CI.AIDE, affuié. — Oh! mon Dieu! qu'est-ce que
ic vais faireT (il l'élmd %m la chaiv-InTigiir. mrt dc<
,a pa.a mieux?
liiM.\. — Si, si. Oh! mon ami... lu m'as sauvée! Ci.AUDK. — Mais lion! mais non!
tiis blessé eu le
LMLLUS'mATION THEATRALE
Irma. — Il m'aurait tuée!
Claude. — Non, je vous dis que nan!
Irma. — Oh ! je souffre et ça m'ennuie... ça m'ennuie de te donner tant de mal.
Claude. — C'est temble de vous voir tant souffrir et de ne pouvoir rien faire!... Voulez-vous un ven'e d'eau? quelque chose?
Irma. — Non, rien, rien ! Oh ! ça me ^ene tant à cause de toi!
Claude. — De moi!
Irma. — Mon pauvre ami, tu n'étais pas venu pour ça !
Claude, tendrement. — Je voudrais tant vous soulager... mais je ne sais pas soigner les malades... Oh! mon petit, mon pauvre petit!
-Irma. — Ecoute. J'ai là une potion... (Elle désigne le secrétaire.) J'hésite toujours à BU prendre parce que c'est un remède violent... mais tant pi*?! je ne peux pas continuer à souffrir comme ça...
Claude. — Oui, mais... les clefs! (ii va au secrétaire.) Où sont les clefs?
Irma. — Oh! je ne sais pas!... Oh! je souffi'e! Je souffre!
Claude jette les yeux de droite et de gauche, d'un air hagard, puis comme frappé d'une idée subite, il tire de sa poche la pince-monseigneur.
Claude. — Il y a là... un morceau de fer, une tige de métal... je ne sais pas ce que c'est... Sans doute un instrument que cet honune aura oublié... Je pourrais peut-être m'en servir pour ouvrir ce meuble...
Irma. — Oui, oui!
Claude. — Mais je vais le détériorer...
Irma. — Oh! ça ne fait rien, va, ouvre vite!
Clalt)E. — Je ne sais pas si je yais pouvoir... Je ne suis pas très malin pour ces truc»-là... (Il fait une pesée.) Ça vieut !... Oh! mais, e'&st épatant ce que ça vient facilement!... (il appuie plus fort.) Tiens, c'est ouvert!... Eh bien! où ast-elle, cette potion?
Irma. — Daius le coin, en haut... Tu vois un petit coffret ?
Claude. — Oui, je vois, oui...
Irma. — Elle est à côté... Donne...
Claude. — Une cuiller...
Irma. — Non, comme ça, donne vite! (il la fait boire.) Voilà, ça suffit...
Claude. — Oh! mais, ma petite Inna, vous êtes tout en nage!
Il tire le foulard rouge de sa poche, et lui éponge le front.
Irma. — Merci! Oh! que tu es gentil! Que tu es gentil !... Ça va mieux, tu sais...
Claude. — Oui, ça va mieux, ça se voit dans vos yeux... voilà votre gentille figure qui revient... Vous n'aurez plus mal, hein? Il me semble que vous ressuscitez... que vous m'êtes rendue... que vous revenez de très loin !...
Irma. — Oh! cette fois, c'est tout à fait passé.
Elle se soulève.
Claude. — Prenez garde!
Irma. — Non, il n'y a plus de danger... C'est étpatant, tu sais, cette potion tout de même!
Claude. — Oh! oui, c'est épatant!
Irma. — Seulement, il faut faire attention... Je voyais le nwment où tu allais me faire avaler tout le flacon... (Souriant.) Tu sais que tu m'aurais empoisonnée! (Il lui prend la main avec exaltation.) Et Ce
n'était pas un coup à faire après m'avoir sauvé la vie.
Claude. — Oh ! pardon ! Je vous demande par- I don!
Irma. — Mais pourquoi donc que tu ne me tutoies plus à présent?... Ça m'a fait rii*e, au milieu de mon mal, quand tu m'as appelée Irma !
('LAUDE. — J'étais affolé!
Irma. — Je ne te le repi'oche pas, mon petit... mon petit... comment déjà?
Claude. — Claude.
Irma. — Mon petit Claude. Eh bien ! mon Claude, on en aura eu des émotions tous les deux, hein? Il n'en faut pas longtemps comme ça pour être des amis! (Elle pousse un cri.) Oh! regarde!
Claude. — Quoi?
