GRISAILLE DU CL\OUIEME OVALE
Cette composition est un chef-d'œuvre dans son genre. Le sujet est nouveau et fort original. Junon avait encouru la colère de son époux, selon le récit d'Homère dans l'Iliade. Pour la châtier, Jupiter la suspend par les bras, devant les dieux de l'Olympe et lui met aux pieds de pesantes enclumes : « sans que les dieux (nous dit le poète) aient osé plaider en sa faveur ». C'est le moment choisi par l'artiste. On voit le beau corps de Junon toute nue suspendue par les bras, qui sont noués avec des lacets d'or et fixés au-dessus de sa jolie tète. Une superbe chevelure, souple et soyeuse, descend en ondes sur son dos. Son beau corps est vu de trois quarts. Les enclumes sont attachées à ses pieds,
reliées aussi par des fils d'or, toujours selon Homère. Ce superbe corps de femme flotte doucement dans les airs, avec une grâce si parfaite qu'on oublie sa position pénible. La vie même y est peinte avec la g-ràce plastique des Grecs. Cette admirable fig-urine de Junon (suspendue par les bras) a servi de modèle à Raphaël Mengs pour son Andromède de l'Escurial, après une visite qu'il fit au parloir de Saint-Paul, dont cependant il a omis déparier dans ses œuvres et ses nombreux commentaires sur le Corrège ! De cette Andromède il fit une répétition pour lord Bristol, à Madrid. Ainsi s'explique le silence de cet admirateur enthousiaste du Corrège, à propos du Parloir de Saint-Paul. Il est d'ailleurs historiquement constaté qu'il a visité le couvent ('avec permission de l'évêque) et admiré l'œuvre magnifique avec l'enthousiasme d'un connaisseur.