SYSTÈME DE GALL
au-dessus de Toreille ; les premières, circonscrites, pour la plupart, dans des espaces très-restreints, les autres, attribuées à des surfaces plus larges. Les élèves de Gall ajoutèrent onze facultés à celles qu'il avait classées et parmi lesquelles ne figurait pas le sentiment du juste et de l'injuste, ou, comme ils l'appelèrent, ^la conscienciosité.
A ce système on objecta, que, si les saillies principales de l'extérieur du crâne, les bosses frontales, pariétales, etc., correspondent aux grandes dépressions ou fosses de l'intérieur, aucune saillie extérieure ne traduit les impressions digitales et les petites cavités de la surface moulée sur le cerveau ; que sur plusieurs points la saillie de l'extérieur coïncide avec une saillie intérieure ; que l'arcade sourcilière, où sont localisées six facultés, est plus ou moins saillante en raison, non pas du relief cérébral, mais du développement des sinus frontaux, et qu'il n'existe aucun rapport de modelé entre la table interne et la table externe du frontal, dans cette région. C'était donc à tort que Gall avait tracé sur le cerveau le siège de chaque faculté, d'après les saillies qu'il distinguait sur le crâne. On ajoutait qu'en admettant la localisation des facultés et la division du cerveau d'après cette méthode, il était peu rationnel de réunir toutes les facultés dans les régions correspondantes à la voûte crânienne, et de n'en attribuer aucune aux parties du cerveau qui ne sont pas en contact avec le crâne ou qui reposent latéralement et en avant sur sa base. Ce groupement exclusif, que rien ne justifiait, devait être considéré comme purement arbitraire.
Gall et son école invoquaient à l'appui de leur sys-
tème ranatomie comparée du cerveau; Leuret leur porta le dernier coup en montrant que l'étude du cerveau, dans Téchelle animale, est en complet désaccord avec le système du savant allemand et dément, sur tous les points, les propositions de la phrénologie.
La face se compose de quatorze os qui, par leur union entre eux et avec les os du crâne, forment les cavités où sont logés les organes de la vue, de l'odorat et du goût. Douze de ces os sont pairs et symétriquement placés de chaque côté ; ce sont : les maxillaires supérieurs, les os malaires ou os de la pommette, les os nasaux ou os propres du nez, les os unguis, les cornets supérieurs et les os palatins ; deux sont impairs, ce sont : le vomer et le maxillaire inférieur. Les maxillaires supérieurs concourent avec les os ungiiis et les os jnalaires à former la partie inférieure de l'orbite ; ils sont unis aux temporaux par les os malaires dont la saillie constitue les pommettes ; à leur bord alvéolaire s'implantent les dents, et l'espace que circonscrit l'arcade dentaire est la voûte palatine, que prolongent en arrière les os palatins. Les os nasaux forment la partie supérieure^ ou racine du nez ; au-dessous d'eux et entre les maxillaires supérieurs s'étend la cavité des fosses nasales que sépare en deux une cloison dont le vomer fait partie. Les cornets supérieurs , articulés avec les maxillaires^ contribuent à multiplier les anfractuosités des fosses nasales, où se ramifient les nerfs olfactifs.
Le maxillaire inférieur est primitivement composé de deux os, qui se soudent de bonne heure au point nommé la symphyse du menton ; à son bord alvéolaire s'implantent les dents ; les branches de l'os font avec son corps un angle droit, angle de la mâchoire, et, à leur extré-
os DE l.A FACE.
mité supérieure, se divisent en deux apophyses : le condyle, qui s'articule avec la cavité glénoïde de l'os temporal, et l'apophyse eoronoide^ où s'insère le tendon du muscle temporal, un de ceux qui rapprochent la mâchoire inlérieure de la supérieure dans la trituration des aliments.
Ce squelette aux reliefs bizarres et heurtés, ce type de la mort disparaît sous les muscles et les téguments qui le revêtent d'une enveloppe élégante. Les paupières voilent l'orbite et protègent l'œil, surveillant attentif €t investigateur du monde extérieur, admirable instrument qui permet au cerveau de contempler les scènes de la création et d'exprimer ses impressions les plus vives. Le nez recouvre les organes de l'odorat, qu'il complète en ménageant leur sensibilité ; les lèvres se mo dèlent au-devant de la bouche et sont à la fois un organe de préhension, une barrière docile et infatigable, un instrument nécessaire à l'articulation des sons, et un des mimes les plus expressifs parmi ceux qui concourent à la physionomie. La conque de l'oreille entoure le conduit auditif, y rassemble les ondes sonores et donne de l'expression à la tête. Les cheveux, les sourcils et les cils protègent le crâne et l'œil contre les agents extérieurs en même temps que leurs nuances, leurs courbes et leurs ondulations contribuent singulièrement à la beauté de l'ensemble. Enfin la peau de la face s'anime des teintes les plus délicates ou se revêt de tons vigoureux et de cette admirable carnation qu'a si bien rendue le pinceau des Vénitiens.