‹ Le Costume au Moyen âge d'après les sceauxChapitre 34 sur 97 · II · texte numérisé non relu

II

Fig. 90.

Fig. yi.

Dauphin, comte de

Clermont, iigg.

conique, devient cylindrique, à timbre arrondi. Cette mode, commencée avec Philippe d'Alsace (fig. go), en 1170, s'était continuée dans les types de Bouchard de Montmorency (fig. 8g), en 1177, — de l'avoué d'Arras, en 1182, — : de Richard Coeur-de-Lion, en iig5, — de Dauphin, comte de Clermont, en iigg. Dans la deuxième modification , le pourtour du casque garde la forme cylindrique de la première, mais prend un timbre plat, comme on peut le voir par le second sceau de Philippe d'Alsace, vers 1181, — et ceux de Pierre de Courtenay, en 11 84 et iiq3, — de Mathieu, comte de Beaumont,

'' ' ' ' iMg. (.'2.

en ii8g, —d'Eudes III, duc de Bourgogne, Pi>'iippe d.visace,

-" ' to t3 7 comte de Flandre,

en I ig8, —du mayeur de Doullens, etc., etc. '^''^'"* "*^'-

Ainsi le douzième siècle compte trois sortes de casque à nasal :

Casque conique droit ou conique ovoïde ; Casque cylindrique à timbre rond ; Casque cylindrique à timbre plat.

Le dernier, le casque cylindrique à timbre plat, est celui qu'on adopta au siècle suivant, et nous allons le voir persister en s'améliorant pendant tout le règne de saint Louis.

Cependant un tel casque ne défendait, comme ceux qui l'avaient précédé, que la partie supérieure de la tète. La nuque, le menton et les côtés du visage

Fig. q3.

Pierre

de Courtenay

comte

de Nevers,

HABILLEMENT CH EVALERESO UE

n'étaient encore protégés que par la coiffe de mailles, offrant sans doute une résistance, mais une résistance flexible et toute locale , tandis que les plaques de métal répartissent le choc sur toute l'étendue de leur surface. Le nasal, lame de fer étroite, ne descendant guère plus bas que le nez, couvrait bien imparfaitement la figure. D'autre part, les armes offensives s'étaient perfectionnées. Il fallait donc songer à un habillement de tête plus complet.

On s'occupa d'abord du visage. Dès 1190, on voit d'abord apparaître sur le sceau d'Eudes, fils du duc

de Bourgogne , deux métal qui, partant des les joues et viennent mité du nasal. Ces tères, s'élargissant de

étroites bandes de tempes , contournent se rattacher à l'extrédeux sortes de géniasplus en plus, arrivent

Fig. 94.

V r Eudes . .

ensuite a rormer avec de Bourgogne, le nasal un tout, une seule plaque qui, mas- quant complètement

le menton, couvre enfin la figure entière , ne réservant que deux ouvertures transversales pour la vue, et des trous pour la respiration. Les heaumes de Mathieu de Montmorency, en 1193, — d'Ansel de Garlande, en 1195, — de Richard Cœur-de-Lion en 11 98, — de Blois, en 1201, — d'Arthur V\ duc de Bretagne, en 1202, appartiennent à cette catégorie.

Fig. 95.

Louis.

comte de Bloi

Fig. 96.

Arthur I"'.

duc de Bretagne.

de Louis

Après avoir protégé la face et mieux enveloppé le menton et le devant du cou, on porta ses soins vers la nuque. En effet, vers 121 1, la partie postérieure du casque est prolongée jusqu'au niveau de Tangle de la mâchoire. En même temps , des bandes de métal placées les unes dans le sens de la hauteur , les autres en travers, et reliées solidement entre elles, renforcent son ensemble, surtout par devant, tout en

Fig- 97- — Louis,

fils de Philippe-Auguste,

Fig. 98.

Gaucher de Joigiiy,

Fig. 99.

Guillaume de Chauvigny,

servant à son ornementation. On obtint ainsi le heaume dit casque de Philippe-Auguste, dont le sceau de son fils, en 1214, fournit un très beau spécimen auquel il faut ajouter ceux de Gaucher de Joigny, en 121 1, — de Robert de Braine, en 121 5, — de Guillaume de Chauvigny, en 12 17.

A cette dernière date de 121 7, la partie postérieure du heaume s'abaisse sur le cou , et de telle sorte que son bord inférieur vient se joindre directement au bord inférieur de la visière fixe. Son profil fut aussi plus cambré, afin de mieux se conformer au profil du visage et de ne pas le gêner. Les trous pour

H A R I L L EiM F. NT C H E V A LE R ES Q IJ E

Fig. 100.

