Moniteur, t. XX VI, pp
son église, les bourgeois protestants, ne lui pardonnaient pas sa politique démocratique. Pourtant il était ruiné. Le 6 vendémiaire an IV, conformément à un décret de l’avant-veille qui enjoignait à tous les députés de rendre compte de leur fortune, il dressait comme suil l’état de ses ressources : « L’impossibilité de pourvoir à mes
besoins avec mon traitement, depuis que, mis en arrestation par :
mesure de sûreté générale, une foule de frais inséparables de cet état sont venus accroître ma dépense, m'a mis dans la nécessité de faire des emprunts. Je dois jusqu’à ce moment dix mille livres. Il me reste un capital métallique de deux cent cinquante livres et ma captivité ‘. » Beaucoup d’autres conventionnels étaient ruinés comme lui, et sans aucun moyen de se créer une nouvelle situation dans leur ville natale. Le Directoire, où Carnot représentait l’ancien parti terroriste, eut égard à leur détresse, et dès ce moment s'établit la pratique, suivie depuis par tous les gouvernements et souvent moins justifiée, des compensations aux législateurs déchus. Jeanbon fit-il de lui-même des démarches auprès du Directoire, ou quelqu'un de ses amis agit-il en sa faveur, ou le Directoire voulut-il se débarrasser de lui ?? Nous ne savons, mais, avec plusieurs de ses anciens collègues, il fut casé dans la diplomatie. Le 25 brumaire an IV, il était désigné pour le consulat général de France à Gênes, et le bruit courait de sa nomination à ce poste; puis, le 28 brumaire (18 novembre), il fut nommé consul général à Alger. Le Directoire jugea peut- “Qrs impolitique de placer à Gênes l’ex-proconsul de Toulon à.
Jeanbon ne partit point immédiatement pour sa te résidence. Voulait-il, avant d'accepter l’exil honorable qui lui était offert, prolonger à Paris le combat pour ses idées, et fondait-il pour le relèvement de la cause démocratique quelque espérance sur le Directoire? Dans ces premiers mois de l’an IV, les anciens montagnards se groupaient à nouveau dans des lieux de réunion, quelques-uns s’afliliaient même à la Société des Égaux et à la conspiration de Babœuf, Robert Lindet, Amar, Ricord, Laignelot, par exemple. Jeanbon est cité, peut-être à tort, parmi les membres de la Société du Panthéon, le club démocratique qui compta bientôt près de 2,000 affiliés “. Il paraît d'autre part avoir pris, à une date que nous ne saurions préciser, la direction du journal /’Ami des Lois où Robert