp. 263-265), quelques bâtiments légers, notamment la frégate l'Embuscade, capitaine Bompard, qui met en fuite une frégate anglaise après un combat héroïque (BB! 39 fol. 396, 397) sont aux États-Unis. La Recherche et l’'Espérance de l'expédition d’Entrecasteaux ont été livrées par le successeur de cet officier mort en route aux Hollandais des îles de la Sonde, et le navire de Du Petit Thouars parti à la recherche de la Pérouse est capturé par les Portugais. Enfin, le chef d’escadre de- Rivière a livré, le 11 janvier 1793, aux Espagnols de la Trinité le vaisseau {a Ferme, une frégate, une corvette et un brick.

4. Voy. Jurien de la Gravière, t. I, p. 32, sur l'avantage que nous donnait la déclaration de guerre.

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