‹ Le Costume au Moyen âge d'après les sceauxChapitre 24 sur 97 · DES MATRICES FAUSSES · texte numérisé non relu

DES MATRICES FAUSSES

lES mobiles qui guidaient les faussaires d'autrefois étaient assez puissants pour que rien ))^^^ ne fût négligé dans l'exécution des matrices fausses. Gravées avec autant de soin et de talent que les vraies, elles auraient peut-être encore plus de prix pour nous si nous savions les reconnaître. Nous ne le pouvons pas. Seulement les registres criminels du parlement de Paris nous apprennent que la falsification du sceau était Tobjet d'une répression sévère. On infligeait au coupable une amende énorme et le bannissement perpétuel. Un chevalier nommé Bouchard de Poissy est condamné, en i356, pour avoir fait fabriquer un faux sceau, au bannissement de la ville et prévôté de Paris et à une amende de 4,000 livres, somme considérable pour le temps.

De nos jours, les musées et les collections particulières sont tributaires des faussaires modernes. Les matrices fausses ne sont plus gravées, elles sont tout simplement fondues sur des cires originales ou surmoulées. Aussi, pour quiconque a l'habitude des procédés de la fonte, la fraude est-elle grossière et facile à reconnaître. Le grain du sable qui a servi à la confection du moule reste très apparent sur le bronze ; les fonds sont arrondis, ils ont perdu leur fermeté

primitive, on n'y distingue pas la netteté du coup de burin; de plus, le métal, en se refroidissant, subit un retrait, de sorte que, si Ton a la faculté de comparer la matrice fondue avec un sceau original en cire, on constate que la prétendue matrice se trouve plus petite que l'épreuve qu'elle a la prétention d'avoir produite. C'est le contraire qui devrait avoir lieu.

Nos lois n'ont pas de peines pour ces nouveaux contrefacteurs. Les acheteurs sont trompés, et des fondeurs qui se sont livrés à la reproduction non avouée de bronzes anciens ont pu arriver à la fortune par une industrie qui mériterait une répression sévère.

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