‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 28 sur 265 · MÉCANISME DE LA LOCOMOTION · texte numérisé non relu

MÉCANISME DE LA LOCOMOTION

la moins fatigante et la plus stable, c'est aussi la plus élégante, celle que préfèrent les peintres et les statuaires, et que Léonard de Vinci considérait comme la plus naturelle.

Lorsque le corps se déplace, il se divise en deux sections bien distinctes; Tune qui comprend la tête, le tronc et les membres supérieurs, représente la masse a transporter; les membres inférieurs sont à la fois des appuis mobiles qui supportent le poids des parties supérieures, et des agents d'impulsion qui leur communiquent le mouvement de translation. Dans tout mouvement de ce genre, le tronc s'incline en avant et s'écarte de la verticale sous un angle d'autant plus ouvert que la vitesse de translation est plus grande, et qui varie de 5 degrés 7, dans la marche la plus lente, à 22 degrés 5 dans la course la plus rapide. Il en résulte une tendance continuelle à la chute en avant, tendance combattue par la translation des membres inférieurs dans une direction telle, que les tètes des fémurs puissent continuer à servir au tronc de point d'appui. On a comparé cet équilibre instable du tronc sur les fémurs à celui d'une baguette posée sur le bout du doigt et s'inclinant de façon que le seul moyen de prévenir sa chute, c'est de porter le doigt en avant, dans le sens où elle s'incline, et d'autant plus rapidement que l'inclinaison devient plus grande.

C'est par leur flexion et leur extension alternative que les membres inférieurs donnent l'impulsion au tronc ; ils se raccourcissent et s'allongent ainsi dans une direction inclinée à l'horizon, puisque c'est en avant et non dans la verticale qu'ils poussent le corps; il en résulte un abaissement du centre de gravité qui se rapproche

d'autant plus du sol que le mode de progression est plus rapide.

Chaque membre inférieur s'arc- boute à son tour au sol en s'étendant ; puis, l'impulsion donnée, le genou fléchit, le talon s'élève, le pied quitte le sol, et le membre raccourci par la flexion, suspendu au bassin, se dirige d'arrière en avant et vient de nouveau toucher la terre .

Dans ce mouvement, le membre, suivant MM. Weber, représente un pendule qui fléchit et oscille par la seule action de la pesanteur; suivant M. Duchenne (de Boulogne), il obéit à la contraction des muscles fléchisseurs.

Les expériences de MM. Weber ayant démontré, comme nous l'avons dit plus haut, que la tête du fémur est maintenue dans la cavité cotyloïde par la pression atmosphérique seulement, ces habiles observateurs en avaient conclu que, dans le second temps de la marche, le poids de la cuisse déterminait seul la flexion des articulations et l'oscillation des trois segments du pendule que représentait alors le membre inférieur. Fondé sur l'observation pathologique, M. Duchenne pense que la contraction des muscles fléchisseurs de la cuisse, de la jambe et du pied, est la cause réelle du mouvement du membre inférieur dans le second temps de la marche, et que l'action de la pesanteur n'y concourt que faiblement. Suivant M. Béclard, la tonicité des muscles fléchisseurs, développée par l'extension, suffirait à seconder le mouvement pendulaire du membre inférieur.

Dans la marche^ le corps s'avance sans cesser de s'appuyer sur le sol, et en accomplissant une suite de

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