LA CHAPE
"^^^^ L est un autre vêtement représenté sur les c-M ^. sceaux, la chape, que Tévêque porte lorsqu'il ^D^-^ei^o se montre proccssionncllement, et que le prêtre officiant revêt dans les cérémonies où il n'y a pas de consécration.
La chape s'appelait autrefois le pluvial. C'était le manteau de ville du prêtre, manteau rond, assez ample, descendant jusqu'aux pieds, ouvert sur le devant, muni
d'un capuchon et destiné , comme son premier nom rindique, à garantir du mauvais temps.
L'Eglise en fit un vêtement d'apparat. Ainsi réservée pour les solennités du rite, l'ancienne chape conserva encore longtemps sa forme générale, son ampleur et le capuchon. Il n'en fut pas de même des tissus qui la composaient.
Au simple drap succèdent les étoffes les plus somptueuses. On emploie la soie, le brocart, les broderies d'or, les franges les plus riches. Le fermail qui maintient la chape sur le devant de la poitrine se couvre de pierres fines, de perles et d'émaux. On y figure des sujets de sainteté tels que l'Annonciation, le Christ en croix, des images de saints mêlées à des emblèmes héraldiques.
En 1422, le chapitre de Notre-Dame de Paris fait vendre à Gillet Prosart, orfèvre, « deux fermaulx de chape d'argent dorez, esmaillez. L'un des fermaulx a six rouelles : les quatre entaillées de petits oyseaux, et les deux à barres blanches et perses traversées en deux escus. Et l'autre fermail a les y mages de Nostre- Dame tenant son enfant, et les trois roys de Coulongne, et quatre demi-rons où sont les quatre évangélistes. )> Le même chapitre se dessaisit « d'un fermail de chape esmaillé auquel estoit le trespassement de Nostre- Dame, Nostre- Seigneur et ses apôtres, et autour en quatre demi-rons, les quatre évangélistes. »
Au quinzième siècle, la chape devint l'habillement
VETEMENT SACERDOTAL
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que nous connaissons aujourd'hui, raide, tendu sur les
épaules, sans plis et sans
grâce, ne possédant plus du
capuchon qu'un simulacre
figuré par un appendice rond
bordé de franges.
Les sceaux de Henri,
chantre de Troyes, en 1227,
— de Roger, sous -chantre
de Chartres, en i23i, —
de Humbert, prévôt de la Sainte-Chapelle de Dijon, en 1272, — du prieur de Vigan, en i3o3, nous offrent la chape avant sa malencontreuse transformation.
Fig. 368.
Henri, chantre
de Troyes,
Fig. 369.
Roger, sous-chantre
de Chartres, I23i.