BB? 62, fol. 269, BB# 22, fol
sistances, les différentes Commissions exécutives fonctionnent si mal que le 15 frimaire la Convention songe à les réformer !.
A Brest, la disette, jadis efficacement combattue par le gouvernement terroriste, la disette s’accentue maintenant et la réaction thermidorienne se précipite. La réaction renvoie au parti montagnard les accusations que naguère celui-ci lançait aux modérés : d’après elle les Montagnards pactisent avec les Vendéens, veulent le triomphe de l'aristocratie, font le jeu des puissances étrangères. Les partisans de la réaction s’écrient : « Ayons l'esprit de discerner si dans notre position actuelle un excès d’indulgence ne nous conduirait pas aux plus grands maux. Est-ce bien dans l’ordre révolutionnaire qu'il est
permis d’abjurer la méfiance ?? » Les membres de la municipalilé
brestoise qui avaient été maintenus en surveillance à Paris pendant lan IT rentrent à Brest en triomphe, et les soi-disant « patrioles de
89 » envahissent la Société populaire *. Marec, aussi hardi main-
tenant qu’il s’est tenu coi sous la Terreur, Marec presse auprès du Comité de Salut public à Paris la mise en liberté de ses amis, notamment de Trouille *. Les Représentants à Brest relâchent Siviniant, relâchent les employés du bagne, et Tréhouart qualifie d’absurdes les dépositions recueillies autrefois contre ces derniers auprès des forgas. Il a raison, mais c’est Bréard, récemment porté par la réaction thermidorienne au Comité de Salut public, qui avait accueilli ces racontars, et à cette époque-là Tréhouart était collègue de Bréard à Brest 5. De même, parmi les thermidoriens de Brest, les plus ardents ce sont les terroristes repentis. Du moins Tréhouart et Faure font preuve d’une justice relative , et beaucoup de ceux qu’ils élargissent méritaient une mesure de clémence. Mais le parti thermidorien tout entier ne songe qu’à la vengeance.
Naturellement, le tribunal révolutionnaire est le premier frappé. Le 16 vendémiaire (7 octobre), Merlin de Douai au nom du Comité de Salut public a arrêté sa suppression, et le renvoi des affaires qu’il instruisait au tribunal de Paris. Le 24, les scellés sont mis sur ses papiers. Ragmey, Palis, Le Bars ont devancé la mesure en se réfugiant à Paris, Donzé-Verteuil se prépare à les y suivre *. Les protestalions des détenus se multiplient. On voit paraître celle des marins