‹ Le corsetChapitre 3 sur 9 · APPLICATION · texte numérisé non relu

APPLICATION

des crêtes iliaques, moins les mouvements du buste rencontrent d'entraves. Nous savons, en effet, que les mouvements de torsion, de flexion et d'extension s'exécutent dans la région du corps située entre les deux cavités osseuses; c'est à ce niveau que les articulations vertébrales offrent le plus de laxité et que l'élasticité de la peau en avant est le plus marquée, puisque sa surface libre est plus étendue. Si la ceinture des jupes se rapproche du bassin, la paroi est entièrement dégagée et les mouvements peu 1 vent s'exercer dans toute leur amplitude.

Ajoutons, pour terminer, qu'il est urgent de ne pas serrer les corsages au niveau de la région épigastrique, la plus légère pression en ce point ayant pour effet de comprimer l'estomac et de le refouler au-dessous de sa position normale avec d'autant plus de facilité qu'il en était déjà éloigné auparavant. De plus, la constriction de l'épigastre immobilise le buste dans une attitude intermédiaire entre la flexion et l'extension, ce qui n'est certainement pas une condition avantageuse au point de vue de la nutrition en général. Il ne devrait pas être nécessaire de spécifier que les corsages des robes doivent suivre les lois qu'indique le corset, c'est-à-dire s'attacher très bas en avant sur la ligne signalée et présenter au niveau de l'épigastre une convexité correspondant à la forme de la paroi. Mais sur ce point encore il est difficile de faire entendre raison aux couturières, car elles admettent difficilement qu'on leur supprime le moule que leur fournissait le corset et sur lequel elles n'avaient qu'à tendre les étoffes sans faire d'effort d'imagination. De même qu'elles ne comprennent pas que la taille puisse être tout à fait élargie en avant juste à l'endroit où elles avaient l'habitude de la creuser.

En somme, ceux qui interviennent dans la construction du costume féminin font tous leurs efforts pour suggérer aux femmes la pensée de résister à la transformation que

je propose, mais leurs tentatives gont- vaines. A notre époque la femme veut ses aises malgré tout. Puis, en général, Tidée de changer de forme ne la choque pas, c'est une chose nouvelle, et les sports auxquels elle a été amenée à prendre part ne sont pas étrangers à sa détermination.

EFFETS GÉNÉRAUX ET RÉSULTATS

Les effets produits par ce système de contention sont de deux ordres ; ils peuvent être envisagés au point de vue physique et au point de vue physiologique.

Au point de vue physique, le fait d'appuyer le corset sur le bassin, au lieu de l'appuyer sur le thorax, et de supporter le ventre au lieu de le refouler vers le bas, modifie notablement la silhouette de la femme : le dos se cambre, les épaules sont portées en arrière, le thorax se relève et bombe, et la dépression épigastrique, c'est-à-dire la cambrure de la taille en avant, est remplacée par une ligne à peu près droite, plus souvent par une saillie plus ou moins volumineuse.

Si nous comparons les anciens dispositifs avec ceux que je préconise, il nous sera facile d'apprécier la valeur de chacun de ces procédés.

Les anciens corsets prenant leur point d'appui sur le thorax, partie supérieure du tronc, immobilisaient non seulement la cage thoracique, mais toutes les parties sous-jacentes.

En effet, l'action de la colonne vertébrale, la localisation ainsi que l'amplitude de ses mouvements démontrent que les parties de cette tige sont d'autant plus mobiles qu'elles

sont plus éloignées de son point d'implantation sur le sacrum, comme cela se produit pour les^tiges végétales implantées dans le sol. En tenant compte de ce fait, on peut

« " ^ émettre en principe (pie

la surface immobilisée et la géne qui en résultent seront d'autant plus grandes que le tuteur sera fixé plus haut sur le tronc ; car non seulement il annihile les mouvements propres des côtes et de l'épine dorsale sur toute la surface qu'il recouvre, mais son influence s'étend aux articulations vertébrales situées au-dessous. Si le tuteur est fixé en bas, au contraire, il n'a aucune action sur les régions supérieures du tronc, qui restent totalement indépendantes. Le corset abdominal a donc pour premier résultat de faciliter 1 e s m o u v e m e n l s d u b 1 1 s l c .

Nous voyons, en effet (fig. U), que lorsqu'une femme revêtue d'un corset thoracique veut exécuter des mouvements de flexion ou d'extension, le tronc se meut tout d'une pièce, le bassin suit le thorax/ la colonne vertébrale ne s'inlléchit pas, les mouvements se produisent par la bascule de tout le buste autour de l'articulation coxo-fémorale.

Fig. 11.

Femme avec un corset ordinaire.

EFFETS GÉNÉRAUX ET RÉSULTATS. 35

Avec le corset abdominal (fig. 12), les grands mouvements s exécutent au niveau de toutes les articulations des os du tronc; tandis que le bassin et les membres inférieurs peuvent rester fixes. Cette expérience facile à réaliser, à condition que le corset ne dépasse pas en hauteur les dernières fausses côtes, nous fournit la preuve du principe énoncé, h savoir : que plus l'obstacle est placé haut sur le buste, plus retendue immobilisée est considérable et vice versa.

On constate, d'autre part, que le fait de bien emboîter le bassin et de le solidariser avec les membres inférieurs au moyen de liens flexibles facilite la station debout dans une altitude régulière. Le poids du corps étant bien réparti, la femme s'appuie plus volontiers sur les deux talons, au lieu de faire

porter tout le corps sur une seule jambe, ce qui provoque 4 cette déviation du bassin qu'on observe chez presque tous les individus. J'ai pu m'assurer dans maintes circonstances, en plaçant le corset sur des fillettes se tenant mal, que le

Fig. 12. — Femme normale avec le corset Gâches Sarraute.

fait seul d'appuyer l'appareil également sur les crêtes iliaques a pour conséquence immédiate de redresser les omoplates et de les mettre sur un même plan horizontal.

Les effets physiologiques, qui n'apparaissent qu'au médecin et ne sont révélés que par l'examen des organes internes, se laissent cependant prévoir par l'aspect seul de la physionomie. Avec un corset abdominal qui la soutient et la repose, la femme a les traits moins tirés, les yeux moins cernés, elle est plus vivace, plus énergique. Allégée d'une partie de son poids, puisque c'est le corset qui porte son ventre, elle dispose de cette force maintenant inutilisée et peut l'employer à des exercices dont un plus grand nombre de muscles bénéficient. Bien des femmes, malades sans que la cause de leur état fût bien déterminée, condamnées à un repos presque constant, sont aujourd'hui vigoureuses, bien portantes, peuvent marcher et sans rien exagérer renaissent à la vie.

Le simple changement de corset a-t-il pu donner de tels résultats?... Oui, parce que jusqu'aujourd'hui tous les corsets, construits sans règles, ni lois, agissaient en sens inverse des indications naturelles et contrariaient toutes les fonctions physiologiques. L'estomac était refoulé vers le bas-ventre, le rein avait quitté sa loge, l'intestin, à la suite du ralentissement de la circulation alimentaire, était distendu, et toute cette masse pesait à son tour sur les organes génitaux dont les fonctions étaient également troublées. La paroi abdominale, insuffisante pour résister à cette pression constante, se laissait distendre et quelquefois déchirer, livrant ainsi passage à l'intestin. Gela avait suffi pour rendre la femme inquiète, nerveuse, pour la mettre dans un état d'infériorité physique et la vouer à des maladies factices inconnues des personnes ne portant pas de corset.

Refoulant d'une part vers le bas-ventre les organes abdo-

EFFETS GÉNÉRAUX ET RÉSULTATS

minaux, relevant les seins sous le menton, d'autre part, le corset thoracique imposait aux viscères, par le fait de cet évidemcnt épigastrique et par la pression exercée sur le

Fia. 13. — Femme avec l'ancien corset.

haut du ventre, l'obligation de se réfugier aussi loin que possible de cette cambrure que la femme a envisagée jusqu'ici comme l'idéal de la beauté plastique et qui n'en est que la parodie. Dans cet état, la face antérieure du

buste était sinueuse, il est vrai, mais disproportionnée ; trop mince au centre, trop épaisse aux extrémités, trop artificielle en un mot pour que la nutrition s'exerçât dans des conditions favorables (fig. 15).

L'emploi d'un corset méthodique, bien étudié, agit tout différemment. Par son intermédiaire, c'est la face antérieure du corps qui est bombée, et ce sont la face postérieure et les faces latérales qui deviennent sinueuses, obéissant en cela aux règles naturelles. Aussi voyons-nous tous les phénomènes anormaux disparaître dès que l'appareil qui les a provoqués est supprimé.

L'enveloppement simple du bassin, s'arrêtant au-dessous de l'épigastre, permet à l'estomac et aux organes supérieurs de rester à leur place, premier point très important. Dès lors la région hypogastrique ne contient plus que l'intestin, et celui-ci, dégagé de la compression qui pesait sur lui, fonctionne plus régulièrement; la circulation alimentaire se fait plus vite, les fermentations anormales diminuent, la constipation disparaît. Tous les organes reprennent peu à peu leur position et leurs dimensions premières, quelque distendus qu'ils aient été auparavant.

L'action mécanique du soutien partant d'en bas se transmet directement d'un organe à l'autre; la masse intestinale, servant de coussin à l'estomac et au rein, leur offre un point d'appui beaucoup plus sûr que les ceintures à pelotes dont la fixité et les rapports avec les organes déplacés sont souvent incertains et dont l'action est toujours contrariée par la nécessité de leur adjoindre un autre corset.

