SCÈNE VIII
Les mêmes; LAFLÈCHE.
L AFLÈCHE.
Courage!... Ah! qu'oserai -je dire?
NORVILLE.
Que veux- tu?
LAFLÈCHE
Je voudrais ne pouvoir souffler mot.
NORVILLE.
De quoi donc as - tu peur ?
LAFLÈCHE
De vous.
NORVILLE.
Parle... Eh bien, sot.
LAFLÈCHE
J'ai rencontré , saisi d'une frayeur mortelle
Et qui donc ?
LAFLÈCHE
I L'un des gens qui gardaient votre belle.
I Vous avez commandé qu'on la traitât chez vous
Avec tant de respects et des égards si doux*,
Qu'enfin cette rusée... après un grand tapage...
Sommant vos serviteurs de lui céder passage...
Les a remplis de crainte... et qu'elle a disparu.
NORVILLE.
f Disparu!... Laure !
Après j'ai vainement couru...
NORVILLE.
O malédiction! race infâme et séduite!...
Va, cours! vole à l'instant! qu'on s'empresse à la suite!
Mais non, je veux moi-même...
L AFLÈCHE.
Il n'en est pas besoin.
Deux envoyés déjà sont chargés de ce soin.
NOR VILLE
Deux! il en fallait vingt répandus par la ville.
Laure a fait la Clélie...
WORVILLE.
Eh quoi ?
LAFLÈCHE
Soyez tranquille...
WORVILLE.
Tranquille... en la perdant! Ramène -la vers nous, Ou fuis jusqu'en enfer.
LAFLÈCHE
Eh ! j'y suis avec vous.