C, MUSCLES DE L’AVAMT-BRAS. CRAMPE DES ÉCRIVAINS
— Les muscles de l’avant-bras s ont au nombre de vingt ; ils se divisent en trois groupes : les muscles de la région antérieure (fig. 115), ceux de la région postérieure et ceux de la région externe (fig. 116).
Parmi les muscles importants de la région antérieure , on remarque le ROND PRONATEUR (7, fig. 115), le LONG SUPINATEUR (4), etles FLÉ- CHISSEURS des doigts (11). Le premier va du cubitus au radius et sert, ainsi que son nom l’indique, au mouvement de pronation ( pronare , incliner) de la main. Le long supinateur (4), est satellite de l’artère radiale sur laquelle les médecins ont l’habitude de tâter le pouls. Ce muscle a reçu un nom impropre, car il agit dans la pronation de la main et non dans la supination ( supinus , couché à la renverse). Les muscles fléchisseurs superficiels et profonds des doigts, situés profondément, se divisent, au niveau du poignet, en quatre languettes tendineuses (17) qui vont s’insérer : celles des fléchisseurs superficiels,
Fig. 117. — Insertion des tendons des fléchisseurs aux phalanges des doigts. (D’après M. Fort.) 2, Tendon du fléchisseur profond qui traverse celui du fléchisseur superficiel. — 3, Doigt. — 4, 5, 6, Filaments fibreux.
à la deuxième phalange, et celle des fléchisseurs profonds, à la troisième phalange (fig. 117). Les languettes des fléchisseurs s’anastomosent souvent entre elles, ce qui explique pourquoi il est si difficile de fléchir un doigt sans remuer les autres. A la paume de la main, les tendons du fléchisseur profond donnent attache, par leur bord externe, à quatre petits muscles dit lombricaux ( lumbricus , ver de terre) qui se confondent, par leur extrémité libre, avec celle d’autres muscles nommés interosseux, parce qu’ils occupent les espaces intermétacarpiens (fig. 120, 121). Ces deux sortes de muscles fléchissent la première phalange des doigts, tandis que le fléchisseur superficiel agit sur la seconde, et le fléchisseur profond sur la dernière. Les muscles fléchisseurs sont quelquefois affectés de spasmes douloureux chez les personnes obligées de faire un long exercice des doigts, comme les
graveurs, les fleuristes, les pianistes, les couturières, etc. ; on a donné à cette contraction spasmodique le nom de crampe des écrivains parce qu’on l’observe surtout chez ceux qui écrivent beaucoup : le chirurgien Velpeau en était atteint. Il est difficile de guérir cette affection ; les écrivains seuls peuvent y remédier par l’usage de porteplumes prothétiques (fig. 1 18).
Les muscles de la région externe de l’avant-bras, qui méritent d être signalés, sont le long abducteur du pouce, le long extenseur
Instruments propres à faire écrire les personnes affectées de la crampe des écrivains.
du pouce et le court extenseur du pouce dont les tendons forment à la racine du pouce, lorsque ce doigt est fortement redressé, un creux appelé « tabatière anatomique » (B, fig3 116), dans laquelle les priseurs mettent leur tabac.
Enfin, des muscles de la région postérieure, nous ne citerons que 1 extenseur COMMUN des doigts (13, fig. 116). Il est l’antagoniste des fléchisseurs et se termine, comme ceux-ci, par quatre tendons qui s’insèrent aux deux dernières phalanges. Ce muscle est souvent atteint de paralysie dans l’intoxication saturnine, si fréquente chez les peintres. L indicateur reçoit un extenseur spécial, I’extenseur propre de l’index auquel il doit son indépendance dans les mouvements d’extension
Les tendons des muscles de l’avant-bras sont appliqués contre les ?? Pf U.n.® Sürte d’anneau fibreux, appelé ligament annulaire du carpe (A, ng. 116), qui les maintient en position et donne à la main une puissance de traction considérable. C’est pour renforcer cet anneau ubreux que les manouvriers et les lutteurs ont l’habitude de porter autour du poignet un bracelet en cuir ou simplement un tour de corde.
d. muscles DE LA MAI*. — Les muscles de la main sont au nombre de dix-neuf, à savoir : le palmaire cutané, qui fronce la peau e a région interne de la main; quatre pour le pouce : le court abducteur (1, fig. H9), je court fléchisseur, I’opposant et I’adducfEUR , trois pour le petit doigt : 1’ adducteur (2, fig. 119), le court
LE COUPS lit MAIN.
fléchisseur et I’gpposant du petit doigt; enfin les quatre lombricaux qui, avec les interosseux, occupent la région moyenne de la main.
