‹ Le corrupteurChapitre 26 sur 115 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MARTE seule y assise etjîlant au rouet.

\/UEL train dans la maison! l'on ouvre chaque porte.

L'on va, l'on vient qu'ont-ils à trotter de la sorte?

Quand ils auront mon âge ils se tiendront en paix...

Ce pourquoi l'on se meut souvent on n'y peut mais.

Madame de Melcour a beau dire et redire ,

Sa fille des leçons est sujette à se rire;

Et notre président , monsieur son digne époux ,

La réprimande en vain de faire les yeux doux.

« De vos airs, lui dit -il , évitez le scandale.

» — Trêve , monsieur Gercueil , à la mercuriale :

» Je suis coquette, soit; répond -elle très -haut,

)) Mais je vous suis fidèle , et c'est plus qu'il ne faut. »

Eh! pourtant, Dieu le sait! des soupers de la ville

Elle attira céans ce comte de Norville ,

Qui regarda sous cape, en lui faisant la cour,

La nièce dont prend soin madame de Melcour.

Mais à ce vaurien -là notre porte est fermée. Ceinture d'or vaut moins que boiuie renommée ; Le proverbe a raison , car , voyez ce damné , Quel dommage! il est riche, élégant, bien tourné; Cependant , qui voudrait s'y fier? oh! personne. Notre abbé , dont le cœur est de pâte assez bonne , * Lui-même, ainsi que nous, le maudit pour sa part : Rien n'agite pourtant ce monsieur Angelard , A moins que d'un valet la négligence extrême Dans son café trop froid n'ait fait tourner sa crème ; Et quand ses trois repas lui sont servis à point , Tranquille sur le reste , il ne s'échauffe point. La paix dont il jouit le bon Dieu me l'accorde , Et qu'aux méchants le ciel fasse miséricorde !

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