‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 89 sur 889 · Page 18, Reg. B. délibér. du-club · texte numérisé non relu

Page 18, Reg. B. délibér. du-club

5. Décision du 23 janvier 1791, fol. 43 verso, Reg. À du club; après la disparition de ce journal, lors de la scission entre Jacobins et Feuillants, le club s’abonnera au Journal des Débats des Amis de la Constitution.

6. Le 3 avril 1791, chaque membre du club préte « outre le serment usité, celui de défendre de sa fortune et de son sang tout citoyen qui aurait le courage de se dévouer à des dénonciations contre les ennemis de la patrie » (p. 51, Reg. B de délibér.).

7. Le 8 mai 1791 (p. 63, Registre B de délibér. du club), le 23 mai (p. 79 ibidem). Voy. plus haut, rivalité entre Royal-Pologne et Touraine, et plus loin passim.

prendre une part toujours plus grande à l'administration, qui rensei-. gnaient hier les commissaires municipaux, collaborent avec la municipalilé actuelle, demain lui succéderont à l'Hôtel de Ville, la plupart déjà formés dans le Consistoire, par la libre. discussion des intérêts de la communauté protestante, à la tâche diflicile de diriger les hommes. Avec ses heureuses tendances et ses mauvais instincts, il est déjà, il se prépare surtout à être dans l’avenir, un admirable instrument de gouvernement et un terrible engin de tyrannie au service de la minorité révolutionnaire contre la majorité.

Voyons maintenant quelles sont les idées politiques de Jeanbon au inoment où il se lance dans la vie politique. Jeanbon ne les a jamais réunies en corps de doctrines, elles sont éparses dans ses sermons de 1789 et 1791, dans ses allocutions et écrits antérieurs à son départ pour la Convention. Néanmoins, nous croyons pouvoir, pour en faire saisir l’enchaînement logique, les grouper et les résumer comme suit.

D’après Jeanbon, le contrat social est à la base de la société !, les hommes ont renoncé, en faveur de la constitution d’une société régulière, à une partie de leur liberté et se sont donné des gouvernants. Les hommes sont libres ?, d’abord en tant qu’êtres intelligents, la liberté est « l’apanage propre et indestructible de leur intelligence * », puis « parce que d’après la nature tous les hommes sont égaux et qu'aucun n’a droit par suite d’enchaîner la liberté des autres », parce que la religion réprouve l’esclavage qui dégrade l’homme, ne lui laisse offrir à la divinité que des hommages involontaires et contraints “ et le rend incapable « de vertu et de sainteté 5 », parce que la société étant fondée sur le contrat social ne demande à l'homme d’aliéner sa liberté que volontairement f; cette liberté, il doit du moins l’aliéner en vue du maintien de l'ordre, la liberté n’est pas la licence *, « la liberté civile est bien loin de res-

1. « Quel est.le but de la Société? N'est-ce pas le bien et l'avantage commun des membres qui la composent ? N'est-ce pas pour veiller de concert à leur sûrété, pour opposer à leurs ennemis des forces réunies, pour se prêter un mutuel secours dans les besoins qui les assiégent, pour s'assurer en un mot, autant que leur imperfection naturelle peut le permettre, la tranquillité, le calme et le bonheur, que les hommes ont consenti à se dépouiller d’une partie de leur indépendance naturelle et à se prescrire à eux-mêmes des règles générales de conduite, en formant ces institutions admirables que nous connaissons sous le nom de corps politiques et dont l’ensemble constitue la société générale du genre humain? Les conditions du parti social sont done violées toutes les fois qu’un membre quelconque exerce un pouvoir arbitraire » (sermon du 9 octobre 1791, sur lequel nous reviendrons).

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