‹ Le CorrègeChapitre 106 sur 158 · TROISIÈME OVALE · texte numérisé non relu

TROISIÈME OVALE

Ce groupe est le seul sérieux au milieu de ce cortège enjoué. Nous pensons que l'intention de Tartiste a été de représenter £lIégoriqueinent le poids des richesses, et celui, plus lourd encore, du pouvoir. On voit un petit enfant à la mine préoccupée, qui porte sur sa jolie tète, ceinte d'un diadème d'or, une énorme pierre, qu'il s'efforce

igÔ LE CORRÈGE

de tenir en équilibre à l'aide d'une baguette. Un manteau recouvre ses épaules. Il semble excédé du poids de son fardeau. Un autre enfant, à la mine pensive, placé derrière lui, porte vivement sa petite main à la couronne du premier, pour l'empêcher de tomber. — Chaque détail de ce tableau sert à compléter l'intention du maître. Ce beau g'roupe d'enfants graves et rêveurs fait réfléchir aux péripéties des choses humaines. Dans la variété infinie des motifs de chaque groupe divers, dans les mouvements et l'expression de ces beaux enfants, on découvre mille pensées et mille beautés secrètes. Tout a sa raison d'être et sa philosophie intime; car, sous les formes gracieuses d'un art plastique sans égal, le Corrège sait cacher des trésors de science et de sentiment. Mais il déguise sa science sous un naturel si parfait que nous attribuons d'habitude à une facilité merveilleuse ce qui est la perfection de l'art.

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