‹ Le corindon, gisement, distribution, exploitation et usages [microforme]Chapitre 55 sur 131 · PROPRIÉTÉS OPTIQUES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS OPTIQUES

Le polychroïsme est fortement marqué dans les variétés très colorées, notamment dans les rubis et les saphirs. Les rayons X de Roentgen, permettent de distinguer les gemmes du corindon non seulement des autres pierres qui leur ressemblent, mais encore des pierres artificielles. Doelter a classé les minéraux d'après leur perméabilité aux rayons X; le diamant est le plus perméable, puis vient le corindon. Aussi la perméabilité du saphir et du rubis permet de les distinguer des grenats spinelles et des autres gemmes ayant le même aspect. Le corindon est uniaxe et négatif; il possède un grand indice de réfraction mais une faible biréfringence. Les bonnes coupes minces ne donnent pas de couleurs de polarisation dépass\nt le rouge du premier ordre.

Les bonnes coupes minces sont toutefois assez rares à cause de la dureté particulièrement grande du corindon par rapport aux minéraux environnants. Ces derniers peuvent être suffisamment minces, alors que les grains de corindons sont en fort relief, ainsi qu'on s’en assure en enlevant le couvre objet de la plaque, par :îte de leur plus grande résistance aux opérations de polissage. Il . résulte que le corindon parait avoir un plus grand indice de réfra;n et une plus forte biréfringence qu'il n'a en réalité. La plupart us coupes minces présentent donc de brillantes couleurs de polarisation en nicols croisés.

La biréfringence n’est que de 0-008 à 0-009 soit à peu près celle du quartz.

ALTÉRATION DU CORINDON.

La plupert des corindons de l'Ontario sont pratiquement purs, sur ut si on se place au point de vue de ses emplois industriels. Cependant la disparition de la transparence, et le développement de plans de pseudoclivages proviennent nettement de la formation de minéraux étrangers, (alumineux); qui, pour la plupart, apparaissent en minces pellicules envahissant le corindon et rempiaçant ce dernier par une substance tendre et de moindre valeur. Le minéral qui accompagne le plus abondamment et le plus intimement le corindon de l'Ontario est

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une très belle et très pure muscovite d'un éclat perlé (voir planches VII, XX et XXI). On voit très bien tous les degrés de remplacement du corindon par la muscovite, depuis les gisements dans lesquels des cristaux de corindon relativement purs sont envahis ou entourés par des pellicules ou des écailles de muscovite, jusqu'aux individus de cor'ndon entièrement transformés en muscovite. Les circonstances qui ont amené cs remplacements ou ces sortes de décompositions n'ont jamais été expliquées d'une façon satisfaisante, d'autant plus que ces phénomènes sæ rencontrent fréquemment dans des roches relativement saines, alors que les autres minéraux environnants n'ont subi que des changements imperceptibles ou nuls. De plus on sait parfaitement que le corindon est une des substances les plus inaltérables aux agents atmosphériques ordinaires; les gisements de l'Ontario en ont donné des preuves convaincantes.

Il semblerait toutefois que, dans la plupart des cas, les minéraux associés au corindon et décrits comme des produits d'altération ou de décomposition soient en réalité des minéraux indépendants qui se seraient développés à la suite des mêmes phénomènes, ou de la même série de phénomènes que le corindon lui-même. On peut penser que les premiers minéralogistes qui se sont occupés de l’origine du corindon ont accordé trop d'importance au côté chimique de la question, et ont négligé presqu'entièrement la question des accociation minérales et des relations des divers gisements avec les roches encaissantes.

Le D' F. A. Genth a étudié en détails les produits d’altération du corindon dans une série d'articles publiées dans plusieurs journaux scientifiques.! Cet auteur prétend que, grâce aux divers sels dissous dans les eaux de circulation, il est possible de modifier la décomposition du corindon de façon à obtenir un nombre considérable de minéraux nouveaux; il en conclut que tous les produits de décomposition sont d'origine épigénétique. Sa liste comprend: gibbsite, spinelle, tourmaline, cyanite, fibrolite, andalousite, pyrophyllite, muscovite, paragonite, chloritoïde, margarite, zoisite, diverses vermiculites et chlorites, et même les feldspaths associés. Bien que le D’ Genth ne soit pas très affirmatif en ce qui concerne la transformation du corindon en feldspath, il affirme que “dans certains cas, du feldspath s'est formé à partir du corindon et qu'il st très probable que beaucoup d'etre eux se sont formés au moment même où une partie de l'alumine recristallisait à l'état de corindon, si bien qu'on trouve maintenant du corindon empâté dans urf ciment de feldspath.”

}Corundum “Its Alterations and Associated Minerais”” Con. Lab. Univ. Penna. n° 1, 1873. Proc. Am. Soc. Phila. Vol. XIII, 1873, pp. 361-406, Vol. XIV, 1874, pp. 216-218, Vol. XX, 1882, p. 381-404, Am. Jour. Sc. 3ème Série Vol. VI, p. 461-462.

