NOUVELLE QUERELLE AVEC SON ÉGLISE OL
Milhassoles el Lucadou ‘: De M. Lucadou rien à dire, sinon qu’il est sous l'influence de M. de Baudecourt ; quant à celui-ci, riche banquier, possédant un bel hôtel où il recevait la haute société de Castres, où sa femme tenait salon et accueillait les madrigaux des pelitsabbés?, il s'était fait dans la communauté une clientèle, prétendait y dominer de par sa situation de fortune. Comment Jeanbon, le pasteur austère, impérieux et acerbe, aurait-il sympathisé avec ce personnage qui représentait l’'opulence fastueuse et mondaine, et traitait probablement les ministres avec le dédain des beaux gentilshommes de Condé et d'Henri de Navarre pour les prédicants du xvie siècle? Il s'engage entre ces deux hommes une querelle dont nous ignorons les détails, un fait cerlain c’est que Baudecourt contredit avec acharnement toutes les allégations, contrecarre tous les avis de Saint-André. Il semble qu’il ait, non seulement refusé d’aller à Massy, mais encore cherché à entrainer les fidèles dans son opposition en altérant des lettres de P. Rabaut, tout en se donnant à celui-ci comme le représentant de l’opinion de la communauté. Au contraire, Jeanbon prêche dans le Consistoire la soumission, parce que c’est le parti de la sagesse en face du pouvoir tout puissant, et parce qu’il ne faut pas décourager les bonnes dispositions de l’État à l'égard des protestants. Ses conseils sont malaisément acceptés : «IL est dur, dit-il, d’être perpétuellement en butte à des violences qu’on ne mérite pas, d’entendre des clameurs insensées, de voir les ordres supérieurs méprisés malgré les règles de la prudence et les réclamations des gens bien intentionnés qui voudraient, par une obéissance prompte aux volontés de nos maîtres, mériter la continuation de leur bienveillance *.» Ces tiraillements dans la communauté, l’hésitation qu’elle met à obéir, cessent devant la menace de rigueurs plus décisives *; et, à l'annonce d’une enquête ordonnée par le gouverneur sur les membres du Consistoire *, les réformés de Castres, passant de l’obstination à l’épouvante, chargent Jeanbon de solliciter encore une fois l’intercession de P. Rabaut auprès de M. de Périgord °. Tout se calme peu à peu, la population catholique, symptôme significatif de l’apaisement des esprits, ayant vu cette incartade avec indifférence ’, et les démarches de P. Rabaut ayant été appuyées de rapports favorables du subdélégué de Castres. Bonifas Laroque revient d’exil