L'ascension de l'estomac sous l'influence du corset abdominal a été mise clairement en lumière à l'aide de la radiographie. Nous avons pu, par ce moyen, comparer sa forme et sa position respective chez un même sujet, et nous avons pu constater que si l'ancien corset entraîne l'estomac vers

EFFETS GÉNÉRAUX ET RÉSULTATS

le bas, en lui donnant une forme triangulaire très allongée, le corset abdominal, au contraire, le maintient près du diaphragme, sans que la grande courbure puisse glisser vers le bas.

Mais cetté preuve n'est pas la seule qui nous permette d'affirmer que l'estomac réintègre l'épigastre d'une façon définitive dès que le ventre est relevé par le corset.

J'ai remarqué, et on m'a signalé le fait, que dans les cas de dilatation gastrique, le clapotement dans les grandes inspirations ou dans la marche est, avec les corsets ordU naires ou sans corset, perçu dans le milieu du ventre ; avec le corset abdominal, on le sent sous la voûte diaphragmatique. La sensation est très nette, c'est sur la paroi supérieure de l'estomac que les liquides et les gaz qu'il contient viennent se briser.

Enfin, dans presque tous les cas de dilatation, l'application du corset abdominal provoque une série de symptômes se produisant dans les premiers jours, et qui indiquent bien le déplacement de ce viscère vers le haut. C'est, par exemple, un sentiment de malaise, de réplétion stomacale allant quelquefois jusqu'à la régurgitation des liquides et des gaz contenus dans sa cavité.

Cet ensemble de faits, joints à la constatation directe que tout médecin peut faire, ne laisse aucun doute sur le bénéfice que l'estomac retire d'un pareil procédé dé contention. Je n'ai pas besoin d'insister davantage sur ce point, mais je suis obligée de répéter encore que, pour obtenir tous les effets désirés, c'est-à-dire pour amener les organes dans une position normale, car à l'époque actuellè on ne les y trouve jamais, il est absolument indispensable de soutenir le ventre de bas en haut, de laisser l'épigastre complètement dépourvu de corset, d'exagérer même la laxité des vêtements à ce niveau, dût la présence de ce viscère produire une saillie volumineuse désagréable à

voir, et dussent les femmes trouver difficilement à s'habiller.

Si, au mépris de ces indications, on voulait contenir l'épigastre et serrer la région abdominale horizontalement en écrasant l'estomac et l'intestin d'avant en arrière, on n'obtiendrait ni l'ascension, ni la réduction des organes distendus.

En outre, la capacité de la cavité abdominale définitivement fixe sur toute son étendue serait amoindrie et déterminerait une pression néfaste sur le plancher du bassin.

Je considère ces stigmates caractéristiques : l'effacement de la région hypogastrique et le développement de l'épigastre, comme le critérium de mon procédé, l'indice de la valeur du corset abdominal. Je ne m'arrêterai pas à démontrer que le rein bénéficie tout naturellement de l'action du corset; celle-ci se manifeste sur tous les viscères abdominaux, et le coussin fourni par la masse intestinale soulève tous ceux qui sont placés au-dessus de lui en dégageant ceux qui sont au-dessous.

C'est ainsi que les organes génito-urinaires, affranchis du poids du contenu abdominal et libérés à leur partie supérieure, se redressent, reprennent leur position régulière et fonctionnent plus facilement. Bon nombre de grossesses, chez des femmes considérées comme stériles, ont suivi de près l'adoption du corset abdominal. Et dans le même ordre d'idées, on peut attribuer à la même cause la disparition des douleurs menstruelles dues aux déviations utérines, ce qui corrobore l'hypothèse du dégagement de l'utérus dans le cas où il n'a pas été possible de vérifier sa position.

Amincissement. — Avant de terminer rénumération déjà bien longue des modifications apportées par le corset abdo-

EFFETS GÉNÉRAUX ET RÉSULTATS

minai, il me faut signaler unphénomène assez curieux, assez difficile à expliquer; je veux parler de l'amincissement général de la femme et de l'amaigrissement de toute la région recouverte par l'appareil.

Ainsi par exemple, nous voyons couramment des femmes extrêmement grasses, à ventre volumineux, essayer de porter le corset abdominal. Dès que l'appareil est placé, et qu'il met en évidence, au haut de la taille, le ventre qui était dissimulé vers le bas par l'ampleur des jupes, la femme est choquée par cette protubérance disgracieuse, à tel point que plus d'une recule devant cette transformation physique aussi peu avantageuse. Mais celles qui sont assez souffrantes, et c'est le plus grand nombre, pour tenter malgré tout l'expérience, voient cette saillie abdominale, qui était au premier moment très dure et très tendue, se ramollir, devenir plus malléable, puis diminuer progressivement.

Au bout de quelques mois, cela varie avec les individus, c'est par dizaines de centimètres qu'on peut noter la diminution d'étendue de l'abdomen, autant en largeur qu'en hauteur, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Que s'est-il donc passé pour produire un tel effet, et sur quels tissus porte l'accélération nutritive?... Il est évident que l'amincissement de la région abdominale est dû tout d'abord à la compression exercée avec continuité tant sur les parois que sur les organes internes. Le fait est évident, mais le processus est complexe.

Peau. — La peau, que nous trouvons habituellement distendue au delà des limites normales, s'était modifiée anatomiquement sous l'effort des viscères abdominaux refoulés vers le bas parla pression des corsets. Les muscles, impuissants à maintenir la paroi, avaient fini par céder, par

perdre leur tonicité. Les espaces conjonctifs de l'hypoderme, agrandis, avaient permis l'accumulation des cellules adipeuses dans leur intervalle, accumulation d'autant plus facile cpie déjà la graisse avait des tendances à se déposer et à séjourner dans ces régions déclives où la

circulation est ralentie.

L'application d'un appareil enveloppant et renforçant concentriquement toute la région supprime de ce fait la poussée viscérale, favorise l'éliminination de la graisse en même temps que son retour dans la circulation générale ; et par suite restitue aux muscles leurs qualités premières. La paroi, en effet, subit une rétraction continue et diminue toujours d'étendue, aussi bien dans le sens de la largeur d'une épine iliaque à l'autre, que dans le sens de la longueur du sternum au pubis, jusqu'à ce qu'elle ait retrouvé ses dimensions normales. Le fait est mis nettement en évidence par la mensuration; il est prouvé, en outre, par la différence d'étendue et la modification qu'on est obligé de faire subir aux corsets après quelques mois d'usage. La différence est plus ou 'moins accusée selon les cas, mais j'ai constaté

Fig. 14. — Femme obèse avec le corset Gàches-Sarraute.

EFFETS GÉNÉRAUX ET RÉSULTATS

jusqu'à 20 centimètres de diminution de la paroi dans le sens de la longueur,

Il est donc permis d'affirmer que la paroi abdominale primitivement distendue s'amincit et se rétrécit en même temps sous l'influence d'une pression agissant dans un sens favorable à la circulation, et que, en supprimant la déclivité naturelle de la région par une pression bien combinée, les éléments graisseux ne sont plus arrêtés et passent plus rapidement dans le torrent circulatoire.

Mais les viscères participent aussi à cette rétraction; l'estomac et les intestins, soit parce qu'ils ont récupéré leur tonicité musculaire, soit en raison de l'accélération de la circulation alimentaire qui diminue la production des gaz dans leur cavité, retournent à leurs dimensions premières. Ils offrent ainsi une surface moins étendue à recouvrir et la peau débarrassée de l'excès de graisse qui l'avait envahie reprend toute son élasticité.

C'est ainsi qu'on peut expliquer, me semble-t-il, la disparition de la saillie abdominale qui est très caractéristique chez la femme habituée au port du corset abdominal et le retour aux formes normales même en l'absence du corset. C'est ce que montrent nettement les figures 4 et 5 qui représentent des femmes normales ayant porté pendant plus de deux ans le corset Gâches-Sarraute.

INDICATIONS

Le corset abdominal ne violant aucune des lois de la physiologie est applicable dans tous les cas normaux, c'est-à-dire à toutes les femmes bien portantes ; il constitue, à mon sens, la manière normale de se vêtir et de se maintenir sans porter atteinte à aucune de nos fonctions.

Il peut être porté à tout âge, parce qu'il n'est pas construit d'après un type unique déterminé à l'avance, qu'il ne doit point modeler le corps à sa forme, mais bien au contraire épouser la forme de celui-ci, en suivant les variations apportées par la conformation du sujet. Ce n'est pas un appareil spécial que je préconise, mais bien plutôt une indication précise devant servir de règle pour la construction d'un appareil et, pourvu que l'indication donnée soit suivie, peu importe le procédé employé pour atteindre le résultat cherché.

Chez V enfant, par exemple, on conviendra que pour laisser toute latitude au développement du squelette, au fonctionnement des viscères thoraciques et abdominaux et pour prévenir les attitudes vicieuses du tronc, il y a intérêt à dégager la partie supérieure du corps de tout vêtement rigide à forme déterminée, quelle que soit cette forme. L'enfant se développera d'autant plus facilement que son action mus-

culaire sera plus énergique, ses mouvements plus fréquents et plus variés. Il faut donc, pour favoriser la variété et l'amplitude des mouvements, débarrasser le haut du thorax de toute entrave.

11 ne semble pas que cette opinion ait prévalu jusqu'à ce

Fig. 15, Fui. — La même

Enfant de 9 ans. avec la brassière ordinaire.

jour, et bien des fillettes se tenant mal, ayant les omoplates saillantes, le buste incurvé, manquant en un mot d'énergie et de force, sont munies de corsets dits de maintien. Ces corsets emboîtant la région dorsale tout entière sont complétés par des bretelles qui entourent l'articulation scapulo-huméralc dans le dessein de l'attirer en arrière.

