ISTHME DE L'ENCÉPHALE
présente une disposition telle que, si l'on divise le cervelet dans le sens vertical, on voit les trois substances qui le constituent former une série de ramifications partant d'un tronc commun et qu'on a nommées arbre de vie (fig. 54, page 164). Au noyau central aboutissent ]es pédoncules du cervelet, au nombre de trois de chaque côté, et qui le rattachent aux autres régions de l'encéphale. Vers le point où ces régions se réunissent existe une cavité que les pédoncules cérébelleux circonscrivent en partie et qu'on nomme le quatrième ventricule ou ventricule du cervelet. Il communique avec le troisième ventricule du cerveau par V aqueduc de Silvius.
Isthme de r encéphale. On nomme ainsi une partie de la masse encéphalique, intermédiaire au cerveau, au cervelet et au bulbe rachidien. C'est le point d'union des trois grandes divisions du centre nerveux. Il comprend la protubérance annulaire, les pédoncules du cerveau et du cervelet, les tubercules quadrijumeaux et la valvuve de Vieussens.
A la base de l'encéphale on remarque une saillie convexe, qui paraît embrasser comme un large anneau les pédoncules du cerveau et du cervelet, et recouvrir comme un pont les expansions du bulbe rachidien vers ces pédoncules. C'est h protubérance annulaire om pont de Varole. La protubérance est le centre de convergence ou d'émergence des faisceaux nerveux qu'elle semble recouvrir; en arrière elle se continue avec le bulbe, en avant avec les pédoncules du cerveau, latéralement avec les pédoncules du cervelet. Sa face inférieure, qui repose sur l'apophyse basilaire de l'occipital, présente des fibres dirigées transversalement. Elle est déprimée
en gouttière sur la ligne médiane et parfaitement symétrique.
A la face supérieure de Tisthme on voit quatre saillies mamelonnées; ce sont les tubercules quadrijumeauXj en arrière desquels, et entre les pédoncules supérieurs du cervelet, s'étend une lame mince de substance nerveuse qu'on nomme la valvule de Vieussens ; elle contribue à circonscrire le quatrième ventricule.
Bulbe rachidien ou moelle allongée. On nomme ainsi le renflement qui forme l'extrémité supérieure de la moelle épinière. Dirigé en avant et en haut, le bulbe répond par sa face antérieure à la goutlière basilaire de l'occipital; postérieurement il est reçu dans une dépression du cervelet. Bien qu'il soit contenu dans le crâne, le bulbe rachidien doit être étudié en même temps que la moelle dont il fait partie.
Moelle épinière. On désigne sous ce nom la partie rachidienne du centre nerveux; c'est une tige nerveuse, blanche, cylindroïde, symétrique, contenue dans le canal vertébral ou rachidien, qu'elle ne remplit pas complètement, et où la .lixe de chaque côté le ligament dentelé. Elle se continue par le bulbe rachidien avec l'encéphale. Terminée en pointe à son extrémité inférieure, elle augmente rapidement de diamètre et forme le renflement lombaire, ainsi nommé de la région qu'il occupe; dans la partie dorsale, elle diminue de grosseur, puis augmente de nouveau en approchant du cou et présente le renflement cervical; enfin elle se resserre encore vers le milieu de la région cervicale
DULBE. — MOELLE ÉPINIÈRE.
pour se renfler une troisième fois à son extrémité supérieure, constituée par le bulbe rachidien.
En avant et en arrière, la moelle offre dans toute sa longueur une scissure ou sillon médian^ qui la partagerait en deux moitiés distinctes, sans une lame de substance blanche, intermédiaire à la fois aux deux scissures et aux faisceaux médullaires de droite et de gauche. Cette lame, parsemée de trous destinés au passage des vaisseaux, est la commissure perforée.
Le sillon médian antérieur est recouvert en haut par Fentre-croisement de faisceaux nerveux qui vont obliquement d'une moitié à l'autre de la moelle, et dont nous parlerons tout à l'heure. Le sillon postérieur disparaît insensiblement, comme l'antérieur, vers l'extrémité inférieure de la moelle; à l'extrémité supérieure et au point oii commence le bulbe rachidien, il s'ouvreà angle aigu. Sa disposition rappelle celle d'nn bec de plume à écrire, d'où le nom de calamus scriptoriiis donné à cette partie de la moelle allongée.
Chacune des moitiés de la moelle, séparée deTautre par les sillons que nous venons d'indiquer, est composée de deux cor doîis ou faisceaux; l'un, postérieur, donnant naissance aux racines postérieures desnerfs, l'autre, antérieur, d'où sortent les racines antérieures. Ces cordons font suite aux pyramides du bulbe rachidien.
Celui-ci présente, en avant, le sillon médian qui s'y continue au delà de l'entre-croisement dont nous venons de parler ; de chaque côté du sillon se voit une éminence oblongue, ce sont les pyramides antérieures., en dehors desquelles sont deux saillies plus marquées, les olives ou corps olivâtres; latéralement on remarque un enfoncement grisâtre où se termine la ligne d'origine
des racines postérieures des nerfs spinaux, eten arrière duquel se dessine un faisceau de cordons distincts, le corps restiforme; enfin, en dehorsdes corps restiformes sont les pyramides postérieures^ limitant xie chaque côté le calamus scriptorius. Le cervelet, comme nous l'avons YU, recouvre la face postérieure du bulbe, auquel il est uni par les corps restiformes ou pédoncules inférieurs du cervelet, et qui contribue, par la cavité du calamus scriptorius, à former le quatrième ventricule.
Les pyramides antérieures se terminent, en bas, par l'entre-croisement de leurs faisceaux nerveux, et cet entre-croisement des pyramides peut être considéré comme la limite inférieure du bulbe rachidien. En haut et à leur base, les pyramides antérieures se rétrécissent et s'insèrent dans la protubérance annulaire par une sorte de collet ou d'étranglement.
Sur les côtés de la moelle épinicre, les racines antérieures et postérieures des nerfs spinaux forment deux lignes parallèles. Ces racines émergent de la moelle, mais Tanatomie ne démontre pas que leurs fibres y remontent au delà de leur point d'origine et constituent par leur réunion les faisceaux médullaires. On n'est pas encore fixé sur le mode d'union des racines nerveuses et de la moelle; bornons-nous à dire que, d'après les recherches anatomiques, la moelle paraît contenir une somme de fibres supérieure à celle des nerfs qu'elle fournit.
Ainsi, la moelle épinière, par l'expansion de son renflement supérieur ou bulbe rachidien, forme l'isthme de l'encéphale, le noyau central du cerveau et celui du cervelet, dont les hémisphères cérébraux et cérébelleux ne sont que les développements terminaux.