DÉTERMINATION DU CORINDON DANS UN MINERAI
La plupart de ces analyses de corindon, surtout celles de corindon canadien, ont été faites avec des matériaux purs, généralement avec des cristaux. Quelquefois les analyses commerciales de corindon indiquent l'alumine totale, y compris celle des minéraux alumineux qui accompagnent le corindon comme impuretés, de sorte qu’une haute teneur en alumine n'implique pas nécessairement une haute teneur en corindon.
Pratt! dans son rapport sur les ‘“‘Progrés de l’industrie de l'émeri et du corindon en 1901” mentionne la méthode suivante pour déterminer la quantité de corindon dans un minerai; cette méthode qui s'est montrée jusqu'à présent satisfaisante, est employée par Bratt et Boltwood, de New Haven, Connecticut.” La substance est broyée dans un mortier de fer de façon à passer au tamis de 14 mesh puis échantillonnée. On attaque deux grammes par l’acide chlorhydrique au bain-marie pendant deux heures. L'inattaqué est filtré, séché et fondu pendant une demi-
*Minéral Industry, Vol. X, 1891, p. 18. Le corindon et les péridotites de l'ouest de ia Caroline du Nord. N. C. Geol. Survey Vol. I, 1905, p. 177.
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heure avec six grammes du mélange de carbonates (deux de CO; Na, pour un de CO; K:) dans un creuset de platine sur un brûleur Bunsen ordinaire. La masse fondue est traitée à l’eau chaude et le liquide obteuu est décanté sur firm. Le résidu est alors traité par de l'acide chlorhydrique en grand excès et la solution passée sur le même filtre. Le papier filtre est séché et calciné en capsule de platine. Le résidu insoluble à l’acide est ajouté dans la capsule et le tout est traité pa l'acide fluorhydrique concentré. L'excès d'acide est enlevé par évaporation au bain marie. On reprend le résidu par l'eau chaude et on le verse sur un papier sans cendres. On sèche, brûle en capsule de platine, calcine, refroidit et pèse. L'augmentation de poids de la capsule de platine (résidu) est du corindon pur.
M: M. F. Connor de la Commission géologique du Canada qui, plus que personne peut-être, a une heureuse pratique des analyses de ces roches à corindon, recommande la méthode suivante:
Après pulvérisation de l'échantillon sous un marteau d'acier dur, pesant par exemple 3 livres, et sur une surface d'acier dur, par exemple une plaque de 5 pouces par 5 pouces, par 1 pouce, on réduit en poudre fine dans un petit mortier d'agate. On pèse un gramme qu'on calcine pendant 10 minutes dans un creuset de platine et qu'on met ensuite dans une capsule d'évaporation en platine d’une contenance de 200 cc. par exemple. On ajoute de l'eau 10 c.c. d'acide fluorhydrique, et 5 pour cent d'acide sulfurique, et on évapore au bain-marie jusqu'à ce que la roche soit entièrement uécomposée et que toute la silice soit partie. On dilue, ajoute un peu d'acide chlorhydrique s’il est nécessaire de faire passer des sulfates en solution; on laisse reposer, on filtre, lave, calcine et pèse à l’état de corindon. Après quelques analyses on se rend bien compte du moment ou la roche passe en solution. Il faut broyer fin, mais pas trop. Si on veut une analyse précise, il faut se rappeler que le corindon enlève de l’agate au mortier et au pilon pendant le broyage, et que cette agate se mêle à l'échantillon. On peut tenir compte de cette surcharge en pesant avec soin le mortier et le pilon avant le broyage et en répartissant la perte de poids sur le nombre total de grammes qui ont passé dans le mortier.
Si on veut analyser le corindon lui-même il est nécessaire de l'attaquer au bisulfate de potasse.
Quand on pèse à l'état de corindon, il y a une perte par suite d'une légère attaque du corindon par les acides fluorhydrique et sulfurique. Cette perte peut se déterminer en analysant, avant et après traitement par ces acides, des cristaux purs de corindon, et en tenant compte en même temps de la correction nécessitée par l'usure du mortier donnant, comme nous l’avons vu, une surcharge de silice.
Dans l'analyse du corindon proprement dit, on obtiendra de bons résultats en faisant deux séparations à l'acétate et une précipitation par l'ammoniaque qui séparera toute l’alumine contenue dans les filtrats. On pourra alors déterminer la chaux et la magnésie. Si le but qu'on sæ propose donne une certaine latitude, on pourra déterminer approximativemen l'alumine en soustrayant de cent, l’eau, le fer, la chaux, la magnésie et la silice; on évitera ainsi un lavage toujours long du précipité d'alumine extrêmement volumineux.