INDICATIONS

En avant, ils sont formés d'une surface plane placée sur le haut du thorax. L'ensemble du système tend à immobiliser le buste pour le redresser. Le moyen me semble illogique au moins dans tous les cas où il n'existe point de lésions anatomiques. J'estime en principe qu'il est de beaucoup préférable de favoriser la liberté complète des mouvements, c est ce qu'on cherche d'ailleurs par la pratique des exercices de gymnastique; mais je démontrerai qu'on peut y aider, d'une façon beaucoup plus efficace parce qu'elle est constante, par l'emploi d'un corset bien appliqué.

L'enfant se tient mal parce que ses épaules sont lourdes à porter, parce que l'effort qu'il doit faire pour se redresser le fatigue; ses muscles n'ont pas l'énergie nécessaire pour le maintenir; sa nutrition suffit à peine à son développement, et il se laisse tomber en avant. Ce corset de maintien qui embrasse son dos et ses épaules l'empêche de se redresser et ne fait qu'augmenter le poids dont il estchargé. Les bretelles tirent l'articulation en arrière, mais la colonne vertébrale ne se redresse pas sous leur effort, elle prend une position spéciale, absolument anormale, et qui persiste même après l'enlèvement de l'appareil. En un mot, le corset dépassant unecerlaine hauteur, surtout lorsqn il est muni de bretelles, ne soutient pas la colonne vertébrale, il pèse sur elle; et si les attitudes vicieuses sont

FiGi 17. — La môme avec le corset Gâches-Sarrau te.

plus fréquentes chez les fillettes que chez les garçons, c'est à ce dispositif mal entendu qu'il faut l'attribuer. Le seul moyen propre à favoriser le redressement et le

maintien du buste chez l'enfant comme chez la femme, j'en suis convaincue par l'expérience, consiste à fournir un appui seulement aux vertèbres lombaires.

Sous l'influence de cet appui môme très léger, combiné avec une pression s appliquant très bas, en avant, le haut du corps se redresse immédiatement, le thorax bombe, les épaules s'effacent; l'enfant se trouve allégé de tout le poids de son buste.

J'ai eu maintes fois l'occasion de réaliser cette expérience sur des fillettes se présentant dans les conditions décrites , je faisais couper les bretelles et descendre le corset vers le bassin; aussitôt, la nature reprenant ses droits, le buste se plaçait dans l'extension. C'est ainsi que j'ai pu réunir un certain no m b re d 'ob se rva lions dans lesquelles le corset abdominal a certainement favorisé le développement général des enfants et corrigé très rapidement leurs mauvaises atti-

Fig. 18. — Fillette de 12 ans avec une brassière.

tudes (fig. 15 à 19).

J'ai voulu mettre ces résultats en évidence à l'aide de données précises. Sur des sujets successivement revêtus

INDICATIONS

du corset thoracique, puisdu corset abdominal, j'ai pris des mensurations, en avant, de la base du sternum jusqu'à terre et, en arrière, de la 7 e vertèbre cervicale jusqu'à terre, et toujours, dans le second cas, je constatai une augmentation de 4 centimètres au moins à la région antérieure du corps. C'est-à-dire que si. avec leur corset thoracique ou leur corset de maintien, les jeunes sujets mesuraient, par exemple, 1 m. 54 en avant et 1 m. 58 en arrière, en faisant descendre l'appareil sur le bassin, en dégageant les épaules et laçage thoracique, la différence se présentait en sens inverse, je trouvais 1 m. 58 en ayant et 1 m. 54 en arrière. Ces chiffres sont pris au hasard, mais les différences constatées atteignent les proportions indiquées (fîg. 15 à 19).

Dans le sens horizontal, les mensurations donnent des indications concordantes :

sous rinfluence du dé^a^ement complet du buste, les dimensions de la région thoracique antérieure augmentent aux dépens de la région dorsale qui s'efface. Si l'on prend le creux axillaire comme point de repère on trouve, avec le corset abdominal, un élargissement de la région antérieure qui varie de 0 à 10 centimètres; la région posté-

FlG. 11). — La même avec le corset Gàches-Sarraute.

Heure est, au contraire, rétrécie dansles proportions respectives de 5 à 7 centimètres; mais toujours la circonférence totale du buste à ce niveau est nettement augmentée. Du reste, le fait peut aisément se vérifier sans l'aide de mensurations, il suffît de faire tout simplement endosser aux enfants leurs anciens corsages : la taille se trouve trop courte en avant et il est impossible de les boutonner, faute de largeur.

Il est donc certain qne le corset bien fait, placé au-dessous de la ligne de flexion ou d'extension générale du corps, favorise l'amplitude des mouvements et permet aux fillettes de se développer aussi vigoureusement que les garçons de même âge.

Les indications que je viens de présenter au sujet des fillettes se retrouvent dans le même ordre chez les femmes normalement constituées. Chez elles aussi le redressement et le développement du buste s'effectuent par le même procédé, mais le corset tel que je l'entends fournit en outre aux organes abdominaux un soutien qui est toujours nécessaire.

Il reste maintenant à examiner les cas pathologiques pour distinguer ceux qui pourront être avantageusement traités par l'application de notre appareil.

D'après toutes les remarques que nous avons faites au sujet de Faction exercée par ce corset sur les organes abdominaux, on conclura qu'il est indiqué dans tous les cas de ptôse. En soutenant le ventre de bas en haut par sa partie inférieure, depuis le pubis sur lequel il prend son point d'appui en avant, jusqu'au-dessus de la taille, il porte et maintient vers le haut tout le contenu abdominal; son effort se transmet directement, par une répercussion facile à interpréter, jusqu'aux organes supérieurs. C'est ainsi que la masse intestinale servira de coussin à l'estomac et aux viscères qui l'entourent, comme je l'ai déjà signalé. Cet effet se produit en général tout simplement, sans difficultés,

INDICATIONS

et les malades se trouvent dès l'instant soulagées sans le secours d'autres artifices.

Ce procédé est beaucoup plus logique que ceux employés jusqu'à ce jour, plus simple que la ceinture hypogastriquc munie ou non de pelotes et complétée presque toujours par un corset thoracique; car, d'une part, les pelotes ne conservent pas toujours leurs rapports avec les organes déplacés et par conséquent ne remplissent pas leur rôle ; d'autre part, le corset thoracique, en serrant la taille, refoule vers le bas les organes que la ceinture a pour but de remonter. . Ces deux appareils agissant. chacun de son côté dans une direction opposée entraînent les viscères en avant dans une situation tout autre que celle qui leur est assignée par la naturç, et par conséquent défavorable.

Le corset abdominal réunissant la ceinture et le corset permet d'éviter la constriction de la cavité viscérale sur la région antérieure et les organes sont portés directement à partir du pubis dans leur position normale.

Abaissement du rein. — On comprend sans peine que, dans les cas d'ectopie, le rein se trouve particulièrement soutenu par cet appareil qui doit alors être très serré par le bas; la masse intestinale lui fournit un appui permanent, le repousse dans sa loge et l'y maintient à demeure malgré la variété des mouvements que la malade peut exécuter. De plus, le corset en remontant et serrant les organes les immobilise, et l'immobilisation tout indiquée dans cette affection est à ce point appréciée par les malades que cellesci déclarent ne plus souffrir aussi longtemps que cette immobilisation persiste.

Dilatation de l'estomac. — L'estomac, chez la femme qui porte un corset et se serre la taille, est toujours déformé,

déloge de sa position et descendu vers l'abdomen ; le déplacement et la distension peuvent être plus ou moins considérables, mais ils existent généralement; les personnes dont l'estomac est normal sont des exceptions.

Evidemment les formes ajustées du costume féminin ne laissent pas deviner qu'il peut exister en avant, au-dessus delà taille, un organe volumineux dont les dimensions varient plusieurs fois par jour, précisément à l'endroit qu'on étrangle et qu'on façonne de manière à le rendre le plus mince possible. Tel est cependant l'effet de tous les corsets, c'est en cela que consiste leur principal défaut, car il n'est pas permis de supposer que l'estomac sur lequel on appuie et auquel on assigne un espace fixe, restera à sa place après qu'il aura reçu le bol alimentaire, et pourra exécuter les mouvements propres à mettre chaque parcelle des aliments en contact avec le suc gastrique. Si la place qui lui appartient avait toujours été réservée, si Ton était habitué à voir l'estomac bomber à l'épigastrc chez la femme comme chez l'homme, on ne serait pas surpris et choqué par la saillie que détermine l'application du corset abdominal, saillie d'autant plus considérable au début que l'estomac est plus distendu.

L'un des buts atteints par le corset abdominal consiste précisément à reporter l'estomac vers l'épigastre et à lui laisser une place libre suffisante pour se développer à l'aise après le repas, extérieurement pour ainsi dire, grâce à l'élasticité des téguments, et non aux dépens de la cavité abdominale en refoulant les autres organes. Le résultat est obtenu iVune manière absolue à la condition de réserver entre le bord supérieur du corset et le sternum un espace de plusieurs centimètres; j'ai insisté plus d'une fois déjà sur cette condition indispensable, et je dois dire que j'ai eu à lutter sur ce point môme avec les médecins. Car en me demandant de soutenir les seins avec lç corset abdominal qui tient lieu

INDICATIONS

de ceinture bypogastrique, ils ne se rendaient pas exactement compte de ce fait que les seins se trouvent sur le thorax bien au-dessus de l'épigastre et qu'en les atteignant avec le corset qui est, nous

I avons vu, toujours rigide, ils assignaient une place fixe à l'estomac et immobilisaient la région. Or j'ai toujours résisté à cette suggestion, et l'expérience m'a prouvé que j'avais raison.

