ORGANISATION DU CLUB
recu à condition d’être présenté, mais sans avoir part aux débats !. Des tribunes sont ouvertes aux femmes des sociétaires, et deux fois par semaine, les jours d'instruction civique, au public ?. Le club a un bureau : un président renouvelable par élection tous les mois ?, des secrélaires et des maîtres des cérémonies. Il délibère sur un ordre du jour afliché d’une séance à l’autre “. Il se fait peu à peu des règle- ments, mais, le 30 septembre 1791, il adoptera ceux des Jacobins avec quelques modifications. Il a un comité des finances qui administre les revenus provenant du café et des cotisations. Dès les premiers temps, le club a l'apparence d’une société de secours muluels, il assure du travail à ses membres, possède un comité de bienfaisance, institue une commission chargée de consultations gratuites de droit pour les indigents qui auraient des litiges à poursuivre, il s'occupe des pauvres, des collectes sont faites à l'issue des séances, ou en séance même, quand un secrétaire signale une infortune, et il suffit de comparer son rôle à ce point de vue et ses procédés avec les pratiques charitables d’un Consistoire protestant pour trouver entre les deux organisations des ressemblances frappantes ÿ. Mais le club a surtout une action révolutionnaire étant donné ses origines. Dès sa formation, il a écrit à tous ceux de la région pour les remercier des sympathies qu'ils avaient manifestées aux victimes du 10 mai ‘, le souvenir de cette journée, le désir d’en lirer vengeance le hanteront sans .cesse ?, et les protestants y domineront toujours. Il est un instrument de défensive et d’offensive : pour la défensive il offre à ses membres un lieu de réunion où ils peuvent se concerter #, il a sa caisse pour subvenir à leur armement, à des frais de courriers, etc., il surveille et dénonce les écrits et les actes des aristocrates à la municipalité, aux Jacobins et à l’Assemblée nationale ?,
1. Belluc Jeanbon sera nommé maître des cérémonies le 28 septembre 1791.
2. Une commission dont est Jeanbon n’ayant pas eu le temps de refondre le règlement, on décide le 30 septembre 1791 de faire venir celui des Jacobins (Reg. C.).
3. Voy. Reg. A de délibér., fol. 3 recto, 5 verso, 31 recto; 23 verso ; Reg. B. de délibér., fot. 32 verso. Recommandations du club de Montauban au club de Toulouse en faveur d’un malade et d’un artiste nécessiteux (L7#0, Arch., Haute-Garonne). Collecte décidée le 18 septembre 1791 elle aura lieu les dimanches au profit des pauvres (Reg. C).
4. D'autre part, le système de filiation, de discipline et de propagande des elubs les a fait comparer aux Jésuites (Sorel, L'Europe et la Révolution, 1° partie, p. 157).
5. Le 9 septembre 1790, arrêté qu'il « sera incessamment envoyé des députés tant à Bordeaux qu’à Toulouse, Cahors et autres villes qui ont pris intérêt à nos malheurs » (Reg. A de délibér. fol. 2 recto). Les clubs de ces différentes villes et de la région, les Jacobins, correspondent avec lui (L11*; L115 Arch. Tarn-et-Garonne).
6. Voy. la suite, il songera aussi, non pas à venger les victimes des persécutions de Louis XIV, quoi qu’en dise M. Sorel (op. cit., p. 232), mais celles du temps de Louis XV, Rochette notamment.
7. 10 janvier 1791, adresse à la municipalité contre le Journal national, autres du même genre, 11 novembre 1790 (Reg. A de délibér.). 13 mars 1791, contre les confréries (Reg. B de délibér., pp. 26-28), contre les municipaux du 10 mai, 30 janvier 1791, (ibid.).
8. Formule de serment adoptée le 2 janvier 1791 : « promettez-vous de dénoncer au Comité politique de la Société qui sera incessamment formé, ou à quelqu'un de ses membres, les desseins ou projets des ennemis de la Constitution ? (fol. 37 recto Reg. A),
peut-être même a-t-il eu « un Comité politique », pour recueillir les dénonciations ; il pratique l'offensive par sa propagande très active, outre les séances publiques d'instruction civique, il est abonné à des journaux de Paris ! dont souvent en séance on donne lecture à haute voix ?, il fait imprimer et distribue à bas prix ou même gratuitement les écrits et pamphlets qui peuvent servir la cause des patriotes *, il a son journal, les Nouvelles intéressantes, au titre d’ailleurs très décevant #, par lequel il répand des avis dans le public, il montre déjà le goût des fêtes révolutionnaires aux cortèges allégoriques, aux attributs renouvelés de l'antique; il tient particulièrement à agir sur les troupes : il a un comité militaire *, il a recu, dès son ouverture, les officiers et soldats de Touraine, et quand leurs supérieurs réclament au nom de la discipline, il demande (le 24 octobre 1790) une loi l’autorisant à admettre les militaires à ses séances ‘, il prend le parti de soldats qui ont déserté Languedoc à cause de ses principes inciviques.
Une conséquence toute naturelle de sa propagande, c’est son action : d’abord, sur les commissaires municipaux, ensuite sur la municipalité qu’il a fait élire, et le directoire du district. Non seulement il y a entre eux des échanges de politesses, mais le club propose aux deux administrations des mesures de tout genre, par exemple l'entreprise d'ateliers de charité, la dissolution des confréries qui ne prêtent pas le serment civique, il les presse d'exécuter les ordres ministériels qui prescrivent le départ de Royal-Pologne, il est vraiment leur collaborateur et un collaborateur précieux, très actif, toujours aux aguets. Une seconde conséquence, c’est la correspondance qu’il entretient avec les autres clubs : ceux des petites cités qui gravitent autour de Montauban recoivent de lui le mot d'ordre ’, et il les surveille lui-
1. Liste du 7 novembre 1791, la seule que nous trouvions : Moniteur, Journal de Paris, Chronique de Paris, Annales patriotiques de Mercier, Gazette universelle, Patriote français de Brissot, Feuille villageoïse, Journal des Débats des Amis de la Constitution de Paris, Journal des Débats de l’Assemblée nationale, Ami des citoyens de Tallien, Courrier des Pays-Bas, Journal patriotique de Bordeaux, rédigé par Marandou (Reg. C). Antérieurement, le club a été abonné au journal intitulé Les Paquebots et au Journal de Paris, et les a quittés (Reg. C).