‹ Le corps humainChapitre 36 sur 144 · ROLE PHYSIOLOGIQUE DES CIRCONVOLUTIONS. « LOCALI · texte numérisé non relu

ROLE PHYSIOLOGIQUE DES CIRCONVOLUTIONS. « LOCALI

sations cérébrales. — En électrisant les différents points de la surface du cerveau, les physiologistes ont constaté que l’excitation de certaines zones produisait, dans une partie déterminée du corps, des réactions motrices toujours semblables. Ils en ont conclu, et les faits pathologiques viennent chaque jour confirmer leur opinion, que les mouvements de la périphérie du corps étaient placés sous la dépendance de centres moteurs cérébraux distincts les uns des autres. Ils ont remarqué que la plus grande partie de ces centres moteurs étaient groupés autour du sillon de Rolando.

Les régions motrices connues jusqu’à ce jour sont au nombre de sept (fig. 142) : celle du membre inférieur, en arrière de la scissure de Rolando ; celle du membre supérieur, à cheval sur la partie supérieure de la même scissure ; celle qui préside à certains mouvements des yeux, au niveau du pli courbe ; celle des mouvements de l’oreille externe, à la partie antérieure de la première circonvolution temporale ; celle des mouvements de rotation de la tête et du cou, en arrière de la première circonvolution frontale ; celle des mouvements de la face, en arrière de la deuxième circonvolution frontale; enfin celle des mouvements de la langue et des mâchoires, en arrière de la troisième

DE L’INNERVATION

circonvolution frontale. Déjà M. Broca avait démontré que le siège de la fonction du langage était placé sur la partie latérale du lobe frontal gauche, à la partie postérieure de la troisième circonvolution de ce lobe.

L’électricité appliquée sur un de ces centres, détermine aussitôt dans le côté opposé du corps la contraction du groupe musculaire placé sous sa dépendance. De même, si un centre quelconque est comprimé ou détruit, on observe une paralysie des muscles qui lui correspondent.

La situation des centres moteurs dans le voisinage du sillon de Rolando explique l’importance qu’il y a pour le chirurgien à savoir

Fig. 143. — Points de repère permettant de déterminer la ligne rolandique.

A, B, Plan vertical passant par le condnit auditif et le bregma B. — C, Point situé à 5 centimètres en arrière du bregma et correspondant à l'extrémité supérieure de la scissure de Rolando. D, Apophyse orbitaire externe. — D, E, Ligne horizontale, longue de 7 centi-

mètres, tirée en arrière de cette apophyse. — E, F, Ligne verticale de 3 centimètres. A un centimètre au dessous de F se trouve le point correspondant à l’organe de la parole. — F, C. Ligne rolandique.

déterminer exactement sur le crâne la ligne dite rolandique (fig. 143), qui correspond à ce sillon. On peut, en effet, guérir les paralysies dues à un abcès ou à un éclat d’os, en pratiquant l’opération du trépan pour extraire ces corps étrangers qui compriment le cerveau. Le siège de la paralysie indique celui de la lésion cérébrale. C’est ainsi que pour rendre la parole à un blessé, Broca a enlevé une collection purulente qui comprimait la troisième circonvolution frontale gauche où siège le centre du langage.

ORGAKËS SITUÉS A LA BASE BU CERVEAU. — Outre les

circonvolutions, on trouve encore à la surface du cerveau des organes nombreux et importants. Ils sont tous groupés symétriquement à sa face inférieure; ce sont d’avant en arrière :

1° Les nerfs olfactifs (15, fig. 144), qui président à l’olfaction ;

2° Les nerfs optiques (6), qui s’entre-croisent au niveau du chias ma (yja<7[A a, entre-croisement) et se prolongent en arrière sous forme de deux bandelettes dites racines blanches des nerfs optiques , les—

Fig. 144. — Face inferieure de l’encéphale dépouillée de ses membranes. — Origine apparente des nerfs crâniens.

1, Lobe antérieur. — 2, Lobe postérieur. — 3, Nerf pathétique. — 4, Nerf moteur oculaire commun. — 5, Scissure inter-hémisphérique du cervelet et vermis. — 6, Nerf optique. — 7, Scissure de Sylvius. — 8, Nerf trijumeau. — 9, Moteur oculaire externe. — 10, Nerf facial. — 11, Nerf auditif. — 12, Nerf glosso-pharyngien. — 13, Nerf pneumogastrique. — 14, Nerf spinal. — 13, Nerf olfactif. — 16, Sillon médian antérieur du bulbe. — 17, Pyramide antérieure. — 18, Nerf grand hypoglosse. — 19, Tubercules mamillaires. — 20, Corps pituitaire et tige pituitaire. — 21, Protubérance annulaire ou pont de Varole. — 22, Pédoncule cérébral. (Figure empruntée à Ÿ Anatomie de M. Fort.)

quelles se terminent par deux rendements rappelant l’aspect de deux genoux et désignés pour cette raison sous le nom de corps genouillés;

3° L’éminence cendrée OU tuber cinereum (pi. ï, ] fig. 3, H, 5),

DE LA LOCOMOTION

qui a la forme d’un triangle de substance grise sur laquelle s’insère la tige du corps pituitaire ;

4° Le corps pituitaire (20, fig. 144) est un petit organe vasculaire dont on ignore l’usage ;

5° Les tubercules mamiiiaîres (19), au nombre de deux, sont des éminences en forme de « mamelles » composées d’un noyau de substance grise et d’une écorce de substance blanche ;

6° L’espace inter-pédoneuiaire (4) est criblé d’un grand nombre de petits trous qui livrent passage à des vaisseaux capillaires. Du sommet de cet espace, on voit émerger les radicules des nerfs moteurs oculaires communs qui président aux mouvements de l’œil ;

7° Les pédoncules cérébraux, ou cuisses du cerveau (22) sont deux faisceaux de substance blanche formés par le prolongement des cordons de la moelle épinière et qui vont se perdre en s’épanouissant dans les parties profondes des hémisphères.

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