‹ Le costume au moyen âge d'après les sceaux (volume 2)Chapitre 1 sur 77 · Le costume au moyen âge d'après les sceaux · texte numérisé non relu

Le costume au moyen âge d'après les sceaux

iVANT d'aborder, dans ses détails, l'étude du costume d'après les sceaux, il nous paraît indispensable de faire connaître la nature spéciale des monuments qui nous ont fourni les matériaux de ce travail.

Il faut donc commencer par expliquer ce que Ton entend par , un sceau et l'extrême importance que le moyen âge attachait à son emploi, c'est-à-dire à son apposition. Nous n'avons pas la prétention de faire ici un cours de sphragistique et encore moins celle d'écrire un traité complet. Certains côtés de cette science intéresseraient médiocrement nos lecteurs. D'ailleurs ceux qui seraient tentés d'approfondir la matière trouveront dans les livres de Mabillon, Heineccius, Muratori,

dom Toustain et Tassin, etc., aux siècles derniers ; de MM. Natalis de Wailly, Douët d'Arcq, etc., nos contemporains, tout ce qu'on peut dire sur les sceaux au point de vue de la diplomatique. Ce premier chapitre contiendra forcément quelques détails techniques. Ils ont été abrégés autant qu'il était possible. Mais le sujet est si peu connu, qu'il a semblé difficile d'exposer plus sommairement, sous peine d'obscurité, ces notions préliminaires.

Les sceaux une fois présentés, nous examinerons leur imagerie dans ses rapports avec le costume royal, le costume féminin, le costume de guerre et d'apparat, civil et religieux. Quelques pages seront consacrées à l'étude du blason. Les armoiries sont tellement liées à l'habillement des dames, et surtout des chevaliers, qu'on ne saurait omettre de parler d'une science qui se rattache en outre à l'histoire des grandes familles anciennes.

Ornement tiré du manuscrit n* 2>i de la Biblioth. de Laon. xn* siècle.

DÉFINITION DU SCEAU sa raison d'être — ses différents noms

i'origine du sceau remonte à la plus haute antiquité. Les textes bibliques en constatent déjà l'usage. L'Egypte des Pharaons nous a transmis des papyrus portant des traces évidentes de sceau. Les Grecs et, après eux, les Romains donnèrent aux contrats la double consécration de leur signature et de leur anneau, et nous retrouvons ce double usage encore observé par les Carolingiens.

De ces deux éléments d'authenticité, le moyen âge n'a conservé généralement que le sceau. Bien peu de personnes, en effet, en dehors des gens d'église ou de robe, savaient alors écrire, et le soin de signer laissé à la main du rédacteur de l'acte n'offrait plus qu'une garantie tout à fait illusoire. Aussi dut-on de bonne heure attribuer complètement au sceau l'autorité qu'il avait jusque-là partagée avec la signature. Voulait-on attester la véracité d'un acte écrit, assurer sa validité, on le scellait, on le munissait d'un sceau.

La reproduction en cire ou en métal d'un objet propre et spécial à celui qui s'en sert, fixée à un acte pour l'authentiquer, est ce qu'on appelle un sceau. La personnalité et la permanence, c'est-à-dire l'usage répété, voilà ses caractères essentiels.

Cet objet qui doit donner l'empreinte, ce type générateur du sceau consiste d'ordinaire en une matrice fabriquée pour cette unique fonction; quelquefois on a pris une pierre gravée, plus rarement une pierre précieuse. La matrice comporte presque toujours une inscription, une légende expliquant dès le premier mot sa raison d'être, son but ; le nom et les qualités de son possesseur viennent ensuite.

Les premières matrices ont été des anneaux; de là, le plus ancien nom des sceaux, annulus. On les a ensuite successivement appelés : bulle, signum, sigillurrtj seelj scel, seiel, saiau, sceau.

Page 1