EXPRESSIONS DANS L'AUDITION, ETC
preiid des expressions très-variées et qui rendent parfaitement la douceur ou la force de la sensation, le degré du plaisir qui Taccompagne, ou la répugnance, l'horreur qu'il nous cause. Ici, comme dans l'audition, les mouvements sympathiques se joignent aux mouvements directement produits dans les organes affectés. Quand le goût est enjeu, presque toujours les expressions se confondent ; car il est rare qu'à la saveur ne se joigne pas un arôme qui complète son mérite ou la rende encore plus insupportable. Mais, qu'il exprime la satisfaction ou l'antipathie, le jeu de la physionomie, dans les sensations de cet ordre, n'a jamais rien d'élevé, souvent même il dévoile un certain abaissement de l'individu ; c'est que la vue et l'ouïe sont en rapport immédiat avec les facultés les plus précieuses de l'intelligence, tandis que le goût et l'odorat parlent surtout aux appétits matériels. Il ne faut pas, cependant, juger trop sévèrement la jubilation d'un gourmet assis devant une bonne table : le meilleur compliment qu'il puisse faire à son hôte, c'est de se montrer digne appréciateur d'un repas exquis. Vous verrez dans un instant l'esprit, vivifié par cette douce influence, animer les yeux de votre convive d'un trait lumineux qui vous fera pardonner facilement à sa bouche ce qu'elle a d'un peu sensuel.
C'est par le sens du tact que nous acquérons la notion certaine de la forme des corps, de la distance, de la résistance, du poids, de la température, etc. De plus, ce sens confirme le témoignage de nos yeux et joint ses impressions à celles de la vue, souvent d'une manière effective et toujours par la pensée.
Le toucher produit donc en nous des mouvements
d'expression en rapport avec nos sensations tactiles ou visuelles, et ces mouvements sont tantôt directs, comme dans l'effort, tantôt sympathiques et signalant l'impression produite à la peau. Enfin le toucher est l'origine des mouvements symboliques par lesquels nous exprimons la pensée de rapprocher ou d'éloigner de nous un objet. C'est encore à ce sens que se rapporte le geste dont nous accompagnons nos paroles. Nous affirmons un fait en appuyant de la main comme pour poser solidement un corps; nous nions, en écartant la proposition erronée ou mensongère ; nous exprimons le doute en tenant la main suspendue et comme hésitant à prendre ou à repousser. Qu'un être chéri nous quitte ou que nous le revoyions après l'absence, la main s'étend vers lui comme pour le retenir ou le rapprocher de nous plus promptement. Qu'un récit ou une hypothèse nous révolte, nous i^s repoussons vivement du geste comme de la pensée. Dans l'adieu amical, nous envoyons à travers 1 espace nos vœux à celui qui en est Tobjet ; quand l'adieu exprime l'inimitié, d'un mouvement brusque, nous brisons tout lien. La main ouverte se porte en arrière pour témoigner la crainte ou l'horreur, comme pour éviter le contact; elle va au-devant de la main amie ; elle s'élève suppliante dans la prière vers celui dont elle attend le secours ; elle caresse avec amour la joue satinée de l'enfant et se pose sur sa tête pour appeler la bénédiction du ciel, en un mot, le toucher, réel ou imaginaire, vient sans cesse ajouter un trait à la physionomie.
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