SCÈNE V
NOR VILLE, ANGELARD, M. de CERCUEIL.
NORVILLE.
La tante se résigne ; à vous , aimable nièce.... Peste! c'est le gros oncle.
ANGELARD.
Eh bien, à quand la messe " Qui doit sanctifier votre acte clandestin ? * Vous commettez des rapts , monsieur le libertin ! Mais Cercueil m'a conté que votre repentance Veut par le mariage en faire pénitence ; Moi, qui dès l'origine avais prévu cela, J'ai charitablement dit amen : touchez là.
CERCUEIL
Notre oncle aime la paix; ce nœud en est le gage.
* Eh bien , notre faiblesse * Va donc sanctifier votre acte clandestin ?
NORVILLE.
Du prudent magistrat je reconnais l'ouvrage : 11 vous aura sur moi donné les notions Qui penchent votre esprit aux conciliations.
ANGELARJ3,
Ah ! ce qui m'a charmé de votre caractère ,
C'est en faveur de Laure un heau trait pour son iVore,
Et ce soin de couvrir par un généreux prêt
Sa créance de jeu qui sur moi tomberait.
NOP.VILLK.
Qui vous l'a dit ?
ANGELARD.
Lui-même; et sans votre ressource, Le fat m'a déclaré qu'il comptait sur ma bourse.
NORVILLE.
Laissons cela : veuillez , cher oncle , et cher cousin ,
Tous deux entrer ensemble au cabinet voisin.
De mes tendres désirs Laure est mal informée ;
La rigueur de sa tante, aujourd'hui désarmée, f
Me permet avec elle un discret entretien :
Vous, messieurs, pour m'entendre ici vous serez bien ;
Car, m'entourant de vous, pour que notre honneur brille,
Je veux être écouté des chefs de la famille. f
Le public ne pourra calomnier les soins
D'un amant si loyal qui vous prend pour témoins.
ANGELARI).
Volontiers. (^
GERCUEiL à ÂngeUtrd.
Ce projet n'a rien qui vous déplaise ?
ANGELARD.
Non ; assis près du feu , nous entendrons à l'aise.
(Il vont s'enfermer du côlë oppose aux deux fettiiiics.)