DIGESTION. — ABDOMEN
conditions individuelles ; c'est une sensation, agréable d'abord, mais qui bientôt devient une torture, une succession de douleurs atroces et d'anéantissement physique et moral. La faim a de terribles annales dans la science et dans l'histoire ; on a dit avec trop de raison qu'elle est mauvaise conseillère, mais celui qui peut l'apaiser chaque jour doit y trouver un utile avertissement de penser à ses semblables plus malheureux que lui.
La soif est une sensation pénible dès son début et se supporte moins longtemps que la faim, car elle implique nécessairement la privation de tout aliment liquide, et l'épuisement est beaucoup plus prompt dans ces conditions que chez l'homme privé d'aliments solides mais pouvant, à l'aide d'un peu d'eau, prolonger sa vie quelques jours de plus.
Les organes de la digestion sont, pour la plupart, contenus dans l'abdomen, dont nous allons donner une idée sommaire.
Cavité abdominale. Cette cavité, la plus grande du corps, est située au-dessous de la poitrine, dont la sépare le diaphragme, et s'étend jusqu'à l'extrémité du tronc. On y distingue plusieurs régions qui sont : 1*^ dans la partie supérieure, Vépigastre^ répondant à ce qu'on nomme le creux de l'estomac, et les deux hypochondres^ qui, de chaque côté de l'épigastre, remontent sous la double voûte du diaphragme et sous les cartilages des côtes (hypo^ sous; chondros, cartilage); 2^ dans la partie moyenne, \si région ombilicale et les flancs; 3° dans la partie inférieure, Vhijpogastre
OU bas-ventre, et les fosses iliaques^ circonscrites par les os du même nom. Les parois de Tabdomen sont en grande partie constituées par des muscles et des aponévroses ; la colonne vertébrale et les os du bassin concourent à les former; quant aux côtes inférieures, elles n'ont avec la cavité abdominale qu'un rapport médiat et résultant de son emboîtement dans la base de la poitrine.
La cavité de l'abdomen est tapissée par une membrane séreuse, le péritoine.
Comme toutes celles du même genre, cette membrane est formée de tissu cellulaire ou lamineux et de fibres élastiques ; sa surface libre est couverte d'un épithélium, sorte d epiderme^ dont la grande résistance lui permet de subir les frottements continuels qui résultent du mouvement des organes; enfin, comme tou tes ses congénères, c'est un sac sans ouverture, replié sur lui-même dans sa profondeur et par conséquent à double paroi. L'espace compris entre ces deux parois est vide, leurs surfaces correspondantes frottent librement l'une contre l'autre
Fig. 22.— Coupe sur la ligne médiane du tronc et de ses cavités.
A Cavité de la poitrine.
B Diaphragme.
C Cavité de l'abdomen.
D Colonne vertébrale.
E Canal rachidien.