M. MILLE-OE IL
Tu parais effrayée , bonne sœur ?
LA CENSURE
Oui, mon cher Mille-OEil; ils veulent que j'empêche tout : il faut pourtant que je tolère quelques pièces insignifiantes; autrement je ne serais utile à rien.
M. M I LLL E-OE I L.
Eh, parbleu! ne prends pas sur toi la responsabilité de toutes leurs fantaisies tyranniques. Tes suppôts et toi , manquez-vous d'expédiens pour obstruer la route par laquelle les ouvrages vous arrivent ? Sers-toi, pour les arrêter à l'avance, des intrigues circulantes au théâtre. J'épie ce qui s'y fait et j'écoule ce qu'on y dit. Rien n'est plus aisé , si tu crains de te prononcer sur les productions de quelque hargneux auteur, que de souffler à certains membres honnêtes des comités de lecture les bulletins d'un refus bien formel qui les écarte à jamais. On ne se doutera pas de votre malice.
LA CENSURE
Nous le faisons !