D'après le sceau

de Tliierri de Maldeglicm,

la respiration s'alignèrent, symétriques, sur deux rangées parallèles aux fentes des œillères; une petite ouverture destinée à Touïe fut pratiquée vis-à-vis de chaque oreille; et alors se trouva établi le casque carré dit casque de saint Louis^ appelé aussi grand heaume, casque des croisades. Entre les nombreux exemples de cette coiffure, on doit signaler les sceaux de Henri, comte de Grandpré,

en 12 17, — de Thierri de Maldeghem, en 1226, — de Henri d'Avaugour, en i23i, — de Trencavel, en 1247, — d'Alfonse, comte de Poitiers, en 1254,

— de Mathieu de Beauvoir, en 1260,

— de Gautier de Nemours, en i265,

— de Gui de Chàtillon, en 1270, — de Jean de Brienne, en 1288.

Vers la fin du règne de saint Louis, un nouveau changement s'était déjà opéré. Le timbre du heaume, plat depuis les dernières années du douzième siècle et trop facile à entamer, commence à se rétrécir dès 1267, perfectionnement très sensible sur les <^^ sceaux du fils aîné de saint Louis, — de Robert, comte de Dreux, en 1268,

— de Pierre, comte d'Alençon, en 1271,

— de Robert, comte de Nevers, en 1273. — En 128g, le heaume finit par devenir tout à fait ovoïde.

Fig. ICI.

Jean de Brienne, 12SS.

Fig. 102. — Pierre,

comte d'Alençon,

L'usage du casque ovoïde dura cent ans, comme nous renseignent les types de Hugues , comte de Saint-Pol, en 1289, — ■ de Charles, comte de Valois, en 1296, — de Gaucher de Châtillon, en i3o8, — de Philippe de Valois, en 1327, — d'Eudes, duc de Bourgogne, en 1348, — de Philippe de Rouvre, en i36i, — de Louis, duc d'Anjou, en 1374, — d'Albert

de Bavière, comte de Hainaut, en i375, — de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, en 1390.

Avec le quinzième siècle commence la série des casques à visière mobile.

D'abord le grand bassinet (fîg. 106) avec son camail de mailles; puis, Vanneî. Les musées sont trop riches en modèles pareils pour qu'il soit nécessaire d'entrer dans le détail de ces nouveaux habillements de tête. Il suffira de dire que l'apparition du grand bassinet peut être datée par le troisième sceau de ce même Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, que nous avons vu coiffé d'un heaume ovoïde en 1390, et qui porte, en 1403, le grand bassinet.

Quant à l'armet, il figure sur les sceaux vçrs le milieu du quinzième siècle. Les types de Charles, duc de Bourbon (fig. 108), en 1444, — de Charles, comte du Maine, en 1445, — et de Charles le Témé-

Fig. 104. — Charles,

comte de Valois,

Fig. io5.

Albert de

Bavière, comte

de Hainaut.

HABILLEMENT C 1 1 E V A L E R E S Q U E

Fig. 10(5.

Joan-sans-Pi.''ir, duc do Bourgogne.

rairc, en 1467, Tattestcnt. Toutefois les seigneurs cUAube en Lorraine portent Tarmet dès 1425; Richard de Bretagne, en 1427.

Il nous reste à parler de deux coiffures de guerre secondaires et, pour cette raison, bien rares sur les sceaux, mais pourtant d'un usage fort répandu aux treizième et quatorzième siècles. Nous voulons parler

du chapeau de fer, appelé aussi chapeau de Montaubaii, et du petit bassinet.

Le chapeau de fer consiste en un timbre arrondi, muni d'un large bord plat disposé horizontalement ou rabattu , paraissant attaché quelquefois sous le menton par une jugulaire. Aux croisades, alors que les chevaliers étouffaient sous le grand heaume, il rendit de véritables services; son nom revient souvent dans les récits de nos chroniqueurs. Joinville cheminant avec le roi saint Louis, au retour de la Massoure, s'exprime ainsi : « Je li fis oster son hyaume et li baillé mon chapel de fer pour avoir le vent. » Le chapeau de fer, très apprécié, pour sa légèreté relative, de ceux qui ne faisaient pas des armes leur profession habituelle,

Fig. 107. — Richard de Bretagne comte d'Etampes, 1427.

Fig. 108.

