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Haubergeon. — Vers le milieu du quatorzième siècle, la mode des habits courts pour le costume de ville amène une révolution semblable dans Tarmurc. Le haubert est mis de côté et remplacé par le haubergeon^ chemisette de mailles très fines, descendant jusqu'à mi-cuisse.
Camail. — Il n'y a plus de capuchon. Un camail de mailles lacé au bassinet (fig. 78) défend les épaules, le cou et le bas du visage. Le gamboison est rejeté.
Fig. 73.
Tabellionage
de Pont-à-Mousson
xv" siiicle.
Pourpoint. — A la cotte cVarmes légère, flottante, succède le pourpoint collant, sans manches, à plastron rembourré, plus court que le haubergeon. Les membres sont enveloppés dans des boites de fer se fermant par des charnières ou des courroies. Les extrémités sont défendues par des plaques articulées à recouvrement : gantelets à doigts séparés pour les mains, solerets de fer pour les pieds. A partir de ce moment, la ceinture de chei'alerie, dont la présence sur les sceaux n'avait encore pu être affirmée, figure dans toute sa richesse au-dessus de la bordure du pourpoint , au
niveau des hanches. Louis de Châtillon, comte de Blois, — Philippe de Rouvre, duc de Bourgogne, — et Louis II, comte d'Etampes, inaugurent, en i36i , ce nouveau costume, que Ton retrouve encore en 1485, chez Louis, duc cVOrléans, et même sur des sceaux du seizième siècle.
Le pourpoint, d'abord uni, ne tarde pas à s'armorier. Il est uni chez les seigneurs qui viennent d'être cités, tandis que le pourpoint de Jean I"', duc de Lorraine (fig. 75 ),
Fig. 7). — Philippe de Rou\ie, duc do Bourgogne. i36i.
H A B I L L KM EN T C II EVAL ERESO U E
en 1367, — trun autre duc de Lorraine, Charles le Hardi (fig. 79"), en iSgo, porte la bande aux trois alérions. Les ducs de Bourgogne de la maison de France ont leur pourpoint écartelé de Bourgogne ancien et de Bourgogne moderne. Mais la forme ordinaire de ce vêtement ne suffit pas à leur magnificence. Philippe le Hardi, Jean-sans-Pcur, Philippe le Bon y ajoutent
Fig. -5. — Jean I"-, duc de Lorraine, 1367.
Fig. 76. — Philippe le Bon, duc de Bourgogne, 1424.
de grandes manches, fendues, à bords quelquefois découpes ; ils le compliquent de longues jupes qui flottent, bordées comme les manches.
Le lecteur pourra juger, par le beau sceau de Jean de Ligne (fig. 771, du luxe déployé dans le nouvel habillement de guerre. 11 remarquera le pourpoint agrémenté de longues manches découpées à dents de scie et les grelots suspendus au bord de la jupe. Au côté droit du personnage paraît la poignée jd'une dague passée dans la ceinture de chevalerie, tandis
que répée est accrochée à gauche. Le sceau du sei-
Fig. 77. — Jean de Ligne, chambellan du roi, 1406.
gneur de Ligne nous fait connaître encore l'armure
des membres dont nous allons bientôt parler.
En 1454, chez Charles I"'', duc de Bourbon, les longues manches seules sont conservées, la jupe devient derechef courte et collante ; elle est de plus fendue sur chaque hanche chez Jean II, duc de Bourbon, en 1461, — Charles le Téméraire, en 1468. — Enfin, sur un sceau de i5oi, Antoine,
duc de Lorraine, est représenté en pourpoint armorié,
à jupe roide, évasée, à godrons.
Fig. 78. — Charles le Téméraire, 1486.
HABILLEMENT CHEVALERESQUE
De même que la cotte d'armes, le pourpoint est percé d'une ouverture pour la chaîne de Tépëe, jusque vers 1367, époque où ce système d'attache fut abandonné.