Irma. — Là, par terre !... son couteau !... Il a laissé son couteau! Et il disait qu'il n'avait pas d'armes!... Tu vois bien qu'il venait pour me tuer! Tu vois que tu m'as sauvé la vie, hein? Tu ne veux pas m'avoir sauvé la vie?... Est-il bête, cet homme-là! Oh! du reste, tu pourras bien dire ce que tu voudras, tu ne m'empêcheras pas d'en être sûre... Et puis, ce qui fait que je te suis reconnaissante, tu sais, ce n'est pas tant de ça que d'avoir été si gentil pour moi, tout à Theure... ça, je ne Toublierai jamais... Tu as été si bon quand tu m'as soignée, si bon !... comme jamais personne n'avait été avec moi... jamais, jamais!
^lle lui prend la tète dans ses mains.
Claude. — Oh! taisez- vous! taisez-vous! Je ne peux pas vous entendre dire ces choses-là. Je ne peux pas!
Irma. — Pourquoi?
Claude. — Pourquoi? Oh! ma pauvre petite, si vous saviez! si tu savais! si tu pouvais savoir!
Irma. — Quoi doiic?
Claude. — Ce que j'éitais venu faire ici! Oh! tu ne resterais pas là, près de moi, à me regarder doucement, comme ça, avec ces yeux si tranquilles! tu t'écarterais de moi, tu te sauverais, tu t'enfei*merais dans ta chambre et tu appellei'ais au secoui-s!...
Irma. — Qu'est-ce que ça veut dire?
Claude. — Ça veut dire que je suis un être ignoble... que ce misérable qui était là tout à l'heure vaut mieux... ah! cent fois mieux que moi!...
Irma. — Comment? Comment? Qu'est-ce qiJ« tu dis là?
Claude. — Lui, il faisait son métier de bmte, sans réfléchir, tandis que moi...
Irma. — Quoi, toi? Voyons, tu deviens fou!
Claude. — Oui, moi, comprends-tu ? un être comme moi!... J*ai pu vivre deux jours avec cette idée en tête : l'idée de te tromper... de te surprendre... et peut-être... oh! mon pauvre petit enfant!
Irma. — Oh! oh!... mais, qu'est-ce que je t'avais fait?
Claude. — Rien, voyons! C'est ce qu'il y a de plus abject! Je devais faire ça... Ah! il faut que je te dise tout!... il faut que tu saches tout maintenant!... je ne devais faire ça que pour de l'argent... J'ai été chargé de te voler des papiers...
Irma. — Des papiere?
Claude. — Oui, des lettres... est-ce que je sais? des lettres terribles, dont tu aurais pu te servir contre un homme que tu avais connu dans le tempis.
Irma. — Oh! mon Dieu! si j'avais pu croire! Moi qui me promettais toujoura de brûler tout ça!... Tu connais cet homme dont tu parles?
Claude. — Non. Je ne sais même pas qui c'est. Je n'ai eu affaire qu'à un vieux gredin... tiens, ce
petit homme si tranquille qui habite à Fétage audessus. C'e$t lui qui m'a remis cette bague.
Irma. — Ah! mon Dieu! mon Dieu!
Claude. — Mais lui non plus, je ne le connaissais pas... Il s'était adressé à moi, il m'a pris comme il en aurait pris un autre... Il leur fallait quelqu'un de bien misérable, quelqu'un qui aurait assez crevé de faim, de froid et de rage, et alors, on m'a trouvé !...
Irma. — Mais c'est épouvantable! épouvantable!
Claude. — Ah! ce n'est pas pour chercher une excuse, va! Je n'en ai pas, je me dégoûte trop!... Mais tu ne sauras jamais tout ce que j'ai pu endurer depuis deux ans ! Alors, j'ai eu un moment de révolte, un coup de violence que j'ai pris pour du courage, et j'étais fier, oui, presque fier d'être un criminel!... Je me figurais que j'en serais capable; mais, jamais, non jamais je n'aurais osé, entends-tu î Oh! c'est trop horrible, je te le jure, je le jure! Oh! non, je n'auï^is pas fait ^ ça!
Il ne peut retenir ses sanglots.
Irma, garde un moment le silence, puis se lève et lui met la main sur l'épaule. -7- Oh! moU pauvre vieuX !
Faut-il que tu aies été malheureux pour en arriver là!
Claude, se détournant. — Ah! non, je ne veux pas que tu me plaignes!
