‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 83 sur 889 · RECONSTITUTION DÙÜ PARTI PROTESTANT A MONTAUBAN · texte numérisé non relu

RECONSTITUTION DÙÜ PARTI PROTESTANT A MONTAUBAN

avait à Bordeaux, dans le parti g girondin, noué des relations précieuses pour lavenir ‘. 1 n’ignorait rien des événements de Montauban, puisque Bordeaux était restée en rapports avec ses concitoyens depuis le 10 mai et qu’il y avait correspondance entre les deux clubs ; lui-même, le 27 octobre, comme secrétaire de la Société des Amis dela Constitution de Bordeaux, avait écrit aux patriotes montalbanais “une lettre qui les engageait à poursuivre les auteurs du 10 mai? Mais nous n’avons rien trouvé qui révèle son intervention dans la politique locale dès son retour. Peut-être, lassé de ses orageuses pérégrinations, a-t-il voulu goûter quelque temps le repos; peut-être, et nous verrons que l’hypothèse est vraisemblable, a-t-il travaillé sans bruit et lentement les esprits, pour se ménager au jour de ses débuts un public favorable.

Au commencement de 1791, le départ de Royal-Pologne, qu’éloi- : gne, à la demande des patriotes, le ministre de la guerre Duportail, laisse les révolutionnaires complètement maîtres du terrain à Montauban * ; appuyés sur Touraine, ils peuvent affronter les élections municipales sans inquiétudes, malgré le trouble que produit à ce moment la demande faite aux ecclésiastiques du serment civique *. Les aristocrates s’abstiennent de paraître au scrutin 5. La municipalité élue est composée des chefs du club, bon nombre de protestants y

lorsqu'on jouira d’un temps moins orageux la pétition sera reprise en considération », Le ?2 juillet, il nommera pasteur M. Perisse (Reg. de ses délibérations 1753-1797. Arch. du Consist.).

1. « Lié d’abord avec Grangeneuve et les autres depuis de la Gironde qu'il avait connus à Bordeaux » (adresse de la Société populaire de Montauban le dénonçant à la Convention le 24 prairial an [{II. Recueil factice, Biblioth: commun. Montauban.

2. GVous êtes trop éclairés, Messieurs, pour ne pas sentir qu'un peuple qui sort de l’esclavage ne saurait briser ses fers sans de grands efforts. La liberté est un bien qu'il faut conquérir, et qu’on n'obtient qu’à force de soins, de travaux et de constance.

° Tout intérêt particulier doit disparaitre et s’anéantir devant l'intérêt général, et l’homme qui calcule ce qui lui en coûtera pour être libre ne sera jamais qu'un vil esclave.» Signé de « Les amis de la Constitution de Bordeaux », Grangeneuve président, Jeanbon Saint-André secrétaire (L115 liasse. Arch. Gironde).

3. C’est sur les instances des commissaires municipaux et de Poncet à Paris, sur les pétitions des clubs de Montauban et Toulouse que le ministre de la guerre Duportail fait partir Royal-Pologne. 1} y a eu, semble-t-il, des démarches des aristocrates pour le maintenir (Poncet, 18 janvier, aux commissaires municipaux, Arch. commun. AA, 5; et fol. 43 verso, 1 Reg. de délibér. du club). Il part le 22 janvier; et le journal du club, les Nouvelles intéressantes, dont nous reparlerons, constate le 11 février « le calme profond qui règne ici depuis le départ de Royal-Pologne » (t. I, n° 13, collect. Em. Forestié).

4. Le 11 février, la Commission municipale reçoit du directoire du district l’invitation de faire prêter le serment civique au clergé (fol. 47 recto, 2e Rég. municipalité). C’est le 13 qu’elle se transporte dans les églises pour le demander aux curés et vicaires (Ém. Forestié : Ephémérides montalbanuises, Montauban, 1882, in-8, p. 16.

. Les Nouvelles intéressantes (n° 15, 18 février), constatent que sur dix-sépt ecclésiastiques, seul M. Saint-Sardos a prêté le serment, mais c'est « le plus vertueux », il est fort charitable, très désintéressé.

5. Faites le 18 février 1791, sur 2,248 citoyens actifs, il y a 1028 votants aux premiers tours, et le nombre diminue ensuite. Les abstentions représentent évidemment le parti aristocrate, car il ny a pas de liste d'opposition et les sept premiers élus ont plus de 1,000 voix sur 1,028 votants.

Ca

figurent, elle esl entièrement révolutionnaire et très énergique ‘. Le 20 février, elle lance une proclamation défendant les injures entre partisans des assermentés et des insermentés ?, puis emprisonne des perturbateurs qui se sont opposés au .sermon d’un prêtre constitutionnel * ; elle fait saisir, le 25 mars, le journal de Teulières et en défend la vente “. La liberté de la presse n’exisle plus, les réactionnaires en ont rendu l'exercice périlleux pour la trançuillité

- publique.

Jeanbon Saint-André paraît pour la première fois à la tribune du club peu après ces coups de vigueur. Comme c’est au club qu’il va fonder sa forlune politique, deux mots sont nécessaires sur l’organisation intérieure de la société.

Ouvert, nous l'avons dit, le 8 septembre 1790, le club s’est installé dans l’ancien hôtel de la Cour des Aides, aujourd’hui la Bourse et le tribunal de commerce, en face l’évêché où allait bientôt s'établir la municipalité. Le 5 novembre dela même année, à la suite d’une lettre du club des Jacobins et à l'instar de celui-ci, il a pris le nom de « Société des amis de la Constitution * », le 31 août 1792, il y ajoutera « de la liberté et de légalité 5 ». Au club, est annexé un café dont les receltes, d’ailleurs peu brillantes, sont affermées à un limonadier de la ville *. Le club se recrute parmi tous les citoyens ayant au moins dixhuit ans, payant une cotisation de six livres par an ÿ,el qui sont acceptés par un comité d'admission *; à seize ans, toûtefois, on peut y être

1. Ferrand, protestant, chevalier de Saint-Louis, 1,015 voix, maire. Cornac 1012; Pons, commissaire municipal, 1009; Izarn Capdeville, protestant, 1007; Périès- Labarthe, protestant, 1005 ; Frézières aîné 1004, Dubois ainé, 1001, officiers municipaux. Brutè, commissaire municipal, élu substitut du procureur de la commune par 875 voix. Parmi les notables, J.-P. Lugan commissaire municipal, Larroque laboureur protestant, Saint-Geniés aîné protestant, Lafon homme de loi protestant, Malfre perruquier, Peyret laboureur (Livre Jaune, p. 62).

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