CONCLUSIONS
Ï. — Le coryza diphtérique peut affecter deux modalités différentes :
Apparaître en dehors de toute manifestation diphtérique, du côté de la gorge, du larynx ou des bronches;
Ou bien venir compliquer par exemple une angine à bacilles de Loœfler.
Dans le premier cas, il s’agit du coryza diphtérique primitif ou isolé.
Dans le deuxième, du coryza diphtérique secondaire ou diphtérie naso-pharyngée.
II. — Les fosses nasales, par leur disposition anatomique, constituent un milieu des plus favorables au développement et à la population du baaille diphtérique ; les innombrables repris formés par la muqueuse qui en tapisse les cavités etarrière-cavités, la profondeur et difficulté d'accès de ces dernières, expliquent sa longue persistance dans certains cas.
III. — Ce qui caractérise la diphtérie nasale, c'est, avant tout, la présence de bacilles de Lcffler, mais, en même temps, l'existence d’un corÿyza ou si le coryza est peu marqué ou fait défaut, celle de fausses membranes; on peut être porteur de bacilles diphté-
riques dans les fosses nasales, sans être atteint pour cela de coryza diphtérique.
IV. —- Le coryza diphtérique primitif ou isolé, dans l'apparition duquel on ignore bien souvent quel est le véritable rôle de la contagion, rare chez l'adulte, est surtout fréquent chez les nouveau-nés et les enfants du premier âge. Le coryza secondaire apparaissant au cours d'une angine, précédé ou accompagné d'épistaxis, vient le plus souvent afbrmer la malignité de l'affection première.
V. — Si la diphtérie nasale se manifeste parfois par des symptômes bruyants, elle évolue quelquefois : aussi d’une façon latente et insidieuse, de sorte que cette maladie peut rester insoupçonnée ; or les taches de coryza répandues sur les linges ou les objets de literie du malade sont capables, à elles seules, d'éveiller l'attention et de conduire à un examen bactériologique qui lèvera tous les doutes.
VT. — Il faut distinguer, au coryza diphtérique, en général :
a). Une forme bénigne (diphtérie pure de Sevestre), qui guérit au bout de quelques jours, sans retentir gravement sur l’état général.
b). Une forme maligne (strepto-diphtérie de Sevestre) qui, par elle-même ou par des complications de voisinage, est susceptible d'entraîner la mort.
c). Une forme prolongée, à tendance marquée à la chronicité, qui, sans compromettre la santé de l’individu, peut cependant le rendre contagieux très long-
temps. De plus, sous l'influence d’une maladie intercurrente, 1l n'est pas étonnant de voir le bacille exalter sa virulence et donner lieu à une nouvelle poussée aiguë.
VII. — Au point de vue prophylactique, deux catégories d'individus :
ro Ceux qui sont simplement porteurs de bacilles dans leurs narines, ils sont peu à craindre au point de vue de la contagion.
20 Ceux qui, en outre, ont un écoulement nasal permanent ; vis-à-vis de ceux-là, il faut prendre des mesures préventives rigoureuses, Car ceux-là principalement sont à redouter.
Sérothérapie, isolement, désinfection : tels sont les moyens immédiats.
[Inspection des gorges et du nez, cultures, sérum préventif dans les cas douteux, telles sont les indications à remplir dans un milieu où ont séjourné de tels sujets.
No
Le Président de la Thèse,
AWETLT: