AI H
HECTOR
Entendez le joyeux grelot Du gai corricolo !
Voilà le gai corricolo !
Il vient, et dans sa course folle En plein soleil il vole, vole !
Clic, clac, ohé ! clic, clac, ého 1 Voilà le gai corricolo !
Quels torrents de poussière !
Et que de cris confus 1 C’est notre heure dernière !
Ali ! nous sommes perdus ! — — Rassurez-vous, ma voisine, Dit le voisin en pressant Une main tremblante et fine Que par frayeur on lui tend.
Le fouet claque dans l’espace Et couvre en résonnant Le bruit d’un baiser qui passe Et qu’emporte le vent !
Entendez, etc.
n in et t a , entrant, A Gaston.
Monsieur le voyageur !
uector, apercevant Ninetta.
Ah ! la belle enfant!... une chambre s’il vous plaît. (II l’embrasse-)
MAT T EÏ.
Ah 1 encore!
LE CORRJCOLO
n i n e t ta , bas à Mallet.
Puisque c’est un Français !
MATTEÏ
Mais cependant...
NINE TTA.
Tenez, vous êtes ridicule... vous feriez mieux de venir m’aider... ( Ils entrent dans l’auberge en se disputant.)
GASTON
Voyons, toi que j’ai laissé à Venise, que tu ne voulais pas quitter, comment se fait-il?
HECTOR
C’est bien simple... La Fioretta est en représentation à Milan, et je vais l’y rejoindre... Mais toi , je te croyais galopant sur la roule de France.
Oh! j’ai changé aussi d’idée.
HECTOR
Comment!... Et ton mariage?..
GASTON
Ah I je t’en supplie, ne me parle pasde ça ! mon ami... je suis amoureux!.
HECTOR
Ah 1 bah!
GASTON
Je viens de voir dans cette auberge une femme ravissante... qui va a Venise... alors j’y retourne!..
HECTOR
Pas possible!
le CORRICOLO oO
Quant à ta lettre, £'£*** » « "*”* 60 mains sûres!
HECTOR
Ah ça ! j’espère que tu vas me présenter à cette beau foudroyante.
GASTON
C'est facile... elle déjeune Ut... dans le jardin; re-
garde... . . .
hector, s approchant.
Voyons... je suis curieux... ( Regardant .) Ahi ventrebleu ! '
Elle est belle, n’est-ce pas?
h ecto r .
Elle ici ! mais je ne me trompe pas 1 Ah ça ! je te défends de penser à elle.
GASTON
Pourquoi ?
HECTOR
Parce que. .. par ce que c’est ma femme. 1 gaston, riant.
Ta femme I
HECTOR
Légitime... ma parole d’honneur !
GASTON
Allons donc, toujours ton système.. • dès que je regarde une femme, c’est une de tes parentes.
HECTOR
Mais je te jure!...
le corricolo DUETTO.
GASTON
Ta, ta, ta, je devine!
Ctest encore une cousine !
HECTOR
Tu te moques, j’imagine.
• GASTON
A Venise rappelle-toi Cette Française si jolie,
HECTOR
Je me souviens même, je croi Que tu l’aimais à la folie.
GASTON
Tu me dis : Respecte ma sœur.
Je l’obéis et je m'incline;
Mais huit jours après, serviteur.
Elle n’était que ta cousine !
HECTOR
Soit... j’ai quelque peu menti, Mais je te jure aujourd'hui !
gaston, riant.
Ta, ta, ta, je devine!
C’est encore une cousine.
HECTOR
Ce n’est pas une cousine.
(Allant an fond.)
Mais regarde dope, malheureux.
C’est une beauté sans pareille !
HECTOR
Des traits charmants.de jolis yeux, C’est un trésor merveille !
GASTON
Mais tu m’as dit plus de cent fois Que ta femme était vieille.
HECTOR
Comment, j’ai dit cela... tu crois?
GASTON
Je m’en souviens à merveille !
Pour m’excuser, mon ami,
J’avais quelque peu menti.
caston, riant
Ta, la, ta, je devine!
C'est encore une cousine I
HECTOR
Tu te moques, j’imagine !
GASTON
Mais je te préviens que tu n’arriveras pas facilement à ton but... elle a un gardien... elle voyage avec un vieux militaire qui n’a pas l’air tendre.
H ECTOR.
Son oncle !
GASTON
Comment ! tu le connais ?
HECTOR
Le général ! c’est lui qui a fait notre mariage... je l’ai grisé le jour de la noce... il m’adore...