Il existe un autre moyen de déterminer la pureté des échantillons commerciaux, de grains de corindon, par la photographie aux rayons X de Rüntgen. Delter! a montré que le rubis, le spinelle et le grenat peuvent se distinguer l’un de l'autre par leur plus ou moins grande facilité de pénétration par les rayons X. C'est ainsi que le rubis et les autres variétés de corindon sont pratiquement transparents, (degré 2 de Doelter); le spinelle est à peine transparents, (degré 5) et le grenat presque opaque, (degré 7) aux rayons X. Miller’ a fait un certain nombre de photographies aux rayons X montrant la transparence des grains de corindon. Comme contraste, il présenta une photographie aux rayons X de soidisant grains de rubis corindon venant du sud des États-Unis, et qui étaient probablement du grenat; les grains étaient presque opaques.
STRUCTURE CRISTAI LINE.
Le corindon cristallise dans le système rhomboédrique, (division du système hexagonal). Quand les cristaux sont bien développés, ils sont généralement des prismes à six faces, souvent terminés par une pyramide à six pans, et de temps en temps par des plans de base. La plupart des cristaux trouvés dans l'Cntario, surtout ceux de la syénite à néphéline, ont des contours relativement nets et parfaits; souvent les extrémités sont appointées, ce qui donne au cristal un aspect caractéristique de cigare. Les faces de la pyramide et des prismes ont très souvent des stries ou des sillons horizontaux plus ou moins profonds. Les plans de base, c'est à dire les troncatures des extrémités, sont également fréquemment rayées à 120°, c'est à dire parallèlement aux plans de cassure (pseudoclivages) rhomboëèdriques, ou encore divisées en secteurs par des rayons issus du centre. (Voir planches XVII, XVIII, XIX).
Certains cristaux fournis par la syénite rouge ont un aspect tabulaire que Lagorio?. considérait comme un caractère propre au corindon Pyrogénétique. Beaucoup d'individus, surtout les petits grains qu’on trouve dans les plaques minces au microscope, ont un contour extrême-
1 Neues Jührbuch für Min. etc., 1896, Vol. II, p. 87.
*Ann. Rent. Bur. of Mines, Ontario, Vol. VIII, 1899, p. 217.
Prof. A. Lagorio “Pyrogener Korund dessem Verbreitung and Herktünft” Zeit, für Kryst. XXIV, pp. 285-296, 1895.
ment irrégulier, et sont entourés d'une frange plus ou moins continue et plus ou moins épaisse de muscov.te à teinte délavée, donnant de bril. lantes couleurs de polarisation.
Ces anfractuosités de surface sont dues, pour beaucoup de grains du moins et ainsi que nous l'avons déjà expliqué, à des actions corrosives du magma. Les macles pénétrantes sont rares, tandis que les macles à répétition sont fréquentes; ces dernières sont parallèles au rhomboëèdre et donnent naissance aux pseudo-clivages et aux structures lamellaires si fréquentes. Le corindon “parfait” comme le saphir et les autres gemmes, a une cassure conchoïdale, analogue à celle du quartz, et ne présente presque aucune trace de plans de clivage. Au contraire, les variétés foncées de l'Ontario ont tendance à se briser suivant trois directions parallèles à certains plans de cristallisation. Tel est par exemple le plan de base, parfois les plans parallèles aux faces du rhomboèdre, parfois encore, mais moins fréquemment et moins nettement, les plans parallèles ou prismes hexagonaux. Le prof. Judd' a montré que ce sont en réalité des plans de cassure et non pas des plans de clivages véritable; ces directions de plans de glissement et aussi de macle, sont en même temps des directions de “plans de solutions.” C'est en effet parallèlement à ces plans que le minéral subit certaines transformations chimiques. C'est par ces plans qu'on explique l'éclat perlé qui est surtout fréquent dans les variétés claires, ou encore l'éclat métallique bronzé si net et si caractéristique des soi-disant plans de clivage. Les efforts mécaniques auxquels la roche encaissante a été soumise ont contribué sans doute pour beaucoup à la formation et à la différenciation de ces plans; c'est à eux, en partie, qu'il faut attribuer le fait que les corindons de l'Ontario sont des variétés imparfaites, ou communes, plutot que des variétés parfaites qui constituent les pierres précieuses.