‹ Le corricolo opéra comique en trois actes paroles de Eugène Labiche et A. DelacourChapitre 16 sur 69 · AI H · texte numérisé non relu

AI H

HECTOR

Entendez le joyeux grelot Du gai corricolo !

Voilà le gai corricolo !

Il vient, et dans sa course folle En plein soleil il vole, vole !

Clic, clac, ohé ! clic, clac, ého 1 Voilà le gai corricolo !

Quels torrents de poussière !

Et que de cris confus 1 C’est notre heure dernière !

Ali ! nous sommes perdus ! — — Rassurez-vous, ma voisine, Dit le voisin en pressant Une main tremblante et fine Que par frayeur on lui tend.

Le fouet claque dans l’espace Et couvre en résonnant Le bruit d’un baiser qui passe Et qu’emporte le vent !

Entendez, etc.

n in et t a , entrant, A Gaston.

Monsieur le voyageur !

uector, apercevant Ninetta.

Ah ! la belle enfant!... une chambre s’il vous plaît. (II l’embrasse-)

MAT T EÏ.

Ah 1 encore!

LE CORRJCOLO

n i n e t ta , bas à Mallet.

Puisque c’est un Français !

MATTEÏ

Mais cependant...

NINE TTA.

Tenez, vous êtes ridicule... vous feriez mieux de venir m’aider... ( Ils entrent dans l’auberge en se disputant.)

GASTON

Voyons, toi que j’ai laissé à Venise, que tu ne voulais pas quitter, comment se fait-il?

HECTOR

C’est bien simple... La Fioretta est en représentation à Milan, et je vais l’y rejoindre... Mais toi , je te croyais galopant sur la roule de France.

Oh! j’ai changé aussi d’idée.

HECTOR

Comment!... Et ton mariage?..

GASTON

Ah I je t’en supplie, ne me parle pasde ça ! mon ami... je suis amoureux!.

HECTOR

Ah 1 bah!

GASTON

Je viens de voir dans cette auberge une femme ravissante... qui va a Venise... alors j’y retourne!..

HECTOR

Pas possible!

le CORRICOLO oO

Quant à ta lettre, £'£*** » « "*”* 60 mains sûres!

HECTOR

Ah ça ! j’espère que tu vas me présenter à cette beau foudroyante.

GASTON

C'est facile... elle déjeune Ut... dans le jardin; re-

garde... . . .

hector, s approchant.

Voyons... je suis curieux... ( Regardant .) Ahi ventrebleu ! '

Elle est belle, n’est-ce pas?

h ecto r .

Elle ici ! mais je ne me trompe pas 1 Ah ça ! je te défends de penser à elle.

GASTON

Pourquoi ?

HECTOR

Parce que. .. par ce que c’est ma femme. 1 gaston, riant.

Ta femme I

HECTOR

Légitime... ma parole d’honneur !

GASTON

Allons donc, toujours ton système.. • dès que je regarde une femme, c’est une de tes parentes.

HECTOR

Mais je te jure!...

le corricolo DUETTO.

GASTON

Ta, ta, ta, je devine!

Ctest encore une cousine !

HECTOR

Tu te moques, j’imagine.

• GASTON

A Venise rappelle-toi Cette Française si jolie,

HECTOR

Je me souviens même, je croi Que tu l’aimais à la folie.

GASTON

Tu me dis : Respecte ma sœur.

Je l’obéis et je m'incline;

Mais huit jours après, serviteur.

Elle n’était que ta cousine !

HECTOR

Soit... j’ai quelque peu menti, Mais je te jure aujourd'hui !

gaston, riant.

Ta, ta, ta, je devine!

C’est encore une cousine.

HECTOR

Ce n’est pas une cousine.

(Allant an fond.)

Mais regarde dope, malheureux.

C’est une beauté sans pareille !

HECTOR

Des traits charmants.de jolis yeux, C’est un trésor merveille !

GASTON

Mais tu m’as dit plus de cent fois Que ta femme était vieille.

HECTOR

Comment, j’ai dit cela... tu crois?

GASTON

Je m’en souviens à merveille !

Pour m’excuser, mon ami,

J’avais quelque peu menti.

caston, riant

Ta, la, ta, je devine!

C'est encore une cousine I

HECTOR

Tu te moques, j’imagine !

GASTON

Mais je te préviens que tu n’arriveras pas facilement à ton but... elle a un gardien... elle voyage avec un vieux militaire qui n’a pas l’air tendre.

H ECTOR.

Son oncle !

GASTON

Comment ! tu le connais ?

HECTOR

Le général ! c’est lui qui a fait notre mariage... je l’ai grisé le jour de la noce... il m’adore...

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