REGRETS QU'IL LAISSE DANS SON DÉPARTEMENT
rhénan, qui flétrit son passé révolutionnaire ‘. Sa famille même ne fut point juste pour lui. Il laissait une fortune; extrêmement économe, il l'avait amassée peu à peu depuis sa nomination à Mayence. Le partage lrès équitable qu'il en avait fait entre les siens par testament ne fut pas accepté sans mécontentement par quelques parents qui se prétendirent lésés, et leur mécontentement se traduisit par des insinuations peu claires, mais blessantes, relatives aux mœurs privées de Jeanbon, insinuations que le secrétaire général de la préfecture répéta au ministre de l’intérieur avec un malin plaisir ?. Les populalions se montrèrent plus reconnaissantes, elles se pressèrent à l'enterrement de leur préfet *, et plus tard, quand Mayence fut retombé au pouvoir de l'Allemagne, le nom de Jeanbon ne fut point oublié. En 1816, son exécutrice testamentaire ayant demandé à faire l'acquisition du terrain où il était inhumé au cimetière, le conseil municipal de Mayence « en entier, pénétré d’un grand souvenir, combien dans le cours de sa longue administration cet homme Célèbre avait été si utile, en empêchant énergiquement tout le mal, et avait fait tant du bien réel à la ville et à tout le département, déclare à l'unanimité que le terrain ne serait point vendu, mais qu’il en était fait don à perpétuité, exempt de toutes charges quelconques aux héritiers, comme un témoignage honorable de reconnaissance dû à la mémoire de feu M. le Préfet ». Cette délibération prise le 11 mars, fut sanctionnée le 15 par les commissaires prussien et autrichien qui, à cette occasion, payèrent eux aussi leur tribut d’éloges au préfet défunt “. Dans la suite, les publicistes de Mayence, le nouveau souverain du pays le grand duc de Hesse-Darmstadt, s’inspirèrent des projets de Saint-André, et quand un paysan avait à se plaindre du gouvernement « son refrain ordinaire était de se consoler en disant : « oh! si nous avions encore notre bon père de pré- « fet comme administrateur *. » Même de nos jours, le souvenir de l’ancien conventionnel est conservé par les populations qu'il avait