‹ Le Corps Thyroïde Des Tuberculeux: Recherches Histologiques & ChimiquesChapitre 6 sur 25 · LUE · texte numérisé non relu

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avaient ainsi opérés. Lortat-Jacob et Sabaréanu (1) observèrent l'absence d'athérome expérimental consécutif aux injections d’adrénaline chez les lapins thyroïdectomisés. Le Professeur A. Gautier (2) signale encore l'influence du corps thyroïde sur la croissance des poils el des ongles. Il montre son influence sur les règles. Il est certain d’ailleurs que le corps thyroïde influe au point de vue physiologique sur l'utérus, et c’est un fait absolument admis que l'hypertrophie du corps thyroïde au cours de la grossesse et de la lactation.

Le suc thyroïdien agit également sur la circulation. Olver, Cyon, Haskovec ont vu que son injection produit une chute de la tension artérielle par vaso-dilation et une diminution de la puissance cardiaque.

Postoeff (3) examina les modifications, qui se produisent dans la composition du sang après la thyroïdectomie. Il trouva que le poids spécifique du sang diminuait ainsi que le nombre des globules rouges et la quantité d’hémoglobine. Le nombre des globules blancs augmente, la quantité de fibrine est quelquefois doublée ; la quantité d'azote du sang complet et celle du sérum ont diminué ; au contraire cette quantité d'azote augmente dans la fibrine.

Très récemment Mlle Louise Fassin (4), dans une étude

(1) Lortar-Jacos et SaBARÉANU, Pathogénie de l’athérome artériel et thyroïdectomie. Soc. de Biol., 19 novembre 1904.

(2) A. Gaurier, Des rapports de la glande thyroïde avec les poils et les organes génitaux, Ac. de Médecine, 7 août 1900.

(3) Posrorrr, Modification dans la composition du sang chez les animaux thyroïdectomisés, Archives russes de Pathologie nerveuse de médecine clinique et de Bactériologie, 31 décembre 1896, p. 788.

(4) Meze L. Fassin, Influence de l'inoculation d'extraits thyroïdiens sur les propriétés actives du sérum, Soc. de Biol., 45 mars 1907.

très intéressante et très documentée, a étudié Les modifications des propriétés actives du sérum à la suite d’injecüons d'extraits thyroïdiens. Dans une série d'expériences sur le chien et le lapin, l'auteur trouva que l'injection d'extrait thyroïdien ou de thyroïdine était suivie rapidement de l'augmentation de la teneur du sérum en alexine. Cette augmentation se manifeste dix minutes après l'injection, atteint son maximum dans les 24 heures ; puis la teneur normale revient rapidement. Cette teneur en alexine n'est pas augmentée, si chez les mêmes animaux, on injecte soit une solution physiologique de chlorure de sodium, soit du bouillon stérilisé, soit n'importe quel autre extrait d'organe. Devant ces résultats, l’auteur conclut qu'il est bien certain que le corps thyroïde présente là une certaine spécificité, qui lui assigne un rôle important dans la défense de l'organisme.

Dans le même ordre d'idées, Marbé (1) a étudié les varlaions du pouvoir opsonique du sang sous l'influence du suc thyroïdien. Il fait ingérer à des lapins un gramme de corps thyroïde frais de mouton par kilogramme de l'animal, dose qu'il diminue les jours suivants. Sur 116 examens l’auteur vit que toujours le pouvoir opsonique du sang était très augmenté après l’opothérapie thyroïdienne. Ces expériences portaient sur le bacille de Koch, le bacille d'Eberth, le bacterium coli, le streptocoque, le staphylocoque. L'auteur fil ingérer la même dose de muscle de cheval à des animaux, pour voir si la

(1) Margé, Les opsonines des animaux hyperthyroïdés, Soc. de Biol., 13 juin 1908.

AGE simple ingestion de substance animale, n'aurait pas la même influence ; le pouvoir opsonique ne fut pas mo-

difié. Là encore la sécrétion thyroïdienne semble avoir un rôle important contre l'infection.

$ 2. — Rôle du corps thyroïde vis-à-vis des intoxications.

Mais avant d'étudier cette action du corps thyroïde dans les infections, nous allons voir en quelques mots ses relations avec les intoxications. Celles-c1 influent souvent très violemment sur le corps thyroïde. Guernieri avait signalé la sclérose thyroïdienne au cours de l’intoxication phosphorée. Roger et Garnier (1) reviennent sur cette étude et montrent que les lésions du corps thyroïde existent dans plus de la moitié des cas. Ces lésions sont caractérisées par un état clair des cellules de l’épithéhum vésiculaire. Il y a encore de la matière colloïde dans les vésicules, mais il ne s’en forme plus de nouvelle. La cellule thyroïdienne ne tarde pas à mourir, noyaux et protoplasma se nécrosent. Il n'y a pas en général de sclérose thyroïdienne, sauf si grand nombre de vésicules sont touchées. Schmiergeld (2) récemment a étudié de même les lésions produites par l’intoxication éthylique dans le corps thyroïde.

