DE LA PRESEANCE DU SCEAU
ans les chartes scellées de plusieurs sceaux, la place occupée par chacun d'eux ne lui était pas assignée au hasard. Elle était subordonnée à des lois de préséance, à des règles de cérémonial que nous allons faire connaître.
La place d'honneur se trouvait à l'extrême gauche, ou bien au milieu.
Place d'honneur à gauche. — Si le personnage le plus marquant prenait la première place de gauche, celui qui l'approchait le plus en dignité scellait immédiatement à sa droite; le plus considérable après celui-ci venait ensuite, et ainsi en continuant jusqu'à la fin, de sorte que le plus humble occupait l'extrême droite.
La charte de la capitulation de Lille, en 1304, donne un remarquable exemple de cette disposition :
i — 2 — 3 — 4 — 5 — 6 — 7 — 8 — 9 — io
i" Charles, fils du roi de France, comte de Valois et d'Anjou, occupe
l'extrême gauche.
2e Louis, fils du roi de France, comte d'Evreux, se range à sa droite. 3e Jean, duc de Bourgogne, prend la droite du comte d'Evreux ; puis
successivement :
4e Robert, duc de Bretagne, chambrier de France; 5e Amédée, comte de Savoie ; 6e Jean, comte de Dreux ; 7e Gaucher de Châtillon, comte de Porcien, connétable de France ;
8' Jean de Chalon, sire d'Arlay ;
9* Ithier de Nanteuil, prieur de Saint-Jean-de-Jérusalem en France ; io» Jacques, sire de Béon.
Place d'honneur au milieu. — Lorsque le plus grand personnage tenait la place du milieu, le plus grand après lui se rangeait à sa gauche et le plus considérable après celui-ci prenait sa droite; le suivant en dignité retournait à la gauche, celui qui venait ensuite allait à droite, et ainsi jusqu'aux deux extrémités de gauche et de droite, où se trouvaient les personnes les moins élevées.
L'ordonnance de saint Louis sur les juifs, en i23o, scellée de vingt sceaux, nous aidera à faire comprendre cette autre disposition.
i' Philippe de France, comte de
Boulogne.
4* Hugues X de Lusîgnan, comte
de la Marche et d'Angou-
lème.
d° Robert de Courtenay, bouteil-
ler de France.
8" Henri II,comte de Bar-Ie-Duc.
io° Enguerrand III, sire de Coucy.
ii' Jean, comte de Chalon.
140 ÉrarddeBricnncsiredcRame-
l6( Guillaume, seigneur de Dampierre.
îS1 Jean de Neslc.
ao° Guillaume de Vergy.
aint Louis.
3S Thibaud IV, comte de Champagne et de Brie.
:■■ Hugues IV, duc de Bourgogne.
7» Amauri VI, comte de Monifort
et connétable de France.
9° Raoul d'Issoudun, fils du comte
d'Eu.
1 1* Hugues de Châtillon, comte de
Saint- Pol.
i ■'' Guillaume de Linières.
i5° Archambaud IX, sire de Bourbon.
17° Jean de Braine, comte de
Vienne et de Mâcon.
1 9° Gui de Dampierre, seigneur de Saint-Jus t.
4o INTRODUCTION
Que les actes émanent de juridictions laïques ou d'autorités religieuses, qu'ils aient un caractère privé ou représentent seulement des intérêts de famille, ces deux règles de la préséance sont généralement observées.
Ainsi le bailli d'Amiens scelle au milieu, les deux auditeurs du roi se rangent l'un à gauche et l'autre à droite.
Dans une charte de 1290, Gui de Dampierre, tomte de Flandre, se place à l'extrême gauche; Isabelle, sa femme, se range à son côté; et en suivant vers la droite, Robert de Nevers, son fils aîné, et après lui Guillaume, fils puîné.
Les trois fils du premier mariage de la comtesse de Flandre Marguerite suspendent leurs sceaux dans l'ordre de leur naissance : l'aîné, Guillaume de Dampierre, à gauche; Gui, son frère, au milieu, et Jean, le plus jeune, à droite.