Le corset abdominal a donc pour effet direct de soulever l'estomac et de supprimer la distension qui affecte la grande courbure; nous sommes en droit de conclure que son application est indiquée dans tous les cas de ptôse et de dilatation stomacale dont il amène mécaniquement la disparition en un temps relativement court.

II est bien entendu que s'il existe des lésions anatomiques ou organiques, l'action du corset est tout à fait inutile.

m *• *■ j . Fie. 20. — Estomac relevé

Constipation. - La pression dans un cas de |)lose exercée de bas en liant sur

la paroi abdominale se transmet, avons-nous dit, aux organes sous-jacenls. Le premier effet de cette action toute mécanique est de restituer la tonicité des fibres musculaires de l'intestin et, conséquence naturelle, d'en faciliter

les contrariions. La circulation intestinale semble par la m£me accélérée. L'effet s'étend à toute la longueur du tube digestif contenu dans l'abdomen, à la condition toutefois qu'on n'interpose pas sur un point quelconque de la paroi

un élément de constriction circulaire qui viendrait diminuer en ce point le calibre de l'intestin et entraver la ma relie des matières en digestion. Nous avons longuement exposé que la partie antérieure de notre corset est précisément disposée en surface plane dans le bul bien déterminé d'empêcher qu'un lien puisse déprimer circulairemcnt la paroi.

En outre, et ceci est une conséquence psyc h o 1 ogi q u e intéressante à signaler; le seul fait de placer un vêtement serré sur la région du bassin oblige 1 les femmes à penser a leur ventre. Comme elles se sentent d'autant plus à Taise et que le corset tient d'autant mieux en place que le ventre est plus libre, et que, d'autre part, leur tournure est plus élégante dans ce dernier cas, elles s'habituent à se donner la peine d'aller a la garde-robe tous les jours. Toujours est-il, qu'en raison de ces causes multiples, on voit disparaître la constipation, cette affection si rebelle chez la femme et qui résiste le plus souvent à toute médication.

Fie. 21.

Femme obèse, nuei

INDICATIONS

En somme, le tube digestif tout entier bénéficie de ce procédé de contention qui consiste, je le répète, à porter de bas en haut, uniformément et régulièrement sans interruption, tous les organes situés dans l'abdomen, et on peut affirmer que la fonction de digestion retrouve ainsi ses conditions normales, malgré la vie sédentaire qu'on mène dans les villes, malgré le costume et malgré toutes les mauvaises conditions que nous impose la civilisation.

Utérus. — Au risque de me répéter, je ne puis cependant passer sous silence le rôle <pie joue le corset vis-à-vis des organes génito-urinaires, rôle qui se déduit logiquement du mode d'action de l'appareil. En d é b a r r a s s a n t le bas-ventre du poids de toute la masse intestinale, il amène la libération de l'utérus à sa partie supérieure; le plancher du bassin ne supportant plus à lui seul la pression des viscères abdominaux qui pesaient sur lui, tous les organes de l'excavation se trouvent dégagés. 11 est d'observation courante de voir diminuer sous cette influence les douleurs inhérentes aux déviations utérines et surtout à l'antéversion, douleurs qui se manifestent avec plus d'acuité au moment des règles.

Fig. 22. — La même avec le corset Gàches-Sarraute.

C'est au redressement de l'utérus qu'il faut attribuer cette amélioration.

J'ai également constaté que Faction n'est pas moins favorable sur les prolapsus utérins lorsque les ligaments, simplement relâchés, sont encore susceptibles de recouvrer leur vitalité.

Inflammation des annexes de l'utérus. — Le corset abdominal, ai-je dit, doit être employé chez tous les sujets normaux, chez l'enfant comme [chez l'adulte. A ce point de vue il peut être classé comme un vêtement hygiénique utile à toutes les femmes. Il est également utile et peut être considéré comme le meilleur traitement des affections que j'ai signalées. Mais il est des cas où il doit être appliqué d'une façon tout à fait spéciale sous peine de n'être pas supporté. C'est lorsqu'il existe des états inflammatoires aigus des annexes de l'utérus. Ces affections rendent la région du bas-ventre très douloureuse, et pour arriver à alléger le petit bassin du poids de l'intestin qui favorise la congestion des organes génitaux, il faut agir avec prudence : soutenir le ventre très légèrement d'abord, puis progressivement à mesure que les douleurs diminuent, jusqu'à ce que la tolérance soit complète. Ce procédé exige, bien entendu, qu'aucun lien, ni aucune constriction ne soient placés au-dessus de la région que nous maintenons jusqu'à ce que les douleurs aient entièrement disparu. Il serait même à désirer que la malade voulût bien ne s'habiller qu'avec des robes retenues seulement sur les épaules sans aucune ceinture, et cela est très difficile à obtenir. Lorsque les annexites sont chroniques, le corset est en général bien supporté, cependant à certains moments on est forcé de le supprimer comme on doit supprimer toute espèce de vêtement serrant le ventre.

INDICATIONS. 57

Tumeurs. — Les ovaires kystiques déterminent également des douleurs très violentes, et surtout sont très sensibles à la pression : dans deux cas de ce genre le corset n'a absolument pas été supporté.

Par contre les tumeurs fibreuses subissent très bien l'enveloppement de l'abdomen, et sous l'influence de l'ascension des viscères abdominaux, elles semblent se décongestionner et diminuer de volume.

Hernies. — Après avoir passé en revue les différents désordres viscéraux et recherché les moyens de les éviter, il me reste à parler de la paroi qui enveloppe les viscères et qui participe fatalement aux déformations de ceux-ci.

La paroi abdominale, dont la résistance est en quelque sorte limitée, perd ses qualités, sa

puissance de réaction, lorsque sa surface se trouve augmentée d'une façon continue par la réplétion exagérée de l'abdomen ou par des grossesses successives (lig. c 2i et w 25). On comprend qu'il soit utile de la consolider par

Fie. k >3. — Grosse tumeur fibreuse de Tu té ru s.

Corset Gâches-Sarraute.

l'adjonction d'un appareil qui la double sur toute son étendue et qui lui permet, en l'aidant à porter et a maintenir la masse abdominale, de recouvrer ou de conserver

ses dimensions nor maies. A plus forte raison, cet appui lui serat-il nécessaire si la couebe profonde, c'està-dire les muscles ou les aponévroses, présente des solutions de continuité livrant passage à une portion du contenu abdominal, comme c'est le cas dans les hernies et les éventrations, par exemple.

Mais ici il convient de faire certaines réserves, et de distinguer les cas susceptibles d'être améliorés par le portdcmon appareil seul, des cas dans lesquels un appareil tout à fait spécial s'impose inévitablement.

Sans m'occuper des causes variées qui peuvent produire les bernies, je rappellerai cependant que celles-ci affectent souvent des régions de l'abdomen difficilement accessibles et que certaines d'entre elles, en raison de leur siège et de la nature du tissu qui circonscrit l'orifice

FiG. 24. — Grosse femme.

(Hernie ombilicale.)

INDICATIONS

herniaire nécessitent un traitement spécial pour lequel le corset abdominal serait insuffisant : telles sont les hernies inguinales et crurales. Situées en dehors de la surface saillante de l'abdomen, elles sont, par cela même, hors de la portée d'un appareil qui emboîte la paroi. Leur siège et la nature des tissus intéressés nécessitent une oblitération locale, étroitement circonscrite, que mon appareil est impuissant a produire. Aussi n'est-ce pas à la cure de ces deux ordres d'accidents que je fais allusion lorsque je range les hernies parmi les indications du corset abdominal, mais uniquement aux hernies ombilicales et aux éventrations.

Ici notre appareil est tout a fait indiqué; connaissant son mode d'action, nous sommes assurée que s'il n'en amène* pas nécessairement la cure, en déplaçant le niveau de l'orifice herniaire, il fermera le passage à l'anse intestinale. On sait que les hernies ombilicales surviennent le plus souvent a la suite de la distension exagérée de l'abdomen, distension qui, ayant augmenté outre mesure l'étendue de la paroi entre l'ombilic et le pubis, tiraille et élargit l'anneau ombilical.

La peau de la région hypogastrique atteint parfois des proportions excessives (fig. 25): Cependant les muscles et

Fie 25. — Femme brésilienne ayant eu 12 enfants.

les aponévroses ne participent pas toujours au relâchement; cela se présente ainsi lorsque la paroi a subi une pression extérieure s'exerçant de haut en bas, par exemple. Si les muscles opposent une énergie suffisante et résistent, la peau continuellement poussée vers le bas se détache de la couche musculaire, glisse sur elle et en arrive à former un repli au-dessous du ventre. L'intégrité du muscle étant au moins partiellement conservée, il est rare de rencontrer dans ce cas des accidents dus à l'écartement de l'anneau ombilical. Ceux-ci surviennent lorsque la pression agit non sur la peau seulement, mais encore sur les muscles, non lorsqu'elle vient de l'extérieur, mais quand elle résulte de la poussée de l'intestin. Alors la couche musculaire et les aponévroses se laissent distendre et se relâchent au même degré que la peau elle-même. Si l'on examine la femme debout alors que les muscles sont en activité : dans le premier cas, on sent la peau distendue glisser sur le muscle contracté qui reste immobile et maintient assez haut le contenu abdominal ; dans le second cas, la palpation indique un état très différent, la paroi est molle dans toute son épaisseur, se laisse déprimer profondément, on ne rencontre aucune résistance si l'on pousse l'intestin de droite à gauche, ou du pubis à l'épigastre. C'est chez ces femmes à paroi molle, insuffisante qu'on rencontre les hernies ombilicales ou les éventrations.

