ACTE I, SCENE V. ir
Ont leur cercle prescrit loul coinine cl»a([iie s[>lière. Il nous faut ici- bas des forces pour agir.
MADAME DE MELCOIJR.
Vous savez notre alarme, et devriez rougir De nous
ANGtLAlin.
Primo, ma sœur, voulez-vous bien permettre? Si nous buvions un coup afin de nous remettre, Nous aurions l'œil plus net, l'esprit clair et dispos, Pour discerner l'affaire , et conclure en repos. Déjeunons : vous verrez votre nièce, peut-être, Avant le café pris à table reparaître; Sinon, il sera temps de se mouvoir après. Venez, j'ai fait servir la hure et les œufs frais.
CERCUEIL
Je reste émerveillé de votre insouciance !
On ne doit s'étonner que de ma patience.
A dix heures au lit en sursaut m'éveiller ,
Seul me laisser sans feu me lever, m'habiller.
Rouvrir vingt fois ma porte, et me demander Laure,
Crier de chambre en chambre , et , parce qu'on ignore
Oî^i cette folle a pu s'égarer un moment ,
Mettre tout le logis en bouleversement !
Qu'importe que ma nièce un instant soit absente?
Se récréer dehors, est-ce chose indécente?
A quoi bon un tapage, un vacarme importun?
La ramènera-t-on en demeurant à jeun ?
Gras et vermeil, j'ai l'air bien portant à ma mine.
Et suis plus délicat qu'on ne se l'imagine.
Que les filles à l'aise aillent se promener ,
Et qu'à l'heure précise on vienne déjeuner.
MADAME DE MELCOUR.
Quels étranges propos ! mon frère , est-il possible Qu'à nos justes frayeurs vous restiez insensible? Avez-vous dans le cœur tant d'incapacité? Mêlez un peu de zèle à notre activité : 11 sied de maintenir l'ordre dans les familles.
ANGELARD.
Vos mouvemens sont vifs, ma sœur, pour des vétillis Les objets importans , vous les laissez aller. Notre succession, l'avez-vous fait régler? Le prix des diamans , lots de notre héritage , Dont la bonne moitié me revient en partage , L'a-t-on évalué? quand les vendez-vous? poinl.
MADAME DE MELCOUR.
S'agit-il à présent de discuter ce point?
ANGELARD.
Votre lenteur m'apporte une fâcheuse entrave : J'attends ma somme encor pour arranger ma cave...