Charles, duc de

Bourbon, comte

d'Auvergne.

Fig. 109. — Jean Paycbicn. i256.

figure dans le costume de guerre des maires et des échevins. C'était aussi une coiffure de soudoyers. Les

chevaliers que les sceaux équestres représentent avec le chapeau de Montauban offrent tous cette particularité qu'ils combattent avec la lance ou la masse cV armes, jamais avec Tépée.

Les principaux et presque les seuls exemples du chapeau de fer sont fournis par les sceaux de Nevelon, maréchal de France, en 1122, — du maire de Pomponne, en 1228, — d'Arnoul, comte de Guines, en 1248, — de Jean Payebien, en i256, — du maire et des jurés de Fismes, au treizième siècle.

Le capuchon du haubert était, ainsi qu'il a été dit, quelquefois recouvert d'une calotte de fer. Cette calotte, devenue au quinzième siècle une enveloppe de forme ovoïde, plus agrandie, embrassant plus complètement la tète, est ce qu'on nomme le petit bassinet. rig. uo.

Un juré de Fismes,

Les casques décrits ci-dessus étaient xiu« sicde. surtout des armes de bataille. Singulièrement alourdis par les perfectionnements mêmes qu'ils avaient subis, ils étaient devenus d'un usage impossible dans un combat à pied. Le chevalier restait donc ordinairement

HABILLEMENT Cil EVALERESO i: E

coIfFé du petit bassinet : il ne laçait le grand heaume que pour monter à cheval et au moment de Taction ; encore le laissait-il quelquefois accroché à l'arçon de la selle, préférant combattre à visage découvert.

De rares spécimens du petit bassinet figurent sur le sceau d'Itier de Péruce, commandeur des Hospitaliers, en i36g, et dans deux représentations de saint Victor, Tune en i3go, l'autre en 1396. ^'f;^;;'-

Pendant tout le quatorzième siècle, des com^a'iXùr appendices symboliques servant à distinguer Hospluiie.-^ les seigneuries, des cimiers, surmontent les '""'^'

casques. Ce sont de grandes aigrettes en éventail, des touffes, des ailes par paires appelées vols , des cornes , des animaux naturels ou fantastiques , des figures humaines, des emblèmes héraldiques. La Daprct le sceau grande voguc des cimiers dura cent ans;

de l'abbaye ,, ^ .. ,

de Saint-Victor, ehs couimeuça avec le casque ovoicle pour ''^"' ne se modérer, tout en continuant, qu'à

l'apparition des visières mobiles.

La forme ovoïde était, au reste, la plus propre à supporter cet attirail tout d'apparat, d'un équilibre quelquefois difficile, et dont le chevalier ne se chargeait pas quand il s'agissait de bataille.

Le cimier était fixé sur une calotte de cuir dans laquelle entrait la partie supérieure du heaume,

ajustage masqué par une sorte de drap roulé, le /r>;7//,

iS

i38 LE COSTUME D'APRES LES SCEAUX

OÙ était suspendue, par derrière, une pièce d'étoffe flottante nommée volet.

Ce n'est pas que le cimier ait paru pour la première fois sur le casque ovoïde. Dans la tenue d'apparat, un léger cimier surmontait quelquefois la plate-forme du heaume des croisades, mais fort rarement et de loin en loin. Ainsi le casque de Richard Cœur-de-Lion, en 1198, le plus ancien casque cime que nous connaissions, porte le lion d' Angleterre au centre d'une aigrette en éventail. Il faut, après ce premier exemple, descendre jusqu'en 1224 pour en découvrir un second ; à cette date, Mathieu II de Montmorency cime d'une tète de paon ; Fig. ii3.- Mathieu vicut eusuite, cn 1235, Baudouin III,

de Beauvoir, 1260. , t r^ • 1.1 • •

comte de Gumes, dont le cmiier, une aigrette de cinq plumes, est fixé au centre de la plate-forme du heaume par un porte-plumail; — puis le casque d'Othon^ilI, comte de Bourgogne, en 1248, recouvert d'une sorte de chapeau triangulaire cime d'une aigrette, — celui de Mathieu de Beauvoir, en 1260, portant trois petites bannières. — Tandis qu'à partir de 1289, 1294, époque où le heaume se transforme, jusqu'en 1400, date du grand bassinet, l'énumération des seigneurs portant le casque cime serait une liste de toute la noblesse du quatorzième siècle.

Avant d'en finir avec ce sujet je signalerai, à titre de rareté, trois casques offrant, représentées sur leur

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