Cha tard! dans les conclusions de son étude sur l'origine du corindon de Corundum Hill, N.C., déclare “qu'il est difficile de ne pas admettre que la chlorite trouvée actuellement dans la vermiculite, n'est pas le résidu d'une transformation qui aurait transformé le reste en vermiculite." Plu: tn … lement, il a signalé que ‘la damourite et la margarite se ren con” : ten : nveloppes autour du corindon et avec des contours extérieurs repr vivait étroitement la forme du cristal interne, si bien qu'on peut pi": facement l'ensemble pour une véritable pseudomorphose; cep:ndant ce deux minéraux accompagnent le corindon dans des con. dita: 1cil + nu'il est difficile de concevoir que les premiers dérivent du sec oi :

n peut -n de zutant des feldspaths calcosodiques associés qui, en y ral L.ésc..tent toutes les apparences d'une gangue et non d'un prod it de ::’c. "position."

Nous avor. dit, en y insistant, que le corindon est un des minéraux les plus inattaquables, ne subissant aucune ou presqu'aucune décomposition des agents atmosphériques. 11 est insoluble dans les acides les plus forts, qui n'ont, en fait, aucune action sur lui. Thugutt* a trouvé que le corindon absorbait un peu d'eau aux environs de 230° et qu'après 336 heures, de traitemer.t à cette température, il avait gagné 5:14 pour cent d'eau de combinaison. Même à 100° à la pression atmosphérique, la corindon absorbait de l'eau. Une longue digestion avec Si:0,K; donna une substance ayant la composition de l'orthose; le silicate de soude donna une substance voisine de l'analcime. Par l'eau seule le corindon peut se transformer en diaspore (Al:03, H: O) un de ses compagnons le plus fréquent.

On peut donc admettre que, si certains minéraux associés au corindon sont certainement secondaires, ils ne proviennent pas nécessairement d'une transformation directe du corindon. L'enveloppement d’un rinéral par un autre n'implique pas forcément que le deuxième dérive du premier. Hunt* en commentant les résultats des recherches de Genth sur le corindon et ses associations minérales insista beaucoup sur le fait que tous les phénomènes décrits ne sont que des exemples d'associations minérales et d’enveloppement.

On ne peut raisonnablement pas mettre ces transformations sur le compte des agents atmosphériques. D'un autre côté tout indique, quand on fait une étude critique complète des gisements de l'Ontario, que ces altérations apparentes se relient à certaines phases de l'activité pneumatolitique qui acccmpagna la solidification du magma. Les termes extrêmes de ces altérations se voient surtout bien dans les variétés grossières ou pegmatitiques des syénites à néphéline, mais les

1 Buli. 62, U.S.G.S. 1888, pp. 62-63.

2 Mineralchemische Studien, Dorpat, 1891, p. 104. s Proc. Nat. Hist. Soc. Boston, Vol. XVI, 1873, pp. 332-335.

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exemples ne manquent pas dans les syénites à grain fin. En fait le phénomène semble être analogue à celui des “bordures de réaction" qui entourent si souvent certains minéraux de première cristallisation de beaucoup de roches ignées. C'est ainsi que Williams! signale que, dans le gabbro à hypersthène du district de Baltimore, le diallage et l'hypersthène sont tous deux entourés d'une double couronne de hornblende interposée entre le pyroxène et le feldspath et due à une réaction mutuelle : ces deux minéraux; la partie interne de la couronne est fibreuse, la partie externe est homogène. C'est apparemment le début d'un phénomème qui À la longue aurait complètement transformé le pyroxène en hornblende verte, Adams’ a remarqué que dans les norites de la région du lac St-J :an, une double frange d'hypersthène et de hornblende s'est logé entre le plagioclase et de l'olivine, de sorte qu'en allant de l'olivine au plagioclase il y & un enrichissement progressif en chaux et un appauvrissement parallèle en magnésie. Williams explique que ces bordures se sont produites avant la solidification complète de la roche à partir du magra liquide, Le vorindon de l'Ontario s’altère toujours en muscovite et ce dernier minéral peut être considéré au point de vue chimique comme de l'orthose + du corindon + de l'eau. Morozewicz a montré qu'un magma qui, en se solidifiant donnerait naissance à une syénite sodique, a la propriété de dissoudre l'alumine et de la laisser recristalliser complétement au refroidissement. On admet que tous ces magmas acides contiennent beaucoup d'eau chars{: de minéraux divers qui jouent le rôle de bases et qui se substituent à la putasse ou à la soude comme dans les micas. La présence d'eau et d'un excès d'alumine dans le magma doivent empêcher, dans ces conditions, toute formation simultanée de sillimanite et de corindon. Quand le corindon se fut séparé de a masse et que l'eau se fut en partie dissipée, le magma résiduel dut endre à se rapprocher, par sa composition, d'ure masse de feldspath plus ou moins chargée d'eau. À ce moment, il! se produisit un changement de condition; le magma résiduel attaqua le corinéon et le fit passer en partie en solution. Le magma hydrofekispathique absorbant alors l’alumine provenant du corindon, donna naissance à de la muscovite qui cristallisa autour du corindon, d’après la formule suivante:

K:0, Al Os, 65103 + 2Al:30s = 2H30+ K:C. 2H30, 3Al:Oy 6Si0s

cithoclase + corindon = eau + muwscovite

On expliquerait de la même facon la prédominance marquée des altérations analogues dans les facies pegmatitiques des syénites, car cest dans les résidus de différenciation magmatique que l'eau joue surtout un grand rôle dans les phénomène: de cristallisation.

Am, Jour. Sd, XLIII pp. 515-518 (1892). Jour. de Céol. T2 72-710. (1803). ‘Lan. Rec. Sc. (1891) p. 357, Zsrkel. Lehr. der Pet. : ind 360; arker, Pétrographie pour les Étudiants, p. 74.

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