Or voici de quelle façon se produit le mécanisme de contention par notre corset. Trois actions interviennent et l'une d'une façon intéressante et tout à fait inattendue : 1° la paroi est maintenue sur toute sa hauteur : cet effet estime des propriétés du corset abdominal; 2° la masse intestinale est soulevée; 5° en outre, en ramassant pour ainsi dire la partie déclive du ventre, c'est-à-dire la peau, et en l'élevant au-dessus du pubis de faç^n à ce qu'elle soit tendue sous l'appareil, on amène très aisément F ombilic vers la région

INDICATIONS

épigaslrique bien au-dessus de la ligne de la taille. On provoque ainsi une modification dans les rapports qui existaient entre la paroi et le contenu abdominal; les points de contact entre l'intestin et l'enveloppe abdominale ont change de place. Dès lors, l'anse herniée se trouve éloignée de l'orifice dans lequel elle avait tendance à glisser; l'anneau ombilical est venu se placer au-dessus du niveau de la masse intestinale et il échappe par cela même à toutes les pressions qu'il subissait. Pour contrôler le fait, il suffit, après avoir installé l'appareil, de faire tousser la malade dans la station debout, l'on constate que c'est toujours le tiers inférieur du ventre qui est secoué par la répercussion de la vibration diaphragmatique, tandis que l'anneau ombilical refoulé vers l'épigastre ne subit aucune pression.

Ce procédé si simple, puisqu il rend inutiles les bandages efcles pelotes, donne toujours des résultats excellents; il fait cesser les douleurs occasionnées par la compression de Tanse herniée, il donne aux malades une sécurité complète; enfin il permet, en laissant reposer rorifice, d'obtenir sa rétraction.

Le processus est le même dans les cas d'éventrations; la surface du corset, qu'on peut serrer fortement, supporte seule tout l'effort de la poussée intérieure, laissant ainsi a la paroi toute facilité pour se reconstituer.

SOUTIEN DES SEINS

La seule objection sérieuse qui ait été faite au système de corset que j'ai proposé est relative à l'absence de soutien pour les seins. Jusqu'ici c'était surtout les seins qu'on cherchait à protéger à l'aide de corsets, et comme mon appareil abandonne simultanément les seins et le thorax tout entier, son application a donné lieu à des surprises ; je n'étonnerai personne en disant que la même observation m'est opposée par chaque nouvelle venue. Sans me laisser intimider par les menaces d'insuccès, je n'ai pas cru devoir modifier mon appareil, et pour que mes lecteurs soient instruits des motifs qui ont dicté ma conduite en cette occasion, je dois indiquer les raisons physiologiques qui s'opposent à cette contention.

Le corset appliqué habituellement me semblait défectueux dans son principe même. Il soutenait le thorax et abandonnait le ventre; j'ai pensé qu'il serait plus utile de procéder inversement, de soutenir le ventre et d'abandonner le thorax. L'expérience m'a déjà donné raison, attendu qu'il y a beaucoup de femmes dont le ventre a besoin d'un soutien, toutes celles qui ont eu des enfants, et par contre, il y a peu de femmes pourvues de seins assez volumineux pour qu'il soit indispensable de leur fournir un

appui. Je me suis attachée ù la eausedu plus grand nombre en créant un appareil répondant aux indications les plus urgentes.

J'ai fait observer, en y insistant tout particulièrement, que les deux grandes cavités osseuses qui limitent le buste sont et doivent rester indépendantes Tune de l'autre. La logique veut qu'on applique un appareil sur le bassin, ce sera une ceinture, un corset abdominal, ou bien sur le thorax, et ce sera alors une brassière; mais il faut opter entre ces deux moyens de contention, il sera toujours fâcheux de relier la cavité supérieure avec la cavité inférieure au moyen d'un artifice contre nature. En aucun cas, un corset ne devra remplir à la fois cette double fonction, sous peine de devenir un instrument pernicieux pour la santé.

Une autre raison qui nous interdit d'emprisonner la cavité abdominale tout entière dans un appareil rigide, à dimensions immuables, c'est qu'au moment des repas le volume de l'estomac s'augmente de tout le bol alimentaire et du liquide absorbé. Or l'estomac rempli par la masse alimentaire, au lieu de distendre sa paroi sur place, est réfoulé vers le bas et empiète sur l'espace réservé à l'intestin. Celui-ci est repoussé vers la cavité pelvienne qui est inextensible, et, ne disposant plus de la place qui lui a été prise et qui lui est nécessaire, il la retrouve en refoulant la paroi du bas-ventre. Ce procédé engendre deux inconvénients également graves : la déformation viscérale provoquée par le développement des organes hors de leur position, et l'affaiblissement de la paroi abdominale, véritable soutien de tous les organes renfermés dans l'abdomen.

Est-il besoin de rappeler encore que le corset appliqué sur le bassin se comporte de façon plus logique, plus normale? Son bord supérieur ne monte pas assez haut pour atteindre la région de l'estomac, et, au moment des repas, ce viscère se trouvant libre en avant se développe, non plusenempié-

SOUTIEN DES SEINS

tant sur la cavité abdominale, on refoulant les intestins vers lé bas, niais sur place en faisant saillie vers l'extérieur.

Dès que les aliments ont été digérés par l'estomac, leur volume diminue et il n'est pas nécessaire de laisser à l'intestin un espace plus grand ; l'observation prouve que la circulation alimentaire se fait d'autant plus rapidement que cet intestin est mieux soutenu sur toute son étendue.

J'estime donc qu'en appliquant l'appareil que je propose, je me rapproche autant qu'il se peut des conditions naturelles et je combats une des causes les plus dangereuses pour la santé de la femme, le déplacement des viscères. Que les hommes acceptent donc de porter un corset et qu'ils fassent l'essai des deux systèmes, je suis bien sûre qu'ils me donneront raison.

En opposition avec les indications que je viens de développer, est-il possible de prétendre un instant qu'il y a le même intérêt à soutenir les seins? Certainement non. En général, la femme n'a pas les seins volumineux, mais je dirai plus, le corset quoique appliqué sur le thorax ne soutient pas ces organes; dans tous les mouvements d'extension et de torsion, le sein est abandonné par son soutien. Sous le prétexte de fournir cet ap-

Fig. 20/' — Soutien dos seins par une brassière.

pui, l'appareil comprime les côtes, gène la respiration, fait fuir l'estomac au-dessous de sa position, énucléo le rein hors de sa loge, entrave par conséquent les fonctions les plus importantes de l'économie. Signalons encore une dernière conséquence fâcheuse : les goussets du corset, faits d'une étoffe imperméable, favorisent l'accumulation de la sueur audessous de la glande, ce qui est, a n'en point douter, une mauvaise condition au point de vue de l'activité des échanges cutanés. Est-il logique de provoquer des troubles aussi graves pour arriver à un résultat illusoire?

Évidemment la femme se trouve surprise, décontenancée la première fois qu'elle revêt un corset construit suivant mes indications; l'appareil recouvre les parties qui étaient libres et laisse libres les parties auparavant serrées.

Ayant toujours eu la poitrine étroitement comprimée, elle craint que ses seins ne se flétrissent et ne tombent, mais c'est le contraire qui arrive et la raison en est bien simple. D'une part, en supprimant les goussets, on aide à la restitution de l'activité de la peau; mais, en outre, le corset abdominal provoque un changement d'attitude du

FiG. 27.

La même, vue de profil

SOUTIEN DES SEINS

buste. Sous son influence, le torse se cambre, le thorax se redresse, les fausses côtes s'écartent, si bien que les seins reposent sur une surface moins déclive (0g, JS). Çèj appui naturel est largement suffisant dans la plupart des cas; quant aux seins très volumineux, il convient de les relever au moyen de brassières 1 reliées aux épaules, puisque le sein est solidaire de la région supérieure du thorax. De cette façon, brassière et corset demeurent indépendants l'un de L'autre, ainsi qu'on en peut juger par les figures 26 et w 27.

Du reste, qu'on ne s'y trompe pas, ce n'est pas la femme, c'est la couturière qui réclame une paroi rigide sur laquelle il lui sera aisé de mouler ses corsages, car, malgré toutes les protestations, la couturière ne veut pas admettre que le règne des vêtements serrés sur l'estomac a vécu.

Mais il y aura toujours

assez [de femmes intelligentes pour résister à toutes les suggestions et pour imposer la vraie mode, celle qui est compatible avec la conservation de la santé.

Fui. 28. — Femme normale avec le corset Gâches-Sarrau te, La même que la Vig. 5.

OBSERVATIONS

Je dispose actuellement de près de quatre mille observations, j'en prends quelques-unes au hasard afin de mettre en évidence les faits les plus intéressants et de démontrer que le corset abdominal agit bien dans le sens que j'ai indiqué.

Tympanisme. — Mme I)..., 50 ans. Ballonnement excessif du ventre, tympanisme, très anémiée, marchant difficilement.

1 er Corset en décembre 1896. Le volume du ventre diminue en six semaines de 27 centimètres de circonférence; le tympanisme a complètement dispàru et la malade a très rapidement recouvré la santé.

Mme B..., 45 ans. Lithiase biliaire, vésicule volumineuse, coliques hépatiques fréquentes, femme très malade.

1 er Corset, janvier 1897, que j'ai dû faire très court pour éviter la pression sur la vésicule. Le foie est beaucoup moins gros et beaucoup moins sensible. Amélioration notable. Pas de coliques hépatiques depuis deux ans.