Warschauer (3) cite un cas d'intoxication iodique ayant

(1) Rocer et Garnier, Lésions de la glande thyroïde dans l’intoxication phosphorée, Soc. de Biol., 29 janvier 1900. (2) ScamrerGeLn, La thyroïde dans l'alcoolisme, Soc. anat.,28 juin 1908.

(3) WarscHauER, Affection thyroïdienne par intoxication iodique, Berlin. klin. Wochenschrift, 9 décembre 1907.

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retenti sur le corps thyroïde; il en est résulté des syinptômes de myxœædème avec bouffissure de la face, sécheresse de la peau, chute des cheveux. Le corps thyroïde subit une hypertrophie passagère. Ces symptômes se sont produits après l’ingestion d'iodure de potassium et (rès rapidement après. L'auteur obtint une amélioration rapide par l'ingestion de tablettes de corps thyroïde.

Diez et Lerda (1) firent des expériences dont les résultats ne concordent pas avec ceux des autres auteurs. Pour eux les cobayes thyroïdectomisés ne sont pas moins résistants que les cobayes normaux à l'intoxication par la caféine et la strychnine. Cette résistance ne serait pas modifiée par l'injection d'extrait aqueux glycériné de corps thyroïde. Ils prétendent également que le mélange n vitro de suc thyroïdien à une substance toxique donnée n’enlève pas à ces substances leurs propriétés nocives. Toutefois les auteurs ont constaté que l'injection d’un mélange de nucléo-protéides de la thyroïde, avec une dose de toxine voisine de la dose mortelle, est inaclive ; mais pour eux, les nucléo-protéides de l’œuf de poule ont les mêmes propriétés ; ils concluent en niant le pouvoir antitoxique de la glande.

Au contraire Jeandelize et Perrin (2) revenant sur ces expériences, éludièrent le pouvoir antitoxique de la glande vis-à-vis de l’arséniate de soude. Ils virent que les animaux thyroïdectomisés subissaient un affaiblissement

(4) Drez et LErpa, Giorn. della Acad. di Med. di Torino, 1905, p.429. (2) Jeanoeure et PERRIN, Moindre résistance des lapins thyroïdectothisés à l’intoxication par l’arséniate de soude. Soc. de Biol., 14 février Giraud 2

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de la température plus rapide, et mouraient plus vite que les animaux sains ; en somme qu'ils sont beaucoup moins résistants à l'intoxication. Ils concluent à l'efficacité antitoxique de la glande.

Le corps thyroïde agit aussi dans les auto-inloxications. Dès 1897, Lindemann (1) avait étudié quatre cas d'ictère chronique, et dans les quatre cas il avait observé une suractivité fonclionnelle caractérisée par une accumulation de matière colloïde dans les vésicules. Il en avait conclu, que cette sécrélion thyroïdienne avait un rôle anüitoxique, pouvant dans certains cas suppléer à la sécrétion hépatique. Lorand (2), récemment, a étudié les lésions du corps thyroïde au cours du diabète.

Tibert (3) étudie l'histologie fine dans les cas graves d'auto-intoxication. Pour lui les granulations fuchsinophiles augmentent de nombre et de volume dans les cas d'urémie, d'ictère, d'occlusion intestinale. Dans le diabète expérimental, il trouve une diminution de la substance granuleuse et une augmentation légère de là substance colloïde. Pour lui, c'est surtout la sécrétion fuchsinophile qui est touchée au cours des auto-intoxications.

Avant d'aborder l’étude des relations du corps thyroïde avec les infections, nous allons parler en quelques mots d'un travail récent sur les lésions du corps thyroïde dans l’épilepsie.’ Nous avons vu plus haut quelles étaient

(4) Linpemaxn, L'état de la glande thyroïde dans l’ictère, Virchow’s Arch., 1897, Vol. CXLIX, n° 2, p. 202.

(2) Loran», Des lésions de certaines glandes vasculaires sanguines dans le diabète, Soc. de Méd. de Hambourg, 6 décembre 1904.

(3) Tiserri, Sur l'activité sécrétoire du corps thyroïde dans quelques états pathologiques, Le Sperimentale, mai-août 1905.

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