Irma. — Mais si, je te plains. Ah! c'est qu'aussi, il y en a qui ont trop de misère! ça n'est pas juste... Mais c'est fini, maintenant; c'est fini! Tu
n'es plus le mauvais homme que tu disal«. Et je dis, moi, que tu ne l'as jamais été, dans le fond. Tu te figurais qu'il n'y a qu'à vouloir; mais ce n'est pas si commode que ça d'être un mauvais bougre... Non, ne te cache pas... Veux-tu que je m'en aille et que je te laisse pleurer à ton envie?... Non? Eh bien, je reste là, tu vois, je reste, mais ne tremble plus, va, je suis rassurée et tu auras beau dire et me raconter tes colères et tes mauvaises idées et tout, tu ne me fais pas peur, et je te défie
bien de me tuer à présent! (Elle se jette dans ses bras. On entend de légers coups frappés à la porte du palier.)
Qu'est-ce que c'est que ça?
Claude. — Ça? Ah! c'est cet homme, l'homme de là-haut î...
Irma. — Oh! mon Dieu! mon Dieu! Qu'est-ce qu'il veut?
Claude. — H vient cherelier les lettres!
Il serre les poings.
Irma. — Qu'est-ce qu'on va faire?
Claude, — Je ne sais pas.
Irma. — Eh bien!... Eh bien! Il faut les lui donner. Et moi j'y tenais, j'y tenais beaucoup' à ces sales lettres... C'était le seul homme qui m'avait un peu aimée... Ah! pour ce que ça m'a réussi!...
(Elle va prendre un gros paquet de lettres dans le secsétaire.)
Je n'en veux plus, maintenant. Va, qu'il les prenne...
(Elle les tend à Claude. Nouveaux coups à la porte.) Va lui
ouvrir.
Claude. — Alors, tu veux?
Irma. — Il faut bien. Expédie-le vite. Mais ne fais pas cette tête-là, il va s'apercevoir...
Claude, se ressaisissant. — Tu as raLson.
Irma. — Attends. (Elle ôte sa bague et la lui donne.)
Tiens, tu lui rendras sa .sale bague, pour qu'il croie
bien que tout ast fini. (Claude a un haut-lecorps.) Mais
non, bête! regarde-moi, je suis bien vivante.
Elle l'embrasse et, dès qu'il est sorti, elle se sauve dans sa chambre. Claude fait entrer Doizeau. Celui*ci
paraît extrêmement ému. Il s'avance doucement sur la pointe des pieds, une bougie à la main, et interroge Claude du regard.
Doizeau, faiblement. — J'attendais... j'attendais... votre signal.
Claude, nonchalamment. — Ah! oui, je n'y pensais plus.
Doizeau. — C'est ce que je me suis dit. Tout à l'heure, j'ai entendu un cri, puis la chute d'un corps par terre, il y a déjà mi bon moment... Vous avez donc été...
Claude. — Jusqu'au bout!... Tenez, reprenez ça.
Il lui tend la bague.
Doizeau, îl hésite, puis il prend la bague d'un air très troublé, et la met dans sa poche. — Ph !
Claude. — Quoi?
Doizeau. — Là... (Il lui montre la tache de sang que Claude s'est faite dans sa lutte avec Gabriel.) Dépêchcz-
vous de laver ça !
Claude. — Ça n'a pas d'importance.
Doizeau. — Ah! bien! vous en avez un sangfroid! Vous savez, je n'aurais jamais cru ça de vous... Non, je n'aurais pas cru ça. (S'essuyant le front.) Ah! voas pouvez dire que vous trompez bien votre monde! Maintenant, vous êtes encore plus tranquille qu'avant...
Claude. — Oh ! à présent que c'est fait !
Doizeau. — C'est égal, vous savez!...
Il souffle sa bougie.
Claude, désignant la chambre. — Voulez-voa<5... jeter un coup d'œilî
Doizeau. — Non! Oh! non!... Oh! il est extraordinaire! Eh bien, j'ai pourtant vu pas mal de gaillards solides dans ma vie, mais un de votre trempe, ça, jamais! Ouf! Moi, ça me fait un effet, ces choses-là... ça me retourne... Je ne sais pas ce que
jr
J'ai... ça... non, ça ne va pas...
Il se laisse tomber' sur une chaise.
Claude. — Ah! non, non, pas voas!
Doizeau. — Quoi?
Claude. — Non, non, vous n'allez pas vous trouver mal à présent! Allons! allons! (il le secoue.)