Armure des membres. — L'armure en fer plat paraît avoir été appliquée d'abord aux membres inférieurs; bientck après, le bras, puis l'épaule, ont profité de cette innovation, en sorte que dès 1390 Charles le Hardi, duc de Lorraine, nous apparaît avec l'armure complète des membres :
défense d'épaule , brassarts , coudières, canons, gantelets; cuissots , genouillères , grèves et solerets à longue pointe dite à la poulaine. On retrouve les mêmes pièces de défense, mais dans de plus grandes proportions pour l'épaule, le coude et le genou, chez Antoine, duc de Lorraine (fig. 80), en i5oi ; seulement les solerets, au lieu de finir en pointe, sont coupés carrément et se terminent ainsi en bec de cane.
g. 7g. — Charles le Hardi, duc de Lorraine, i3go.
L'Armure entière. — • En nous occupant du seul vêtement extérieur apparent, nous avons dépassé le moment où l'armure exécute sa dernière évolution.
Dès 1390, les membres et la tête sont abrités dans des boîtes de fer. Pour arriver à Tarmure entière, il ne restait plus qu'à enfermer le buste comme on venait d'enfermer les membres. L'usage d'alors comportant des habits civils par -dessus la cuirasse, les sceaux ne nous permettent pas de préciser la date
Fig. 80. — Antoine, duc de Lorraine. i5oi.
où l'armure se complète. Des monuments figurés d'un autre ordre témoignent que ce résultat se produisit dans les premières années du quinzième siècle. Mais l'armure complète, que Jeanne d'Arc portait en 1428, ne se montre sur les sceaux que vers 1483. A cette date, le type de l'archiduc Philippe le Beau (fig. 81) présente une cuirasse enveloppant en deux pièces la poitrine et le dos. Le fer a remplacé le pourpoint. La chemise de mailles est conservée ; ses manches, larges,
H A P> 1 1 . L i: M K N T CHEVALERESQUE
Fig. 8i. — Philippe le licati, archiduc d'Autriche, 1-1.83.
recouvrent Tarmure du bras jusqu'au coude ; sa jupe dépasse le bord de la cuirasse, qui est garni devant chaque cuisse d'une pièce défensive mobile, la tassette. La ceinture est posée sur la hanche pardessus le haut des tassettes.
Un sceau de i5oi montre le même archiduc avec une jupe roide, à godrons, fixée au bas de la cuirasse et s'arrétant avant la tunique de mailles.
— L'archiduc Charles au contraire porte, en i5i4, une jupe d'étoffe bordée d'un large orfroi, souple et descendant jusqu'au genou.
Les sceaux équestres s'arrêtent à ces dernières dates, après nous avoir fait connaître l'armure pendant plus de quatre siècles. Les lecteurs que l'histoire du costume de guerre intéresse et qui désireraient en poursuivre plus à fond l'étude trouveront, dans les collections spéciales, les musées d'armes et les savants catalogues qui en ont été dressés, des éléments capables de satisfaire amplement leur curiosité.
Fig. i>2. — Cliarics, archiduc d'.Vutriclie. i5i4.
l.E COSTUME D'APRES LES SCEAUX
L'AILETTE
NE pièce particulière, destinée à défendre Fépaule, vient, à la fin du treizième siècle, s'ajouter à -riiabillement chevaleresque. Elle consiste en deux petits rectangles égaux, assemblés par leur plus long côté et sous un certain angle, de façon à former une toiture à deux plans inclinés. Cette toiture, que les actes de l'époque appellent ailette^ touchait par une des extrémités au bord du heaume et se
Fig. 83.
Pierre de Chambly. 1294.
Fig. 84.
Eudes IV, duc de Bourgogne, 134S
prolongeait jusqu'à la naissance du bras, s'étendant ainsi sur Farticulation de Fépaule et la couvrant.
Il est regrettable que les sceaux, qui plus tard montrent si distinctement les détails d'attache de Farmure à plates, ne nous laissent pas voir comment ce petit bouclier était maintenu en place. Cette nouvelle partie de l'équipement prenait cependant rang au nombre des pièces dites honorables^ car elle porte
HABILLEMENT CHEVALERESQUE 127
toujours sur chacune de ses deux faces la représentation des armoiries du chevalier qui en est revêtu.
L'ailette parait pour la première fois sur le sceau de Pierre de Chambly (fig. 83), en 1294, — continue sur ceux d'Othon, comte d'Artois, en i3o2, — de Gaucher de Chàtillon, en i3o8, — de Guillaume de Coucy, en i3i9, • — de Philippe, comte de Valois, en 1327. — Elle finit, en 1348, avec le type d'Eudes IV, duc de Bourgogne (fig. 84).