‹ Le corset à travers les agesChapitre 17 sur 20 · PLANCHE XIV · texte numérisé non relu

PLANCHE XIV

Corset moderne

HYGIENE

bien entendu suffit souvent pour corriger la tenue disgracieuse; une inclinaison sur l’un ou l’autre des côtés, ou bien encore en avant ou en arrière, trouve également un remède dans l’application constante du corset.

L'Encyclopédie moderne prétend que « le corset « actuel n’a rien de commun avec le corset ancien, pas « même le nom, puisque corselet et corps étaient les <« termes employés ».

Le rédacteur de l’article consacré dans cet ouvrage au mot corset ajoute que quelques corsetières parisiennes sont parvenues à faire un objet d’art d’une incomparable souplesse, qui facilite les mouvements du corps au lieu de les gêner et donne à la beauté de la femme cette pureté de lignes qui séduit et charme le regard.

De la plus récente publication du genre d’ouvrages que je passe en revue pour montrer l’uniformité des témoignages à l’égard de l’utilité incontestable du corset, de la Grande Encyclopédie , encore inachevée, j’extrais ces lignes concluantes :

A un certain moment de l’adolescence, la jeune fille manque de maintien et volontiers se replie sur elle-même, portant les épaules en avant, laissant saillir en arrière les omoplates, tenant la colonne vertébrale habituellement incurvée de l’un ou l’autre côté. Un corset simple, de dimensions en parfait rapport avec les proportions de la

personne, ne s’étendant ni trop haut ni trop bas, et pardessus tout mode're'ment serré, remédiera aux défectuosités d’attitude dont elle est coutumière. Pour les femmes d'une certaine corpulence, il sera un soutien bienveillant et un précieux agent de contention. Pour l’une aussi bien que pour l’autre, en raison de l’agencement général des pièces variées qui, chez les peuples d’Occident, composent le costume féminin, il mérite d’être conservé, en principe, et, sous bénéfice des sévères réserves que l’hygiène individuelle impose, d’être regardé comme une partie indispensable du vêtement. Sous les climats froids et mêmetempérés, les femmes, en effet, sont astreintes à porter sous la robe un nombre variable de jupons dont le poids, en raison de la nature de l’étoffe, est parfois assez lourd. Loin d’être réparti sur une large surface du corps, leur poids repose, à la taille, sur un espace circulaire d’une étroitesse extrême. Les cordons qui servent à les fixer au-dessus des hanches ne tardent pas, pour peu que l’on tienne à ce que cette fixation soit correcte, à déterminer un étranglement fatigant jusqu’à être bientôt intolérable. A tout prendre, il vaut mieux que la base de soutènement de ces vêtements intimes indispensables à la femme dans les régions septentrionales soit répartie sur une zone circulaire d’une certaine largeur. Cette zone, le port rationnel d’un corset la fournit. Ni contrition, ni compression, de la contention seulement, tels sont les principes fondamentaux qui en doivent régir le dispositif et l’emploi.

Cette étude est signée du D' Collineau, le rédacteur scientifique de la Grande Encyclopédie.

Page 1