‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 93 sur 889 · Sermon du 26 juillet 1789, 7 la suite · texte numérisé non relu

Sermon du 26 juillet 1789, 7 la suite

6. Lettre de Paris, 13 avril 1792, à la municipalité sur la nomination aux grands emplois du royaume par l'élection : « ce projet est assurément fort beau, il est très philosophique » (Arch. commun., série AA, carton 5).

7. « Vainement alléguera-t-on qu’en parlant librement des autorités constituées on tend à les avilir et à leur ôter la confiance dont elles doivent jouir pour le bien commun ? On doit respect et soumission à la loi, obéissance aux autorités constituées, et confiance aux hommes qui la méritent. Celui qui refuserait d’obéir aux décrets du Corps législatif quand ils sont sanctionnés par le Roi serait un rebelle dont la révolte - mériterait châtiment. Celui qui examine comment est composé le corps législatif pour en apprécier les divers membres est un homme judicieux qui use du droit que lui donne sa qualité de citoyen ; la Révolution est l’ouvrage du peuple, c’est lui et lui seul qui l’a faite et soutenue, pas un événement important qu’il n’ait produit, pas un décret sage et utile qu’il n’ait dicté, et nos représentants se sont constamment égarés quand ils n’ont pas écouté sa voix » (lettre du 8 avril 1792 à la municipalité, Arch. commun., série AA, carton 5). Voy. le 6 septembre 1792, la députation du club à l'assemblée électorale du Lot, agissant à l’instigation de Jeanbon.

8. Sermon du 26 juillet 1789 : « que les grands et les petits, les riches et les pauvres, : n'ayant aucun égard à leurs intérêts particuliers, ne recherchent désormais que ce qui est utile »; sermon du 9 octobre 1791 : « le vrai patriote s’oublie lui-même quand il s’agit de l'intérêt public ».

tions des violences auxquelles il faut se résigner !; l'insurrection est du reste un devoir contre le gouvernement oppresseur qui, ne respectant pas le contrat social, confisquerait la souveraineté à son profit?. D'autre part, si le peuple a le droit de critiquer ses mandataires, il doit obéissance à la loi quand ils l’ont faite , et eux-mêmes n’ont à tenir compte de ses critiques que lorsqu'elles sont sincères et n’ont pas été dictées par la malveillance *; on a aussi le droit de lui dire la vérité, toute la vérité, afin qu’il soit éclairé et confie le pouvoir aux plus dignes 8, c'est-à- dire à ceux que guident les lumières de la raison. La liberté de l’homme ne peut exister sans la moralité : « point de liberté sans vertu, quand la vertu règne, quand l'homme respecte et chérit son semblable qui, se respectant aussi lui-même, rougirait de s’avilir en s’abandonnant à des passions honteuses, alors il n’est point d’individu qui ait l'intérêt ni la volonté d’empiéter sur les droils d'autrui $ », et Jeanbon propose comme modèles les républiques antiques parce qu’elles réalisaient la liberté et l'égalité par la vertu *. Il faut donc développer la moralité. On y arrivera au moyen de l’éducation, non celle d'autrefois, « il n’est pas d'homme éclairé qui ne se flatte d’avoir oublié les leçons qu’il a reçues dans sa première jeunesse # », mais celle qui présente « de bonne heure aux enfants les belles formes de la nature », et les place «de manière qu’ils puissent en la contemplant acquérir l'idée du beau si propre à influer sur toutes les affections morales de l’âme * ». Aussi « l'éducation publique. est une dette de la nation envers la nation ! ». L’instruction publique est également essentielle au maintien de la liberté: «un peupleinstruit qui connaît ses droits est un peuple à qui on ne peut plus faire

. «Il est impossible que de grandes révolutions politiques s'opèrent dans le silence et GS le calme »; sermons du 9 octobre 1791 et du 26 juillet 1789, déjà cités.

2. Sermon du 9 ‘octobre 1791, Jeanbon n’y dit pas explicitement que l’insurrection est un devoir, il établit seulement dans quel cas « les conditions du pacte social sont violées » ; mais on sait quelles conséquences en tire son maitre Rousseau, et le 19 juin 1792, nous le verrons aux Jacobins développer lui-même comme conséquence le droit à l'insurrection.

3. Voy. la note ? p. 87. Le 16 mai 1792, il écrira à la municipalité d’user au besoin de réquisition pour obliger les jeunes gens aux exercices militaires : « le développement de votre autorité dans cette occasion serait un bienfait de plus ajouté à tant d’autres dont vos concitoyens sont redevables à votre administration » (Arch. commun. AA, 5).

4, Si les critiques sont sincères, il les recevra « avec docilité ». « Mais si ce sont des gloses secrètes produites par la malveillance, dois-je me mettre en peine si à 150 lieues de moi, il y a des hommes qui disent du mal de moi? » (lettre de Paris du 18 avril 1792 à la municipalité).

5. « J’adopte comme un principe essentiel, et qui ne souffre aucune exception, qu’on doit toujours dire la vérité au peuple, afin qu'éclairé par l'expérience il devienne sage et précautionné » (ibid.).

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