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lonnais '.Les fédéralistes débordés, la population ahurie et ne sachant auquel entendre, car on répandait le bruit que les troupes conventionnelles qui s’approchaient voulaient livrer la ville aux Anglais, tous, en un mot, laissèrent faire les royalistes, et, comme le dira Jeanbon dans son rapport, les Toulonnais eurent « la stupide et crédule scélératesse de remettre entre les mains de l'amiral de Pitt le plus beau des établissements français dans la Méditerranée avec la confiance que cet implacable ennemi de notre commerce aurait Ia bonne foi de le garder en dépôt pour le rendre à un roi de France ?.
La ville proclamait un roi et appelait les.Anglais, mais qu’allaient faire les ouvriers de l'arsenal, cette cité turbulente dans la cité même, cette population démocratique au milieu des royalistes, qu'allaient faire les matelots et les troupes de marine du port ét des forts, les équipages et états-majors des vaisseaux en rade, à commencer par les chefs de la marine ?
Chaussegros avait signé l’acte de trahison, peut-être par force, dit Guérin, et l’on ajoute qu'il en tomba malade de désespoir *. Le crime est patent, les circonstances atténuantes douteuses. Puissant dira plus tard que lui-même était gardé à vue, mis depuis le 20 août « hors d'état de rien entreprendre * ». Quant à Trogoff, il avait disparu. Il était à terre, malade de la goutte d’après les uns 5, passant son temps à délibérer dans les sections suivant Saint-Julien et au dire de témoins sérieux ‘. Il laissait, lui si jaloux de son autorité, Saint-Julien arborer le pavillon de commandement sur son propre navire, Le Commerce de Bordeaux 7.
Privés de toute direction, les ouvriers restèrent en majorité tran-
de faire participer aux grâces du roi « les officiers composant l'État-Major de l’escadre du Roy en dépôt pour être rendue à Sa Majesté Louis XVIII, à son ayènement sur le trône de France ».(Arch. marine BB 30, fol. 224).