‹ Le corset à travers les agesChapitre 5 sur 20 · CINGULUM · texte numérisé non relu

CINGULUM

On trouve quelquefois les mots cingulum et cingillum employés pour désigner une ceinture placée audessous de la poitrine pour que le vêtement ne fût pas lâche et eût bonne tournure. Ce mot est mentionné par Isidor ( Origines), par Virgile ( Énéide ) et par Pétrone (Satiricon). D’après ce dernier témoignage, le cingillum servait

Fig. 5. — Cingulum, d’après une statue grecque.

iG LE CORSET A TRAVERS LES AGES.

à relever la robe : « Sa robe, retroussée par une ceinte ture ( cingillum ) vert pâle, laissait apercevoir sa tuée nique couleur cerise, ses jarretières en torsade d’or ec et ses mules ornées de broderies du même métal. »

Le cingulum est très visible sur la figure 5, d’après une statue de marbre.

Festus et Valérius Flaccus désignaient aussi sous le nom de cingulum une ceinture portée par les femmes et surtout par les jeunes filles; pour ces dernières, elle était placée plus bas que pour les femmes mariées, sur les reins, juste au-dessus des hanches. Cette ceinture, qui différait de la précédente par la manière de la porter, paraît être assez semblable à la zona.

La \ona était un bandeau ou une ceinture large et plate employée principalement par les jeunes filles; elle se plaçait le plus souvent autour des hanches.

Le mot zona a été pris par Martial comme titre d’une de ses épigrammes (Épigr. eu, liv. XIV). Ovide mentionne ce mot dans ses Fastes , où il dit : « Elle « lui donne la ceinture (ço/u) qui pressait tout à l’heure « son sein délicat; mais la ceinture est trop étroite pour « le corps d’Hercule. »

ORIGINES DU CORSET

Homèredans Y Odyssée (chant V), etCatulledans ses Poésies (n et lxvii) emploient le mot zona pour de'signer la ceinture virginale. Une coutume existait chez les Romains d’après laquelle l’époux détachait la zona de sa jeune femme, d’où vient que l’expression \onam solvere , signifie se marier.

Dans V Épithalame de Julie et de Manlius, Catulle emploie le diminutif -onula pour désigner la ceinture virginale.

La figure 6, d’après un marbre trouvé à Herculanum, indique la place occupée par la zona.

ST ROPH1UM

Le strophium est d’origine grecque, néanmoins on trouve ce mot employé assez fréquem- Fic. 6. - zona, d’après «n

ment par les auteurs latins. trouvé à Herculanum.

Les racines de cette expression servent à désigner un corps arrondi ou cylindrique. C’était une sorte de fichu que 1 on enroulait et que l’on attachait autour du corps pour soutenir la poitrine. Il n’exerçait pas,

comme le mamillare, une pression contre nature, se portait par-dessus la chemise et n’était employé que par les femmes assujetties à de durs travaux.

Cette ceinture servait de poche où l’on serrait les

Fig. 7. — Servante présentant le Strophium, d'après la peinture d'un vase grec.

choses intimes, missives, souvenirs, etc., comme il est évident d’après un passage de Turpilius où une jeune fille, déplorant la perte d’une lettre, s’écrie : « Qu’ai-je fait, malheureuse! j’ai perdu en chemin ces

ORIGINES DU CORSET

« tablettes que j’avais mises dans mon corset ( inter - « tunicidam et stropliium). »

Catulle, dans son admirable description du désespoir d’Ariane abandonnée par Thésée dans l’île de Naxos ( Poésies , lxiv), peignant le désordre de ses vêtements qu’elle laisse tomber à ses pieds, dit :

Plus de réseau qui captive les tresses de ses blonds cheveux; plus de voile qui couvre son sein; plus d’écharpe ( stropliium ) qui retienne sa gorge haletante.

Elle s’est dépouillée de tous les ornements, ils sont tombés à ses pieds , et les flots de la mer se jouent de ces vaines parures.

Les deux vers suivants indiquent d’ailleurs très bien „ D

1* ig. o. — Stropliium, d’après une

le but de ces bandes : statue antique.

Sa poitrine est sans voile et son sein rebondi Repousse le secours d’un support arrondi.

Le stropliium n’était pas seulement un vêtement simple, il était aussi un objet de luxe. Isidor le décrit

comme étant parfois orné de broderies d’or, garni de pierreries et de perles.

La figure 7 représente une servante donnant un strophium à sa maîtresse; cette figure est dessinée d’après la peinture d’un vase grec.

La figure 8 montre un strophium d’après une statue que l’on croit représenter une jeune Dorienne prête pour la course à pied.

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