Utérus. — Mme L..., 50 ans. Endomélrite à la suite de couches, ventre très ballonné, souffre constamment de douleurs utérines, ne peut pas marcher, triste, nerveuse.

1 er Corset, juillet 4898. Actuellement l'utérus a beaucoup diminué de volume, plus de pesanteurs, ni de douleurs de ventre, marche très bien, a beaucoup engraissé, se perle 1res bien.

LE COHSKT.

Mme M..., 45 ans. Hypertrophie utérine avec prolapsus, souffre du von Ire et marche difficilement.

1 er Corset, novembre 1897. Actuellement disparition de tous les troubles, marche sans se fatiguer.

Mme L..., 50 ans. Tumeur fibreuse énorme (fig. 2">). Ne peut plus marcher.

Corset, mai 1898. La tumeur, décongestionnée par l'allégement de la masse intestinale qui pesait sur elle, qui l'enclavait vers le petit bassin, a beaucoup diminué de volume.

Mme G..., 58 ans. Salpingite chronique gonorrhéique, ventre très douloureux.

Corset, octobre 1898, très difficilement supporté au début, s'y est habituée, va très bien maintenant, ne souffre plus du ventre, que rarement, très surprise de pouvoir se serrer.

Mme G..., 25 ans. Endomélrite, suite de couches, entéroptose, très maigre et très malade. Constipation opiniâtre.

Corset en août 1898. Va très bien maintenant. A engraissé. Digère bien.

Mme B..., 40 ans. Prolapsus de f utérus, à la suite d'une déchirure complète du périnée; portait un pessaire de Dumont palier qui ne pouvait pas être tenu en place sans l'aide d'un tampon de ouate; cette femme n'avait pas marché depuis dix ans; très gros ventre (fig. 9 et 10).

1 er Corset en mai 1898. Amélioration progressive.

A partir de janvier 1899, a pu abandonner le pessaire, marche et fait de grandes courses sans se fatiguer.

Mme F..., 55 ans. Prolapsus utérin, incontinence d'urine, bassin osseux très déformé, les crêtes iliaques remontées dans la taille jusqu'au niveau des fausses côtes. Grande difficulté pour faire tenir le corset en place.

\ cr Corset en février 1898. Actuellement très grande amélioration, l'incontinence d'urine a cessé, l'utérus a repris sa position normale.

Mme G..., 27 ans. Ovai-re kystique, salpingite ancienne, ventre très douloureux, n'a jamais pu supporter le corset, ni les ceintures, a été opérée depuis. Dans les affections de ce genre, le corset semble contre-indiqué, la pression sur le ventre étant toujours douloureuse. Le corset n'a pas été supporté.

OBSERVATIONS

Mme G..., 40 ans. Hypertrophie utérine, ventre douloureux, constipation opiniâtre.

1 er Corset, avril .1898. Très mal supporté au début, semblait exagérer les douleurs abdominales. La malade s y est habituée peu à peu, aujourd'hui s'en trouve très bien.

Mme M..., 60 ans. Tumeur fibreuse de l'utérus, du volume d'une tête d'enfant, ventre très gros et très saillant, pesanteur déterminant une fatigue constante.

1 er Corset, mai 1896. Depuis cette époque la tumeur a diminué de volume, elle est maintenant comme une orange, le ventre est beaucoup moins gros et la malade va très bien.

Mme W..., 25 ans. {Salpingite double chronique, ventre très douloureux par moment, a très bien supporté le corset depuis juin 1895; s'est serrée progressivement et s'en trouve très bien.

Jeunes filles. — Mlle G..., 20 ans. Rein flottant, dilatation de l'estomac. Se tient très mal, omoplates saillantes, buste très court, hanches hautes.

1 er Corset en janvier 1898. A la fin de février se lient déjà mieux. Actuellement le buste s'est beaucoup allongé, les douleurs d'estomac ont totalement disparu.

Mlle D..., 18 ans. Scoliose légère. Gros ventre, dos rond.

1 er Corset, avril 1899. Immédiatement le buste s'est redressé, et depuis lors la scoliose a disparu, le dos s'est effacé; elle a beaucoup grandi.

Mlle H..., 22 ans. Constipation opiniâtre. Obstruction du csecum. Souffre beaucoup de la fosse iliaque droite.

Corset en février 1897. Se trouve immédiatement soulagée, peu à peu la constipation disparaît.

Mlle T..., 18 ans. Ma uvaise attitude. Jeune fille très grande, dos voûté, omoplates saillantes. Mal développée, se tient très mal.

1 er Corset, septembre 1898. Dès que le corset a été placé, le buste s'est augmenté en avant de 5 centimètres, dans le sens de la hauteur, tandis que le dos s'est effacé; depuis cette époque la jeune fille se tient très bien, le thorax s'est développé en avant, elle a encore grandi.

Mlle M..., 7 ans. Enfant qui se tient très maL a porté des cor-

sels de maintien avec des bretelles. Dos voûté, le thorax concave en avant, les épaules tiraillées en arrière ne sont pas suivies par les vertèbres cervicales qui tombent en avant en entraînant la tète. Attitude tout à fait vicieuse; on proposait de mettre un collier pour corriger l'attitude de la tête, le corset porté depuis octobre 1898 a suffi pour redresser Tentant qui est maintenant très bien développée (fig. 15 à 17).

Opérées. — Mme B..., 45 ans. Laparotomie pour extirpation d'une tumeur fibreuse de l'utérus, ventre très volumineux et très sensible, ne pouvait pas marcher, portait une ccinture.qui la tenait insuffisamment.

1 er Corset, juin 1898. Amélioration rapide, diminution du volume du ventre, se sent très bien soutenue et marche toute la journée sans se fatiguer.

Mlle D..., 28 ans. Laparotomie pour hyslérectomie, pesanteurs de ventre, constipation opiniâtre, digestions très mauvaises, migraines fréquentes; vient me consulter ayant une migraine violente depuis plusieurs heures et m'accuse tous les symptômes que je viens de signaler; je lui mets un corset, elle le garde sur elle, une heure après la migraine était passée et n'a pas reparu depuis ce moment, elle va à la selle tous les jours, a bon appétit et digère bien.

Mme B..., 55 ans. Hyslérectomie vaginale, a des pesanteurs dans le ventre par suite de la pression des viscères abdominaux sur le plancher pelvien.

Corset, novembre 1898. Depuis cette époque se sent très soutenue, peut marcher, va très bien.

Mme B..., 40 ans. Vient de subir une laparotomie pour l'extirpation d'un kyste de l'ovaire, ventre très douloureux, ne supportant presque pas de pression et ne pouvant pas Être relevé.

Le 1 er corset, juin 1898, était à peine supporté dans les premiers jours; I mois après, 2 e corset qu'on peut serrer, la cicatrice est beaucoup moins douloureuse, complètement guérie, ne peut plus se passer du soutien fourni par le corset.

Mme G..., 52 ans. Laparotomie pour extirpation des annexes. I er Corset en février 1899. Trois semaines après l'opération, la cicatrice a été parfaitement maintenue, la malade va très bien.

OBSERVATIONS

Mme R..., 22 ans. Laparotomie pour extirpation d'un kyste de l'ovaire, hystéreetomie totale. À la suite de cette opération, le plancher pelvien était refoulé vers le bas et la malade avait des pesanteurs de ventre qui l'empêchaient de marcher.

1 er Corset en avril 1899. Elle se trouve très bien maintenue et peut vaquer à ses occupations.

Hernies ombilicales. — M mc L..., 64 ans. Hernie ombilicale, dilatation de l'estomac, constipation opiniâtre. Gros ventre, très distendu, ne peut pas marcher, tour de taille 90 centimètres.

I er Corset en janvier 1899. Orifice herniaire à l'épigastre. Constipation guérie, estomac remonté à l'épigastre. Ne souffre plus de sa hernie. Marche très bien.

Mme G..., 50 ans. Hernie ombilicale. Gros ventre. Emphysème pulmonaire, toussait toujours et souffrait continuellement de sa hernie; porte le corset depuis décembre 1898, l'orifice herniaire est à l'épigastre, les efforts de la toux ne portent plus sur le point faible de la paroi, va très bien à ce point de vue.

Mme L..., 50 ans. Hernie ombilicale volumineuse déterminant des coliques très fréquentes.

I er Corset 1896. Orifice herniaire placé à l'épigastre à la suite du relèvement de la paroi, les accidents intestinaux ont complètement disparu, depuis lors, ne souffre plus de sa hernie.

Mme B..., 52 ans. Grosse hernie ombilicale, opérée sans résultat, double éventration, paroi tout à fait insuffisante, femme impotente. Énorme, 1 mètre 75 de tour de ventre, ne quitte pas la chaise longue, ne peut absolument pas marcher.

1 er Corset, juin 1897. Femme transformée depuis ce moment; ce corset lui a donné une sécurité absolue pour sa paroi, se lève exprès pour mettre son corset, ne se sentant pas suffisamment soutenue dans son lit par sa ceinture ordinaire, marche du matin jusqu'au soir, a diminué de 40 centimètres.

Mme B..., 55 ans. Hernie ombilicale opérée, laparotomie pour l'extirpation d'un kyste de l'ovaire, très gros ventre, prolapsus utérin contre lequel il a été fait une colpopérinéorrhaphie sans résultat, douleur constante et pesanteur du ventre.

J ei Corset, juin 1898. Le ventre est très relevé et la cicatrice

herniaire esl à l'épigastre, très grande amélioration de l'état général, par suite de l'allégement de la région pelvienne.

