‹ Le Costume au Moyen âge d'après les sceauxChapitre 11 sur 97 · CHARTES A PLUSIEURS SCEAUX · texte numérisé non relu

CHARTES A PLUSIEURS SCEAUX

E nombre des sceaux appendus à une charte pouvait être considérable. Si le bord inférieur 'p^^Z de Tacte ne suffisait pas pour les recevoir en une seule ligne, on les y attachait sur plusieurs rangées, ou bien on envahissait les deux bords adjacents et quelquefois les quatre côtés. C'est à partir des premières années du treizième siècle qu'apparaissent ces pièces à sceaux multiples, sceaux dont le nombre va en grandissant dans les deux siècles qui suivent. L'acte renfermant les garanties qui furent fournies, en 12 14, à Philippe-Auguste par Jeanne, comtesse de Flandre, après la bataille de Bouvines, est muni de quinze sceaux sur simple queue ; l'arrêt portant la déchéance de Pierre, duc de Bretagne, en i23o, comprend trente sceaux garnissant le bas et les deux côtés de la sentence ; l'ordonnance de saint Louis sur les juifs, de la même date, compte trente- neuf sceaux attachés sur ses trois côtés. Cinquante- neuf sceaux répartis sur les quatre bords du parchemin sanctionnent, en 1425, la coutume de Lorraine.

La soumission des gens de Grammont qui, en i38o,

avaient suivi le parti des Gantois contre le comte de Flandre, porte soixante-huit sceaux. Les six expéditions du traité d'acquisition de la seigneurie de Malines, conservées aux Archives du département du Nord, contiennent chacune cent sceaux, tous placés au bas de Tacte sur quatre rangées parallèles. Lorsque Jacqueline de Bavière quitta son deuxième mari pour épouser le duc de Glocester, Philippe le Bon provoqua sa déchéance et se fit déclarer gouverneur et héritier du Hainaut par deux chartes solennelles. Tune scellée de cent soixante-douze sceaux suspendus au bas du titre sur onze rangées horizontales, l'autre scellée seulement de cent dix.

Il est fort difficile, comme on peut le comprendre, de se reconnaître dans une pareille multiplicité d'attaches. Aussi certains scribes prennent-ils quelquefois la précaution d'écrire à côté des rubans ou sur les queues des parchemins les noms des possesseurs des sceaux ; ils les ont d'autres fois représentés par un signe ou par un dessin. Dans une charte de l'abbaye d'Ourscamps, appartenant aux Archives de l'Oise, le sceau de Suger, abbé de Saint-Denis, est indiqué par une tête de moine figurée à côté de son attache.

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