‹ Le corricolo opéra comique en trois actes paroles de Eugène Labiche et A. DelacourChapitre 30 sur 69 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

Nous n’avons rien dans la sacoche.

Rien dans les mains, rien dans la poche.

LF. podestat.

Podestat!

Quel état!

On croit que c’est facile,

J’en deviens imbécile.

le trésorier.

Imbécile 1

LE PODESTAT

Le diable vous emporte!

Me traiter de la sorte !

Me laisser sans un sou,

C’est à devenir fou.

LE CHOEUR

Grand podestat, excusez-nous,

Voyez nos tourments, notre peine.

De saint François c’est la neuvaine,

Et notre saint passe avant vous.

FIN DE l’INTRODUCTION.

(Les Paysans et Paysannes sortent.) le podestat.

Ah! les brigands! ah! les pendards! me laisser ainsi !

le trésorier.

Calmez-vous, monseigneur, calmez-vous!

LE podestat, prenant le sac vide des mains du trésorier.

Voilà le trésor public! {Il en tire un mouchoir de poche.) C’est tout ce qu’il y a dedans... et Venise, je relève, me presse d’acquitter le tribut annuel que je lui dois... j’ai déjà reçu une dépêche aigre-douce...

le TRÉSORIER.

Mais je ferai observer humblement à monseigneur le Podestat qu’il a chargé, il y a deux mois, son neveu

LE COHRICOLO

marquis Jacintaûoraventipantanello de porter à Venise les six mille sequins que nous lui devons.

LE PODESTAT

Mon neveu est un scélérat, un bandit... il a fait en route la connaissance d’une créature de théâtre... et ils ont ensemble croqué le tribut.

LE TRÉSORIER

Est-il possible?

Aussi j’ai tous les gens de théâtre en horreur... J’ai fait fermer toutes les salles de spectacle dans mes États.

LE TRÉSORIER

Ces pauvres ténors...

LE PODESTAT

Ils étaient fatigués. Je les ai rendus à l’agriculture; mais comme cela ne comblait pas le déficit... j’ai été obligé de créer de nouveaux petits impôts... J’ai imposé les voyageurs, leurs malles, leurs chevaux; malheureusement il ne passe personne, — les routes sont si mauvaises I

LE TRÉSORIER

Si vous les faisiez réparer.

le podestat, éternuant.

Et avec quoi ?... Passe-moi le trésor... je crois que je m’enrhume... (Il prend le sac, en tire son mouchoir et se mouche de nouveau.) Alors, je me suis retourné sur mon peuple... impôt sur les duels, les sérénades, les blanchisseuses, les rendez-vous, les déclarations d’amour... Je vais augmenter... h< tre tarif... je veux te consulter... viens me voir déjeuner... (Il entre dans le palais; le Trésorier se dispose à le suivre.)

LE CORRILOLO

Ali ! monseigneur, que de bonté !

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