Mme S..., 60 ans. Huit enfants. Hernie ombilicale, distension énorme des parois.

1 er Corset, octobre 1890. L'orifice herniaire se trouve au niveau de l'épigastre, la malade a diminué de 12 centimètres au niveau de la taille et de T>0 centimètres de tour de ventre.

Obèses. — Mme H..., 48 ans. Obésité, palpitations de cœur, état général très mauvais, ne quitte pas la chaise longue, varices des membres inférieurs.

1 er Corset, octobre 1898. Depuis lors, a beaucoup aminci : 40 centimètres de tour de ventre, les troubles circulatoires ont diminué et la santé générale est beaucoup meilleure, la malade marche très bien.

Mme P..., 45 ans. Obèse, très gros ventre, éventration, ne peut pas marcher, le ventre descend sur les cuisses.

Corset, novembre 1898. Actuellement la masse abdominale a beaucoup remonté, la malade a diminué de 55 centimètres de tour de ventre, marche très bien.

Mme M..., 45 ans. Obèse, se portant mal, ne peut pas marcher, grossit toujours.

l ,,p Corset, juillet 1898. Depuis ce moment a diminué au point d'être méconnaissable, santé excellente, très rajeunie.

Mme H..., 45 ans. Obèse, goutteuse, hémorroïdes internes avec hémorragies presque quotidiennes, hypertrophie du foie, ventre très lourd, seins énormes, constamment allongée sur une chaise longue, ne peut marcher ; porte le corset depuis janvier 1898, les hémorroïdes ont complètement disparu, le volume du foie est très réduit, la malade a beaucoup diminué du ventre, son état général est beaucoup meilleur, peut marcher.

Mme M..., 50 ans. Double hernie crurale, obèse, ventre très gros.

Porte le corset depuis avril 1898. Depuis cette époque a diminué de 50 centimètres ; n'a pas quitté son bandage herniaire.

OBSERVATIONS

Reins flottants. — Mlle de Q..., 26 ans. Rein flottant, utérus abaissé, très malade, très maigre, ne peut ni marcher, ni se tenir debout, neurasthénie. Tristesse.

Corset, avril 1899. S'est trouvée améliorée immédiatement; elle digère très bien, mange de tout, marche et est beaucoup plus gaie.

Mme G..., 50 ans. Créole. A eu les fièvres intermittentes, foie très gros, rein flottant, l'estomac très dilaté, ne digère rien.

1 er Corset, avril 1897. Amélioration progressive. Aujourd'hui l'estomac a repris ses dimensions normales. Les digestions sont bonnes, le foie a même diminué de volume.

Mlle L..., 30 ans. Rein flottant à droite, très gros, irrégularité dans l'émission des urines, estomac atteignant" le pubis, ne digère rien, ne peut pas marcher.

1 er Corset, décembre 1898.

2 e Corset, avril 1899; à l'examen, le rein a beaucoup diminué de volume, l'estomac est encore bien dilaté, mais cependant la malade digère beaucoup mieux ; amélioration sensible.

Mme V..., 55 ans. Dilatation de l'estomac, abaissement du rein, migraines constantes; cette femme passait la moitié de son temps couchée dans l'obscurité.

Corset depuis février 1897. Guérison complète.

Mme V..., 58 ans. Dilatation de l'estomac, ectopie rénale, entéroptose, femme très maigre, tout à fait cachectique, difficulté très grande pour faire tenir le corset sur le ventre qui était déprimé en bateau ; l'amélioration n'a pas été immédiate.

Le 1 er corset a été fait en décembre 1896 et ce n'est que vers la fin de 1898 que les troubles gastriques ont à peu près disparu, aujourd'hui la malade est presque complètement rétablie, elle a beaucoup engraissé.

Mme P..., 25 ans. Ectopie rénale, rein très gros placé au milieu du ventre, ne digère rien, très maigre, se traîne, souffre toujours.

1 er Corset en 1895. Amélioration au bout de 6 mois, va très bien maintenant, ne souffre plus du rein, digère bien, est complètement guérie.

Mme P..., 25 ans. Ectopie rénale. Constipation opiniâtre. Troubles digestifs.

Corset, juillet 1897. Disparition des accidents.

Mme P..., 25 ans. Rein flottant très gros, très fatiguée, malade très amaigrie, employée des postes ; ne peut plus faire son service.

Corset, décembre 1895. A engraissé de 20 livres en o mois, ne souffre plus du tout.

Mme B..., 30 ans. Rein mobile à droite, douleur constante du côté du ventre et troubles gastriques très accentués. Corset en mars 1897. Va parfaitement depuis lors.

Mlle de F..., 18 ans. Abaissement dit rein droit, estomac très distendu, ptôse générale, très maigre, refuse de porter le corset. Sur les instances de son médecin finit par s'y décider. Se trouve tellement améliorée qu'elle ne veut plus le quitter.

Mme G..., 25 ans. Rein flottant. Maigrit constamment, souffre beaucoup des reins.

1 er Corset en 1897. A engraissé, les douleurs lombaires ont disparu, se porte; très bien.

Mme G..., 45 ans. Rein flottant, dilatation de l'estomac, ptôse générale, abaissement de l'utérus, ne pouvait pas marcher. Corset très difficile à maintenir en place, en raison de la forte dépression abdominale.

1 er Corset, mars 1898. Pendant six mois au moins, ceftte femme a été gônée par son corset. Aujourd'hui le supporte très bien et se trouve complètement rétablie.

Mme R..., 50 ans. Dilatation de l'estomac, rein mobile, antéflexion de l'utérus, troubles digestifs et douleurs très violentes au moment des règles.

1 er Corset en mars 1898. Amélioration des fonctions digeslives et disparition complète des douleurs menstruelles.

Mlle D..., 18 ans. Dilatation de l'estomac, abaissement dit rein, ventre en bateau, très anémique et très maigre portait une ceinture munie d'une pelote, sous laquelle la malade plaçait en outre des journaux pliés, elle ne trouvait jamais la ceinture assez profondément incrustée dans la paroi, cherchant instinctivement à soutenir la grande courbure de l'estomac.

l w Corset en octobre 1898. Le corset n'a tenu qu'à l'aide de sous-cuisses en raison de l'état de maigreur du sujet. Six mois

OBSERVATIONS

après la malade commençait à engraisser, aujourd'hui elle est bien portante.

Mlle H..., 18 ans. Ectopie rénale droite, obstruction du cœcum, constipation opiniâtre résistant à toute médication.

1 er Corset, février 1898. Le rein est bien soutenu, elle n'en souffre plus. Constipation guérie; troubles nerveux et gastriques complètement disparus.

Mme V..., 55 ans. Hein flottant à droite, lithiase biliaire, dilatation de l'estomac, troubles digestifs très accentués, irrégularité dans l'émission des urines et douleurs de ventre.

I er Corset, juillet 1898. Amélioration très notable des reins et de l'estomac, pas de renseignement sur la lithiase biliaire.

Mme V..., 57 ans. Ectopie rénale, dilatation de l'estomac, ptôse générale, femme cachectique, neurasthénique, ne digère rien, souffre toujours, excessivement maigre, difficulté énorme pour faire tenir le corset.

1 er Corset, 1895. Amélioration très sensible, a beaucoup engraissé; se porte très bien maintenant.

Mme W...,51 ans. Ectopie rénale, entéroptose, porte un corset ordinaire avec une ceinture hypogastriques, vertiges dès qu'elle marche, très mauvaise digestion.

I er Corset, janvier 1898. Va très bien maintenant.

Ptôse. — Mme C..., G8 ans. Plose générale, abaissement de l'utérus, ne peut pas marcher.

1 er Corset, février 1899. Amélioration très sensible en mai, marche très bien, digère bien.

Mme J..., 50 ans. Ptôse générale, abaissement de l'utérus, pessaire, ne peut pas marcher.

1 C1 Corset, février 1897. Marche très bien, ventre diminué, utérus remonté, suppression du pessaire.

Mme C..., 40 ans. Ptôse générale. Extirpation totale de l'utérus et des annexes, souffrant de ne pas avoir le ventre soutenu, la ceinture était insuffisante, porte le corset depuis janvier 1899 et s'en trouve très bien, marche beaucoup mieux.

Mme D..., 55 ans. Ptôse générale. Prolapsus utérin. Femme impotente.

Porte le corset depuis avril 1897. Se trouve très bien, marche, ne souffre plus.

Mme D..., 58 ans. Abaissement de l'utérus, ptosc générale, très gros ventre, portait une ceinture sans laquelle elle ne pouvait se mouvoir.

1 er Corset en mai 1896. La ceinture a pu être immédiatement supprimée, la ptôse a disparu, tous les organes ont retrouvé leur position et la femme se livre sans fatigue aux sports les plus violents.

Mme D..., 50 ans. Endométrite, piose générale. Pesanteur du ventre, ne peut pas rester debout.

1 er Corset, janvier 1899. Améliorée rapidement, marche sans aucune fatigue.

Mme F..., 56 ans. Ptôse. Dilatation de V estomac, descendu jusqu'au pubis. Couchée depuis un an, ne peut supporter aucun aliment.

l ei Corset, avril 1899, 2- Corset en octobre. Le creux épigastrique s'est rapidement comblé, la santé générale s'est améliorée, elle mange et vaque à ses occupations.

Mme P..., 26 ans. Ptôse générale. Gros utérus, creux épigastrique très exagéré, ventre saillant, l'intestin est si distendu et la paroi si mince, qu'on voit à travers la peau les sinuosités intestinales; menaces d'éventration.

Corset, juin 1898. La paroi s'est épaissie et consolidée et l'estomac remplit le creux épigastrique.