Les muscles interosseux sont situés entre les os iliétacarpiens. On en distingue sept : trois antérieurs ou palmaires (fig. 120) et quatre
Fig. 119. — Muscles de la paume de la main.
•> Court abducteur du pouce. — 2, Adducteur du petit doigt. — 3, Tendons du fléchisseur superficiel. — 4, Cubital antérieur. — 5, Tendon du grand palmaire. — 6, Artère radiale. — 7, Artère cubitale. — 8, 11, Arcade palmaire superficielle. — 9, 10, 12, Artères collatérales des doigts. — 13, Branche cutanée du nerf radial. — 14, 15, 16, Nerf cubital. — 17, 18, 19. 20, 21, Nerf médian.
postérieurs ou dorsaux (fig. 121). lisse confondent, en avant, avec les lombricaux correspondants (6, fig. 121), et se rendent ensemble aux tendons de l’extenseur commun des doigts. Les interosseux ont la même action que les lombricaux, qui est de fléchir la première phalange et
DE LA LOCOMOTION
d’étendre les deux dernières. Ils ont de plus pour attribution propre d’imprimer aux doigts des mouvements de latéralité : les interosseux palmaires rapprochent les doigts du médius et les dorsaux les en écartent.
Ce sont ces muscles et ceux des doigts qui donnent à la main sa grande mobilité et son extrême agilité ; grâce à ces nombreux organes, un pianiste habile peut arriver à faire plus de cent notes par minute^
Fig. 120. — Interosseux palmaires. Fig. 121. — Interosseux dorsaux.
I, 2, 3, Premier, Deuxième, Troisième inter- 1, 2, 3, 4, Quatrième, Troisième, Deuxième rosseux. — 4. Arcade palmaire profonde. interosseux. — 3, Tendon de l’extenseur qui
reçoit en 6 les lombricaux et les interosseux, et se terminent ensemble en 7. — 8, 9, 10, 11, Artères.
et un sténographe exercé peut écrire cent quatre-vingts mots dans le même espace de temps, rapidité à laquelle n’arrivent pas, paraît-il, les orateurs qui parlent avec le plus de volubilité.
B. muscles des mëmbres inférieurs. — Ces muscles comprennent ceux du bassin , de la cuisse , de la jambe et du pied.
a. muscles ou bassiiv. — Les plus importants des muscles du bassin sont les muscles fessiers (21, 22, fig. 113). Ils sont au nombre de trois, pour chaque côté, et sont désignés sous les noms de grand , moyen et petit fessier. Ces trois muscles vont de l’os iliaque au fémur ; ils sont rotateurs et extenseurs de la cuisse. Ce sont eux qui supportent le torse dans la station assise, et qui, dans la station verticale, s’opposent
à ce que le bassin soit fléchi en avant sous l’influence du poids du tronc. Dans certaines peuplades d’Afrique, ils acquièrent un développement considérable.
Les grands fessiers sont les plus volumineux de tous les muscles de l’économie.
fc. muscles de la cljisse. — Parmi les muscles de la cuisse, le couturier (25, fîg. 107) est remarquable par sa longueur, et le triceps fémoral par ses grandes dimensions. Le premier est le plus long des muscles du corps ; il s’étend de la hanche à la partie supérieure du tibia, et sert à fléchir la cuisse sur le bassin et la jambe sur la cuisse, en portant le talon en dedans ; il concourt ainsi à placer le membre inférieur dans l’attitude que lui donnent les tailleurs, d’où son nom de « couturier ». Le muscle triceps fémoral est, comme le triceps brachial, formé de trois portions, le vaste interne , le droit antérieur et le vaste externe (30, 31, 32, fig. 107), qui se réunissent à leur extrémité inférieure pour s’insérer par un tendon commun à la partie antérieure du tibia. La rotule est comprise dans l’épaisseur de ce tendon et sert à détruire le parallélisme qui, sans elle, existerait entre le tendon du triceps et les pièces osseuses du genou. Le triceps fémoral est extenseur de la jambe, et son volume est en rapport avec le rôle important qu’il joue dans l’attitude verticale. Enfin les trois adducteurs concourent à porter la cuisse en dedans. Ce sont eux qui fixent solidement le cavalier et qui permettaient à Léonard de Vinci et au chevalier de Saint-Georges d’arrêter le cheval le plus fougueux en serrant fortement les genoux.
