‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 534 sur 889 · LE COMITÉ -PERSISTE DANS LA POLITIQUE DE TERREUR · texte numérisé non relu

LE COMITÉ -PERSISTE DANS LA POLITIQUE DE TERREUR

criminelles exagérations des uns et trouvait prématurée la commisération des autres’. La politique qu’il avait adoptée en nivôse lui paraissait toujours la bonne, il voulait continuer la Terreur jusqu'à la victoire définitive sur l'étranger. Différentes puissances nous faisaient des ouvertures ?, mais la paix ne pouvait se conclure que si l'Angleterre s’y associait, et dans ce pays les dispositions conciliatrices du peuple et du gouvernement semblaient douteuses en attendant la prochaine session du parlement qui fixerait les incertitudes. Non seulement le Comité jugeail intempestive l’évolution des Dantonistes, mais il supportait impatiemment que leur querelle avec les Hébertisles divisät le parti montagnard et absorbât son attention : à cette heure, il était nécessaire que le parti montagnard pesât davantage sur la nation pour la contraindre à de nouveaux sacrifices en vue dela défense nationale, à cette heure, tous ne devaient s'inquiéter que de la prédominance de la République à établir sur les mers. Le 16 nivôse, Robespierre jeune- rentrant de mission avait dit aux Jacobins : « La Société me paraît étrangement changée. On s’y occupait, à mon départ, des grands intérêts de la République. Aujourd’hui, ce sont de misérables querelles d'individus qui l’agitent. » Le 21, dans la même enceinte, Robespierre l’aîné s'était déclaré las des discussions par lesquelles on voulait détourner les esprits vers un but particulier, et il avait fait entamer un débat sur les crimes du gouvernement anglais pour attiser dans les esprits la haine du seul ennemi qui demeurât encore invaincu ?. Robespierre aîné se ralliait donc tout à fait maintenant à la politique de ses collègues au Comité. Le 8 pluviôse (27 janvier), . Barère disait à la Convention : « La guerre du continent a été assez heureuse pour la République française pour que les puissances coalisées aient tourné toutes leurs vues d’un autre côté. C'est vers la guerre maritime que se dirigent maintenant tous les efforts de la coalition, aussi tout ce qui regarde la marine est depuis quelque temps à l’ordre du jour du Comité de Salut public. » Maïs, en écartant également les deux factions hébertiste et dantoniste le Comité de Salut public les avait toutes les deux pour ennemies, et il était obligé de frapper un jour l’une, un jour l'autre. Il avait laissé incarcérer les Hébertistes Ronsin et Vincent, dans la nuit du 23 au 24 nivôse il emprisonnait le dantoniste Fabre d'Églantine. A l’arrivée de Jeanbon, le Comité paraissait pencher vers les Hébertistes, ce dont les Dantonistes se vengeaient en l'attaquant dans la Convention : la veille même du retour de Saint-André, le 5 pluviôse, C. Desmoulins essayait d’ameuter la Convention à propos de l’arres-

1. Voy. adresse du Comité de Salut public du 28 nivôse aux autorités constituées (Aulard, Actes du-Comité de Salut publie, t. X, p. 286) et la suite du récit. Carrier lui-même, le 10 pluviôse, conseillait de ne pas attaquer la liberté des cultes (Aulard, t. X, p. 520). Voy. sur les soulèvements contre la déchristianisation, Aulard, t. IX, pp. 779-781, et le même passim.

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