Wallon, op. cit., t. I, pp
6. Wallon, t. I, pp. 346-347; Aulard, t. IV, p. 558; Moniteur, t. XVI, p. 648. Procëés-verbal, t. XIII, p. 292.
7. Le 19 juin, Moniteur, t. XVI, p. 691. Wallon, t. 1, pp. 348-349.
Treilhard et. Mathieu une mission conciliatrice auprès des Bordelais !.
Cette atlitude fut blâmée aux D obie Jeanbon ne s’en émut pas : « J’assure, dit-il que le Comité de Salut public est bien intentionné à l'égard des négociations avec les départements; je déclare que cette idée appartient à quelques membres très énergiques.. on a cru qu’il importait de rapprocher les esprits dans un moment où la Constitution doit rallier tous les Français. à un intérêt commun ? ». Le 20 juin, Jeanbon dans la Convention, le 21 aux Jacobins Jeanbon et Robert Lindet, au nom du Comilé, montraient encore ces dispositions conciliatrices *. Robespierre les soutenait : le 21, lors d’une discussion relative à l'emprunt forcé d’un milliard sur les riches décrété en principe le 20 mai, il se plaignit que le projet, tel que le présentait
un rapport de Mallarmé, n’eût point égard aux gens de petite
aisance. Jeanbon le 22, après Réal, reprit cette argumentation : «les aristocrates ont profité du vague de votre décret pour jeter l'alarme parmi les citoyens. Tel est riche, quoique d’une fortune médiocre, relativement à l’autre qui a moins que lui..., ne faites pas peser cel impôt sur l’homme qui vit en travaillant sa vigne et son champ », et il conclut comme Réal : « que l'emprunt ne soit mis que sur ceux qui auront dix mille livres de revenu el au-dessus » ; la Convention exempta effectivement tous les gens mariés dont le revenu net était inférieur à dix mille livres “. TE Indulgent aux fécéralistes en général, altentif à calmer les mécontentemenis, Jeanbon, dans le Midi, aflichaït des intentions non moins pacificatrices. Sa lettre à Filsac est de ton très cordial, et pourtant Filsac fait partie de cette administration du Lot, qui s’est déjà compromise; de Combes-Dounous et de son collègue, il dit à son correspondant : « Vos envoyés sont arrivés, je souhaite qu’ils soient entendus favorablement. S'ils parlent avec sagesse ils se feront honneur, et au département », et il le charge de « mille amitiés » pour Sartre; aussi le Comité de Salut public de Montauban se plaint alors amèrement que ni le Comité de Salut public ni le Comité de Sûreté générale de la Convention ne répondent à ses dénonciations contre l’adminisiralion départementale ÿ. Enfin, le Comité de Salut public rappelle de
1. Décret du même jour, Procès-verbal, t. XIV, p. 50. D’autre part, le 17 juin aux Jacobins, le 19 à la Convention, Jeanbon félicitait le département de l’Indre-et-Loire et les autorités de Marseille pour leur résistance au fédéralisme (Aulard, Jacobins, t. V, p. 265; Moniteur, t. XVI, p. 692).
8. Aulard, Jacobins, t. V,p. 266, c’est à propos de la clémence du Comité de Salut public vis-à-vis du département de l’Eure que ce débat s'était engagé.
3. Moniteur, t. XVI, p. 702; 706; Aulard, Jacobins, t. V, p. 268. Lindet était rentré au Comité le 80 juin en place de Mathieu envoyé en mission à Bordeaux.
4. Hamel, Robespierre, t. I, p. 37. Moniteur, t. XVI, p. 728. Le 9 juin, la Convention avait décrété déjà que l'absolu nécessaire à la subsistance des citoyens serait exempt de toute contribution.
5. Lettre du 26 juin à un représentant du peuple qu’il ne nomme pas, mais qui est sans doute Jeanbon (L 108. Arch. Tarn-et-Garonne), « que politiquement vous ayez paru croire ainsi que la Convention à une rétractation franche de la part du département, nous pensons avec vous que les circonstances pouvaient l’exiger ».
Toulouse, où il les avait envoyés combattre les menées fédéralistes, Baudot et Chaudron- Honssou” æ Fe
. Mais cet équilibre entre la rigueur et la faiblesse ne pouvait être
Sr. longtemps maintenu. Certains membres du Comité de Salut public
exagéraient l'indulgence et la droite de la Convention n'avait pas désarmé. D'autre part, l'agitation fédéraliste n'était pas près de finir, etdans le Calvados elle suscitait la révolte du général Wimpfen, commandant de l’armée des côtes de Cherbourg. Combes-Dounous, au nom des sections de Cahors et du département du Lot, avait tenu un langage modéré ? à la barre de la Convention, néanmoins la ville
de Moissac manifestait à l'assemblée sa réprobation le 30 juin *. Le 24 et le 29, l'administration départementale du Lot donnait des gages
à la Montagne ‘, cependant les démocrates de Montauban Paccusaient de continuer sous-main ses intrigues et les autorités de Montauban procédaient à de nouvelles libérations de détenus *‘. À Toulouse, le 18 juin, les autorités, après un semblant de réconciliation avec le club, protestaient solennellement contre l'arrestation des députés girondins ’, et le département de l'Ariège se mettait en rapport avec les agitateurs de Toulouse.
Aussi voyons-nous la modération de Jeanbon peu à peu disparaître, et tous les Montagnards, Robespierre en tête, feront comme lui. Le 22 juin, dans la même séance de la Convention où il avait
intercédé pour les pelites fortunes contre l'emprunt forcé, Jeanbon se
1. Nous n'avons nulle part trouvé cette mesure, mais Vadier en parle dans la séance des Jacobins du 23 juin, comme nous le montrons plus bas. Baudot (Marc-Antoine), né en 1763, médecin à Charolles, élu comme suppléant à la Législative par la Saôneet-Loire, y siégea le 10 juillet 1792, réélu à la Convention, chef de division au minis-
. tère de la guerre sous Bernadotte, reprit ensuite l'exercice de la médecine. Banni en
1816, se retira à Liège, rentra en France en 1830, mourut à Moulins en 1837 (Dict. des Parlementaires). Nous avons cité ses Mémoires. Chaudron-Roussau, né à Bourbonneles-Bains (Haute-Marne), en 1752, élu de la Haute-Marne à la Législative et à la Convention, sous-inspecteur des forêts sous le Consulat et l’Empire, banni en 1816 (Ibidem).