Estomac. — Mme G..., 55 ans. Estomac très dilaté, avait des éructations pendant des heures entières (son entourage prétendait qu'elle avalait de l'air en parlant), figure tirée, yeux creusés, femme tout à fait malheureuse ne pouvant pas se trouver en société.

1 er Corset en mai 1897. Dès que je lui remets le corset, le fait seul de lui soulever le ventre provoque des éructations tellement violentes qu'elles aboutissent à un évanouissement, néanmoins le corset est adapté, les accidents diminuent petit à petit; au bout de six mois la malade est complètement guérie de ses troubles digestifs et de ses éructations, elle est actuellement très bien portante, a beaucoup engraissé.

OBSERVATIONS

Mlle B..., 20 ans. Jeune fille ayant de fréquentes migraines, souffrant de Vestomac et digérant très mal, constipation.

Corset en janvier 1899. Disparition de tous ces accidents depuis l'adoption du corset, a bon appétit, digère bien, travaille sans fatigue.

Mme 0..., 32 ans. Dilatation d'estomac, point de côté à gauche, pris pour une douleur intercostale durant depuis plusieurs années et occasionnée par une accumulation de gaz sous la voûte de l'estomac.

Corset depuis novembre 1897. La douleur a complètement disparu.

Mme T..., 59 ans. Femme grande, paroi abdominale très distendue, ventre très saillant, entéroptose, troubles gastriques.

1 er Corset, juin 1898. La paroi abdominale était très épaisse, le premier effet du corset a été d'en provoquer l'amincissement; à tel point que les anses intestinales distendues par le gaz se dessinaient sous la paroi d'une façon très nette. Le deuxième effet du corset à été de rendre à la capacité intestinale son volume primitif, de telle sorte qu'aujourd'hui la paroi et l'intestin ont retrouvé leurs dimensions normales.

Mme P..., 28 ans. Mal à l'estomac. Mariée depuis 7 ans, pas d'enfants, antéflexion utérine.

1 er Corset, juillet 1898. Début de grossesse en novembre même année. Accouchement normal, va très bien.

Mme P..., 50 ans. Dilatation d'estomac, très maigre, ne digère rien, est obligée de s'allonger pendant deux heures après le repas, pour que les aliments puissent atteindre l'orifice pylorique, sous l'influence de la position horizontale.

Corset, décembre 1896. Actuellement guérie, mange et digère tous les aliments.

Mme P..., 66 ans. Souffre beaucoup de Vestomac, digère très mal, constipation opiniâtre.

Corset, octobre 1897. La constipation a complètement disparu et l'estomac va beaucoup mieux.

Mme L..., 23 ans. Souffrait de Vestomac et du ventre. Plose générale.

Corset 1897. Amélioration, grossesse menée à bien.

Mme B..., 50 ans. Fait beaucoup de sport, monte à cheval tous les jours, ne peut pas faire de longues courses, respire mal avec ses corsets. Souffre de Yestomac.

Porte mon corset depuis juin 1899 et depuis ce moment fait de 1res longues courses à cheval sans être essoufflée, estomac guéri.

Mme F..., 25 ans. Mal à l'estomac, étroitesse du thorax, femme qui s'est toujours serrée, très mal développée.

1 er Corset en décembre 1897. Thorax élargi, estomac remonté. Va très bien.

Mme S..., 52 ans. Coxalgie, dilatation énorme de F estomac.

1 er Corset en mai 1898. La première application a provoqué un état nauséeux avec défaillance, qui a duré pendant plusieurs heures. Ces accidents ont rapidement disparu, la dilatation s'est atténuée progressivement. Aujourd'hui en parfaite santé.

Mme S..., 55 ans. Dilatation de V estomac, neurasthénie.

Corset en décembre 1898. A la suite de la première application, état nauséeux avec régurgitation qui dure quelques minutes, et ne s'est plus reproduit. Guérison complète en peu de mois.

Mme G..., 56 ans. Dilatation de V estomac \ constipation, n'a jamais pu porter de corsets, clapotements dans le ventre pendant la marche et les mouvements violents.

1 er Corset en 1895, très bien supporté. Le clapotement stomacal est perçu sous la voûte diaphragmatique pendant une année ou deux, en diminuant progressivement II a aujourd'hui complètement disparu.

Système osseux. — Mme G..., Al ans. Réglée à 15 ans. Début de scoliose à ce moment. Déformation et arrêt de développement portant surtout sur la cage thoracique à gauche. On applique un corset muni de bretelles et d'un coussin comblant le creux thoracique. La déformation s'est accentuée et les coussins ont été mis de plus en plus gros, ils en arrivent à avoir 10 centimètres d'épaisseur, sur 16 de côté. A vingt-six et à vingt-huit ans, accouchements normaux. Mais depuis l'enfance cette femme est malade, souffre de L'estomac, ne digère que la viande crue, très constipée, son utérus s'abaisse et bientôt elle est forcée de porter une ceinture, marche mal.

OBSERVATIONS. 8t

Se présente à moi dans cet état en octobre 1898, demande: un corset et me fournit des coussins tout préparés. Elle en pos-' sède un certain nombre. On lui fait l'appareil, mais elle a peine à le conserver; la partie du corset correspondant au buste ne la serrant pas suffisamment, le coussin s'éloignait de la cage tho racique. Elle le porte néanmoins. En mars 1899, 2 e corset, très légère amélioration du côté de l'estomac. Mêmes reproches pour* l'absence de soutien du buste. En juillet, 3 e corset. Cette fois elle est tout à fait habituée à se passer de tuteur ; l'estomac vat tout à fait bien 5 elle mange de tout, son ventre est moins douloureux, les fonctions intestinales se régularisent. Le creux thoracique semble se combler. En décembre, 4 e corset. Amélioration générale, a passé les vacances à marcher sans se fatiguer, a supprimé sa ceinture ; fait très intéressant, il a fallu diminuer le coussin de moitié en épaisseur et en surface. Evidemment le thorax se développe du côté atrophié et je prévois qu'on pourra complètement supprimer le coussin 'd'ici un an ou deux.

Mlle M..., 16 ans. A eu un mal de Pott à 7 ans. Gibbosité intéressant les six ou sept dernières vertèbres dorsales. A été mise dans un appareil et immobilisée pendant des années, puis a marché avec des béquilles lorsque la lésion anatomique a été guérie.

Se présente à moi en février 1898 pour avoir un corset. Se plaint également de ne pas avoir le buste tenu. Mais comme je l'ai démontré, la partie du corset correspondant au buste est accessoire, ne serre pas ; la lésion étant guérie, je tente néanmoins de lui faire porter ce corset sous ma surveillance. Elle s'en est en effet bien trouvée. Au 2 e corset en juillet 1899, l'enfant s'est très développée, le buste s'est élargi et beaucoup allongé, les épaules qui étaient très portées vers le haut par le fait des tuteurs latéraux, sont maintenant tombantes, la silhouette s'est beaucoup améliorée et l'état général est très bon.

Mlle D..., 18 ans. Coxalgie de la hanche droite. Bassin dévié, hanche gauche plus haute, courbure de compensation à la colonne vertébrale ; la concavité à gauche doit être remplie par un coussin pour éviter l'accentuation de la déformation. Fillette bien portante, me demande un corset en octobre 1898. Se trouve bien au point de vue de la contention des organes de l'abdomen, mais a peur d'avoir le buste trop libre. En somme toujours même observation ; porte son corset; j'en fais un deuxième en

avril 1899, l'enfant va mieux, son buste s'est allongé de plusieurs centimètres, a beaucoup grandi, se tient mieux.

3 e corset en octobre 1899. Amélioration complète, l'enfant va très bien, j'ai pu supprimer complètement le coussin.

Grossesses. — Mme P..., 28 ans. Mariée depuis 8 ans. Pas d'enfants. Antéversion utérine, douleurs pendant les règles. 1 er corset en juin 1898. Devient enceinte en octobre; grossesse normale sans troubles digestifs, accouchement normal.

Mme M..., 26 ans. Mariée depuis 4 ans. Pas d'enfants. Antéflexion utérine. 1 er corset en 1897. Devient enceinte 5 mois après ; grossesse normale, accouchement normal.

Mme G..., 50 ans. A déjà eu 5 enfants, le dernier a 6 ans. Pendant ses premières grossesses a toujours eu des vomissements nécessitant un traitement spécial. A la fin de 1895, corset; nouvelle grossesse datant de 6 mois actuellement, n'ayant déterminé aucun trouble gastrique. Santé parfaite.

Mme D..., 25 ans. Mariée depuis 4 ans. Pas d'enfants. 1 er corset en 1897. Dans le courant de la même année grossesse et accouchement normal.

Mme D..., 26 ans. Mariée depuis 5 ans. A été opérée étant jeune fille; laparotomie. Est bien réglée. Pas d'enfants. Corset en novembre 1898. Devient enceinte le mois suivant. Grossesse normale, accouchement normal.

J'ai pris au hasard quelques observations, elles sont toutes intéressantes mais amènent toujours le même résultat qui est, en somme, produit par un effet mécanique très simple, déterminant le soutien de tous les organes abdominaux. J'ai cru inutile, pour cette raison, de prolonger la liste des observations ; les indications du corset abdominal sont bien précises, les contre-indications sont réduites à l'état inflammatoire des organes abdominaux, et dans ces cas il faut agir avec la plus grande circonspection. D'ailleurs la pression du ventre est difficilement supportée si le ventre est douloureux, et ce fait seul suffirait pour faire abandonner le corset aux malades.

ANNEXES

Page 1