MONGE REMPLACÉ PAR :DALBARADE
pléant de l'Ile-et-Vilaine à la Convention 4, Duperrau et] Adet, dont, les antécédents nous échappent ?. | LEA
Le Comité de Salut public du 6 avril flottait, nous l'avons dit entre Girondins et Montagnards, mais Bréard, délégué plus spécialement à la marine, était d'idées assez prononcées (il avait mérilé les éloges de Marat) , el Dalbarade, le nouveau ministre, devait se montrer de plus en plus dévoué à la Montagne “*. La marine tombait donc sous l’action de ce dernier parti, et mieux valail cette situation que d’être disputée entre les influences de droile et de gauche. D'ailleurs, Bréard, nous le constaterons durant sa mission à Brest, avait des dons d'administrateur. Dalbarade était un ancien capitaine de corsaire à l'audace et aux coups de main légendaires ÿ ; mais, comme tout bon corsaire, il manquait un peu de scrupules : il avait été condamné en 1781 pour avoir débauché au profit de ses rôles d’embar-
1. Tréhouart de Beaulieu, né à Saint-Malo en 1754, capitaine de brûlot, sous-lieutemant de vaisseau du 1e mai 1786, lieutenant de 2° classe sur la liste de 1791, maire de Saint-Malo, 4° suppléant de l’Ile-et-Vilaine à la Convention (Dict. des Parlementaires ; Etat de la marine de 1790, Liste de 1791). Tréhouart, nommé à la 2° division, passe à la 1re le 19 juin 1793 en place de Cornic (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 6). Il quitta le ministère vraisemblablement quand, le 4 août, la Convention l’admit dans son sein én place de Lanjuinais (Procès-verbal, t. XVIII, p. 115). C’est sans doute un parent du contre-amiral Tréhouart de Beaulieu, que nous retrouverons aux Ch. xx et xxI.
2. Nous reverrons Adet. Des mesures de rigueur furent d’abord annoncées contre Monge et ses adjoints, ceux-ci furent gardés à vue par décret du 20 avril, et deux décrets des 21 et 23 avril ordonnèrent de rendre compte des opérations de Monge pour la défense des côtes. Puis le 1er, le 4 mai, les adjoints furent mis en liberté, et Monge ne fut pas inquiété. Le 11 nivôse pourtant, à un scrutin épuratoire des Jacobins, on le malmènera : « si Monge était nul », dira-t-on, « il aurait dû démissionner plus tôt » (Aulard, Jacobins, t. V, p. 588).
3. Pour la façon dont il avait présidé la Convention du ? au 21 février (n° 132 de t’Aini du Peuple). CR
4, IL sera marqué dans les papiers de Robespierre trouvés après la mort de celui-ci comme un de ses partisans dévoués (rapport Courtois sur ces papiers, p. 141).
5. Jean Dalbarade, né à Biarritz en 1741, commandant la frégate l’Aigle pendant la guerre d'Amérique, capitaine de vaisseau, inspecteur des côtes de l'Océan en 1789, adjoint à la 6e division du ministère sous Monge, ministre de la marine du 10 avril 1793, commissaire de la marine du 12 germinal an II au 14 messidor an III, commandant d'armes à Lorient, destitué le 24 fioréal an VI et déclaré ensuite par une cour martiale maritime déchu de tout commandement à la suite de l'incendie du vaisseau, Le 1 juillet. Lé jugement fut revisé et il fut rendu à la liberté le 10 novembre 1799, vota contre le consulat à vie, mourut à Saint-Jean-de-Luz, 10 décembre 1819 (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IE, p. 167, note 2). 11 protesta de son dévouement à Louis XVIIL sous la Restauration, comme son ex-collègue Bouchotte de la guerre. Nous le retrouverons souvent et compléterons alors sa notice.
quement des matelots de l'État, et accusé d’indélicatesses en 1783, à la vérité, le premier méfait était alors péché véniel, l’autre imputation ne devait pas avoir de fondements puisque Dalbarade reçut en 1787 la croix de Saint-Louis et fut chargé, en 1789, de l’inspection des côtes de l'Océan !. En 1791, Louis XVI, par faveur spéciale, l'ajouta sur la liste des capitaines de vaisseau ?. Il ne s’en jeta pas moins avec ardeur dans le mouvement révolutionnaire.
L'ex-corsaire, d'après Guérin, n’aurait fait au ministère que festiner eu compagnie des Montagnards *. Nous n'avons trouvé aucun document à l’appui de ces dires; au surplus, Dalbarade n’eut guère le temps de banqueter, et les festins des membres du Comité de Salut public, nous nous en rendrons compte, furent vraiment sommaires et misérables. Quand on parcourt la correspondance du successeur de Monge et qu'on examine ses actes, on voit en lui un ardent démocrate, décidé à ne placer que des républicains dans la marine, et aussi un esprit prudent, pratique, très lucide, un grand travailleur. Ses adjoints et commis lui furent souvent enlevés par des accusations d’incivisme ou des mutations d'emploi, el à un certain moment il ne lui restera, semble-l-il, que quatre employés de carrière # : il fit ‘ de son mieux pour y suppléer. Il commit des fautes, surtout au début, mais qui donc pouvait se flatter de les éviter toutes dans cette période de fièvre et de bouleversement? les membres du grand Comité de Salut public, celui qui durera de juillet 1793 au 9 thermidor, lui adressèrent parfois de vertes semonces, il répondit simplement : « Continuons à travailler de concert pour l'intérêt de la République », et ils le gardèrent, le défendirent énergiquement, lui donnèrent, nous le constaterons, une grande part dans l’œuvre commune. Kerguelen l’a dit jaloux des talents d'autrui , nous verrons ce qu’il faut penser de Kerguelen et de ses jugements. Dalbarade a au contraire fait maintenir dans la marine bien des hommes de valeur en butte à de basses dénonciations, et qui restèrent toujours en bons termes avec lui.
Le Comité de Salut public s’efforca de donner une impulsion énergique au ministre et aux Représentants du Peuple en mission 5, La
première circulaire de Dalbarade réclama de la discipline et le
Comité de Salut public essayail de mettre des bornes à l'esprit sédi-