c. mbjscl.es de ea. jambe, coui» de eobjet. — Les muscles de la jambe sont au nombre de quatorze : quatre dans la région antérieure, deux dans la région externe et huit dans la région postérieure.
L’extenseur propre du gros orteil et I’extenseur commun des orteils (37, fig. 107), qui se divisent au pied en quatre tendons, occupent la région antérieure.
Les deux péroniers latéraux, distingués en long et court, représentent les muscles de la région externe. C’est le long péronier qui se contracte surtout dans la station sur la pointe du pied ; aussi est-il très-développé chez les danseuses. Ce muscle agit de plus à la façon de la corde qui tend un arc et il concourt ainsi à former la voûte du pied ; c’est pourquoi sa contracture exagère cette action et produit le pied creux , dit valgus , parce que la plante du pied est en même temps portée en dehors, tandis que sa paralysie donne lieu à une variété de pied plat .
Les muscles de la région postérieure ou muscles du mollet comprennent, dans leur couche profonde : le fléchisseur propre du gros orteil avec le fléchisseur commun des orteils, et, dans leur couche
DE LA LOCOMOTION
superficielle, le soléaire avec les deux jumeaux interne et externe (38,fig. 107). Ces trois derniers muscles se confondent en bas et se fixent au calcanéum par un tendon résistant, appelé tendon d'Achille ; ils
Fig. 122. — Région plantaire superficielle.
1, Abducteur du gros orteil. — 2, 2, Court fléchisseur commun des orteils sectionné en son milieu. — 3, Abducteur du petit orteil. — 5, 7, 8, Nerf plantaire interne. — 4, Artère plantaire interne — 6, Nerf collatéral plantaire interne du gros orteil. — 9, Anastomose des neris plantaires interne et externe. — 10, Artère plantaire externe. — 11, 12, 13, 14, 15, 16, Nerf plantaire externe.
agissent dans l’extension du pied et sont les agents principaux de la marche. La contraction permanente du tendon d’Achille donne lieu au pied-bot, dit equin (fig. 82).
Entre le soléaire et les jumeaux, il existe souvent un muscle mince
appelé plantaire grêle, dont la rupture détermine la douleur subite et intense, connue sous le nom de « coup de fouet ». D’après M. Verneuil, cette douleur serait due à la rupture d’une veine profonde, et, suivant M. Gubler, elle dépendrait d’une simple distension de ce muscle.
d. mescees ou pied. — Les muscles du pied forment, comme ceux de la main, deux régions distinctes : une dorsale et une plantaire.
La région dorsale comprend un seul muscle, le pédieux, divisé en quatre tendons qui se confondent avec I’extenseur propre du gros orteil et Fextenseur commun des orteils (36, 37, fig. 107), dont ils partagent l’action,
La région plantaire comprend dix-neuf muscles, à savoir : quatre destinés au gros orteil, son adducteur, son court fléchisseur, son ABDUCTEUR OBLIQUE et SOn ABDUCTEUR TRANSVERSE ; deux pour le petit orteil, son abducteur et son court fléchisseur; enfin les autres occupent la région plantaire moyenne. Ces derniers comprennent les quatre lombricaux qui, comme à la main, s’attachent aux quatre tendons du long fléchisseur commun des orteils; I’accessoïre de ce dernier muscle, qui a pour but de corriger son obliquité; le court fléchisseur commun des orteils (2, fig. 122), dont la disposition et le rôle sont identiques à ceux du fléchisseur superficiel des doigts ; enfin les interosseux, qui offrent la plus grande analogie avec ceux de la main et sont au nombre de sept, comme ces derniers, quatre dorsaux et trois plantaires .
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