‹ Le corindon, gisement, distribution, exploitation et usages [microforme]Chapitre 46 sur 131 · NOMENCLATURE ET PROPRIÉTÉS CHIMIQUES ET PHYSIQUES DU CORINDON · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE ET PROPRIÉTÉS CHIMIQUES ET PHYSIQUES DU CORINDON

NOMENCL/TURE.

Le nom de corindon n'est qu'une forme modifiée du mot sanscrit “Korund.” Woodwart, d'abord en 1714, puis en 1728, parle du minéral corivindum ou corivendum, sans doute d'après le nom de ‘“‘kurivinda” que les hindous Puranas employaient pour désigner le rubis de deuxième qualité.! Un grand nombre de termes synonymes ont été donnés aux diverses variétés de corindon, surtout d'après les différences de couleur, dureté, pureté, et structure. La multiplicité des noms et la confusion qui s'ensuivit provenait surtout d'un manque de connaissance des véritables propriétés des substances nommées ou décrites. Beaucoup d'auteurs considéraient les espèces qu'ils nommaient comme autant d'espèces minérales distinctes. Le mot grec “‘saphiros’’ ne désignait pas le saphir, mais le lapis lazuli, si on s'en tient aux descriptions de Théophraste et de Pline. Le saphir bleu est l’hyacinthe des grecs et de Pline. Le rubis devait probablement rentrer dans l’anthrax de Théophraste et le carbunculus et le lychnis de Pline. Il est inutile de donner une liste détaillée des noms appliqués aux diverses variétés de corindon, on n'a qu'à se reporter au Systême de minéralogie de Dana, au Dictionnaire des noms de minéraux de Chester ou encore au catalogue des minéraux et synonymes d'Egleston.

D'après Holland l'Empire? des Indes peut, à juste titre, passer pour la terre du corindon, car on y trouve non seulement de nombreux et gros gisements de corindon commun ou ‘imparfait’! mais encore les spécimens les plus beaux de rubis (variété transparente rouge) venant de Burma, et de saphir (variété transparente rouge) venant des mines de Cashmire et de Ceylan.

L'introduction de ces gemmes en Angleterre et en Europe, au 18° siècle, grâce surtout aux efforts de la Compagnie des Indes Orirntales, attira immédiatement l'attention des joailliers et des lapidaires qui, ignorant la chimie et la minéralogie, proposèrent des noms :.cuellement

4. *°wils of all kinds digested into a method suitable to their mutual relations and affinity. Londres,

? Géologie Écon. de l'Inde 2ème Edition 1ère partie, Corindon 1898, p. 1. * Phil. Trans. Roy. Soc. Londres, 1802, p. 133.

encore usités en les faisant précéder du qualificatif d'oriental. C'est ainsi que nous avons la topaze orientale, le rubis oriental, l'améthyste orientale, l'émeraude orientale et l'aigue-marine orientale.

C'est Romé de Lisle, un des fondateurs de la cristallographie, qui semble avoir été le premier à affirmer qu'il existait une relation étroite entre ces diverses formes de corindon; mais ce n’est qu'en 1798 que l'hon. Charles Gréville! désigna et décrivit sous le nom de corindon la forme cristallisée de l'oxyde d'alumine. Dans un appendice du même mémoire, le comte de Bournon, traite complétement et clairement de ses propriétés cristallographiques. Hâuy fut le premier (1805) à réunir formellement les trois variétés sous le nom généralement admis maintenant pour

l'espèce.

VARIÉTÉS DE CORINDON.

Il y a trois variétés de corindon connues et utilisés dans les arts. Jusqu'au début du dernier siècle ces trois variétés étaient encore regardées comme trois espèces distinctes. On admet actuellement que ces trois sortes de corindon ne sont que des variétés d’un même minéral, différant entre elles uniquement par leur pureté, leur mode de cristallisation ou leur structure; ce sont: 1° Le saphir; 2° Le corindon; 3° L'émeri.

1° Le saphir comprend les variétés transparentes ou translucides d'une belle couleur et utilisables en joaillerie. On a pris l'habitude de distinguer ces gemmes d’après leur couleur. C'est ainsi que le rubis véritable ou oriental est rouge; le saphir est bleu; la topaze orientale est jaune; l’émeraude orientale est verte; l'améthyste orientale est pourpre. Le saphir étoilé (astéria) est une variété qui donne une étoile à six pointes quand on regarde le cristal dans le prolongement de son axe vertical. Werner avait donné le nom de Salamstein au saphir bleu de Ceylan. La barklyite est un saphir d’un bleu magenta ou un rubis plus ou moins opaque venant de Victoria, Australie; le nom a été donné par Liversidge.? Le chlorosaphir est une variété d'un vert foncé qu'on trouve en ‘“‘bombes’’ dans un gneiss à sanidine, au milieu de vieux tufs trachytiques de Kônigswinter sur le Rhin.

2° Corindon Sous le nom de corindon on comprend les variété sans éclat et opaques, dont la couleur peut être brune, blanche grisâtre, verdâtre, bleuâtre pâle, ou brunâtre.

Le spath adamantin original, venant des Indes, a une teinte allant du grisâtre foncé au brun de fumée (chatain) ; mais en lumière transmise, quand il est translucide, il est verdâtre ou bleuâtre. D'après King, la pierre d'Arménie serait plutôt du corindon que de l’émeri.

5 Les pierres à corindon d'Asie—Phil. Trans. Roy. Soc. Londres 1798, p. 405. : Mines N.S.W. 1888, p. 198.

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3° L'émeri est un mélange intime de corindon granulaire avec de la magnétite ou de l’hématite, la magnétite étant dominante. C'est une substance noire ou noir grisâtre, parfois bigarrée. Elle contient quelquefois beaucoup de spinelle ferrugineux (pléonaste ou hercynite). Les autres impuretés sont de la tourmaline, des chloritoides, de la muscovite, de la margarite et de la calcite; elles n'ont aucune importance, Le bel émeri de Naxos est d'un gris foncé, tacheté ou rubanné par des grains disséminés de corindon pur. L'émeri de Samos est d’un noir bleuâtre uniforme, tandis que celui de Naxos a souvent une structure lamellaire. Le mélange de corindon et de magnétite est souvent si intime qu'il est généralement impossible de les séparer industriellement. La texture de l’émeri est variable depuis le grain fin et uniforme jusqu'aux variétés où de corindon se présente en cristaux distincts. Parfois le spinelle de fer est si abondant que l'émeri prend le nom d'émeri spinelle: il est plus tendre et par conséquent inférieur comme abrasif à l'émeri corindon.

La plus grande partie des matériaux que fournit l'Ontario tombent dans la deuxième division, mais on peut espérer, d’après certains cristaux particulièrement transiucides et riches de couleur qu'on a trouvés dans l’anorthosite à corindon des environs de la rivière York, que l'on découvrira un jour des pierres utilisables en joaillerie. Dans les procédés de concentration on obtient un mélange intime de magnétite et de corindon qu’on peut classer parmi les émeris.

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