‹ Le Coryza DiphthériqueChapitre 43 sur 50 · A. — QUE PENSER DU TRAITEMENT LOCAL · texte numérisé non relu

A. — QUE PENSER DU TRAITEMENT LOCAL

11 Semble que jusqu'ici on ait abusé du traitement local dans toutes les manifestations diphtériques et à plus forte raison dans le coryza.

Actuellement, M. le Dr Rabot, dans son service de la Charité de Lyon,a presque complètement délaissé cette pratique illusoire.

En vain chercherait-on à détruire les fausses membranes...on ne peut y arriver sans léser plus ou moins la muqueuse sous-jacente déjà altérée, sans faire de nouvelles inoculations, sans provoquer des hémorrhagies et elles se régénèrent avec la plus grande rapidité ; pour cela on a employé tour à tour Îles caustiques chimiques, le galvano-cautère, les moyens mécaniques, et tous les praticiens ont fini par se convaincre que le mieux était de s'abstenir de les enlever. Le moyen le plus efficace serait de détruire la cause même du mal, le germe pathogène. Encore faut-il pouvoir l’atteindre !!! et, dans ce but, combien de solutions antiseptiques n’ont-elles pas été préconi-

sées, acide phénique à 1 0/0, acide salicylique à 20/00, eau oxygénée étendue, eau de chaux phéniquée à 1 °/o qui joint aux propriétés antiseptiques l'avantage d'avoir une action dissolvante. Mais pratiquer des irrigations nasales chez les nouveau-nés et chez les tout jeunes enfants, il n'y faut pas songer. Et chez les adultes, bien qu'ils soient plus dociles, la méthode ne semble pratique qu’en apparence, car, s'il n'y a pas de complications voisines, il faudra veiller à ne pas aller infecter Îles trompes et l'oreille moyenne ou même le pharynx; veiller aussi à ce que le liquide ne ressorte pas par l’autre narine, si elle est saine, par conséquent modérer la pression du liquide; tout ceci demande une surveillance attentive de la part du médecin, c'est dire que le procédé peut être parfois dangereux ; pour ces raisons, il est peu recommandable, donc, nous croyons juste de dire qu’en face de ces difficultés, le mieux est de n'agir qu’en cas de nécessité.

Evidemment, l'huile mentholée, la vaseline boriquée, le phénol sulforiciné, la cocaïnisation de la muqueuse nasale peuvent avoir de bons effets,soiten diminuant la gène respiratoire du malade, soit en préservant les tissus contre l'action caustique des sécrétions avec lesquelles ils sont en contact, mais ce n'est là qu'une médication fort anodine.

A l'exemple de Samson, on pourra parfois intervenir chez les nouveau-nés pour parer à l'asphyxie menaçante, en introduisant dans les narines deux petits drains de caoutchouc qui pourront ainsi assurer le passage de l'air.

Des épistaxis peuvent se produire : dans ce cas, commencer par prescrire une potion d’ergotine — appliquer localement des tampons imbibés d'eau oxygénée — et si ces épistaxis se renouvellent trop abondantes, il faudra tamponner.

B. — SÉROTHÉRAPIE.

Toute la thérapeutique dont nous venons de parler n’est qu’une thérapeutique de symptômes, mais la seule vraie thérapeutique, la seule véritable, c'est la sérothérapie : « L'avenir de 1a thérapeutique de la diphtérie, dit à juste titre M. le Dr Rabot, dans un article du Lyon Médical de 1893,est dans la vaccination : faire de l’homme un rat qui se rit du bacille de Loœffler, du pseudo comme du vrai, ou dans le moyen de neutraliser les toxines sécrétées par la bactérie diphtérique ; inutile d'aller chercher ailleurs ».

Au point de vue rationnel, le sérum semble donc être le remède le plus efficace. La clinique l’a parfaitement démontré.

C’est ainsi que dans un cas de Temann, le sérum de Roux a paru raccourcir la durée de la maladie, que le D' Thomas a observé cinq cas de rhinite à bacille de Loffler, traités avec succès par le sérum anti-diphtérique (Journal des Praticiens du 18 août 1900).

Qu'il nous suffise de rapporter ici le résumé de l'observation des cinq malades en question :

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