DoiZEAiJ, reculant, effrayé. — Ce n'est lien, ce n'est rien !
Claude. — Tenez, voilà yos lettres.
Il les lui remet.
Doizeau. — Vous les avez déjà trouvées?
Claude, le regardant dans les yeux. — Elle les a
données elle-même.
Doizeau. — Comment ça?
Claude, d'un air terrible. — Je TOUS garantis qu'elle n'a pas hésité.
Doizeau, très impressionné. — Voici ce qui vous
revient, (il lui tend une enveloppe.) Et puis, Voici un
billet pour Bruxelles. Vous avez un train à huit heures. Il faudra rester quelque temps là-bas, jusqu'à ce qu'on ne parle plus de cette affaire dans les journaux. Du reste, soyez tranquille, on s'aiTangera pour que ça soit vite classé... Vous ne comptez pas votre argent?
Claude. — J'ai confiance.
Doizeau. — Bravo! J*aime les hommes comme vous! (Avec effort.) Donnez-moi la main.
Claude, impatienté. — Non. Allez-vous-en! Allez-
vous-en
Doizeau. — Oui, oui, vous avez raison. Il vaut mieux que je remonte, c'est plus prudent... Bon voyage! (il sort.)
Irma, réapparaissant. — Je ressuscite?
L'ILLUSTRATION THEATRALE
Claude. — Oui, il est parti. .
■ Irma. ^- Ali t le aale vieiw ! HeureuBement qu'il ri'esl-pas entré dans la diambie! Tu lui as remis \ee lettres?
Ct-ACDE. — Oui. en é«]iange de ça.
II j
Irma. —
l'ar^Centî Claude, Ibua. —
Mais c'«
1 fait, tu as touché de
Dix mille francs... mais c'est à toi.
. moiî Mais non, je n'en veux pas. Tu ne vas pa.*: me donner toule ta fortune !
Claude. — C'est à toi. Si je n'avais pas pcnsi' que c'était à toi, je cioti que je n'aurais po-s pu les preuiire.
Irma. — Tu les lui aurais laîssfisT Ah! non, par exemple! voilà qui m'am-ait fait mal au efrur!... Au fait, on me doit bien ça, pour mes lettres! Tu saLs jamaU je ii'aurais voulu les vendre, même à ce prix-IA; mais puisqu'on m'a tuée pour ça, tant pis! Dis donc, demain matin, quand le vieux me verra partir avec mes malles, il va en faire \in citron !.„ Comme tu me regardes!
Claudk, — .le ne t'avais pas encore vue... Alors, tu. t'en vas demain î
Irma. — OuL Et toi, qu'est-ce que tu vas faire* ca»ude fai,t un gwii vagut.) Tu ne Sais pas? Tti dcvi-ais venir avec nous.
Claude. — Oii çaî
Irma. — Eh bien, là-bas. Je suis bien avec le
patron, lu sais, le directeur de la tournée. Il te trouvera bioi un coin dans la troupe. Qliand je liu aurai ait tout ce que tu as fait pour moi...
Claude. — Ne lui dis pas tout.
Irua, uniiTFiMnt. — Suis tranquille. Ça, c'est notre secret... Et oe n'est pus un secret ordinaire, heinî Je suis contente, moi. Je suis contente comme s'il m'était arrivé un ^and bonheur...- Dis, tu pars avec nousl
Ci«*UDK. — Pourquoi past II n'y a rien qui me retienue ici. Mes malles seraient vite faites...
Irma, — Oui. viens. On prend le train ù onito heures pour Bnuxelles...
Claude. — l'our Bruxellwî J'ai déjà mon billet!
Irma. — NonT
Claude, w lui montrant. — Ce vieux vient de me le 1 émettre.
[rma. — Ils pensent à tout, ces gens-là!
Entre Euginir.
Irha. — C'est vous, Eugénie? Déjà de retour?
Ce n'était donc pas si gravet
Eugénie. — Mais non, madame! Fijjmrez-vous que mon mari n'était pas 'malade du tout, et que c'était une stupide de fnree qu'on m'avait faite... Ah! j'ai eu une peur!
Irua. — Moi aussi, ma bonne Engénie. on a voulu me joner un vilain tonr... (Rejardam Ciaudf.l ïlais moi, je n'ai pas eu peur.
Claude. — Moi, j'ai eu peur.
. J'ai pûurlani va pat mal Jr i
■f Inmpr. ça jamait ! •